L'actualité littéraire de Solange Tellier

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Même si le temps n’est guère propice à une floraison convenable et encore moins à la cueillette, nous entrons bien dans la période de floraison des tilleuls. J’en profite pour poster ici le superbe courrier que m’avait adressé Yves Duteil après lecture de Si le Theil me racontait.

Une missive toute en douceur et en parfum de poésie.

J’ai eu, depuis, l’occasion de rencontrer Yves et Noëlle. J’ai pu constaté combien le tilleul était un arbre qui leur convenait.

Yves est bien l’honorable descendant de ces arbres enchanteurs, passeurs d’histoires et de mémoires, arbre de douceur et d’harmonie.

Merci à lui pour ces mots qui ajoutent à mon ouvrage la petite note de miel.

 

 

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tags : salon, livres, pons, marçay, jardin médiéval, nature, hôpital des pélerins, tilleul

Dimanche 3 juin

à l’occasion des Rendez-vous au Jardin

Hôpital des Pélerins

sur le site du jardin médiéval

à Pons (17)

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Dimanche 10 juin

à Marçay (79)

dans le cadre du

Salon Nature

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En ce début juin, annonciateur d’un bel été, le jardin de la petite maison aux volets verts livre son abandon aux fleurs qui piquent çà et là sa pelouse désordonnée et aux oiseaux qui s’activent pour quérir leur pitance et celle de leur progéniture. Sous ses airs de géant impassible, de père tranquille régnant sur son petit monde, le tilleul est en transe. Sa frondaison palpite. Des milliers d’insectes, réveillés par les tièdes rayons jouant à travers le feuillage léger, se croisent et s’interpellent dans un vrombissement dont ils sont les seuls à connaître les codes, passant et repassant tels des bolides sur des autoroutes invisibles.

Adossée à l’écorce rugueuse, attentive à tous ces bruits, à tous ces remous d’une nature vivante qui rendent le silence perceptible, la petite reste pensive. Elle se sent si bien contre le tronc du vieil arbre dont l’écorce craquelée et boursouflée de toutes parts ne laisse rien deviner de la douceur de son aubier clair et lisse.

Si le Theil me racontait –

Ouvrage à prix spécial à l ‘occasion de ces deux manifestations nature.

 

 

 


cherche-un-arbre

Dimanche 16 octobre 2016

le Theil reviendra sur ses terres avec le salon du livre de Niort.

Dans l’ouvrage « Si le Theil me racontait » vous aimerez retrouver ces ambiances rurales particulières à la région. Les chemins creux, les « palisses », ces brumes matinales dans lesquelles on devine parfois Mélusine ou Almodis de Montalembert. Vous retrouverez les arbres et leurs parfums à chaque saison, et puis aussi ces saisons qui ont fait l’histoire, ces hommes venus de l’autre côté de l’Atlantique trouver refuge dans la petite maison aux volets verts  et encore ce garçonnet aux yeux clairs qui traversera le temps …

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Assise au pied du centenaire qui, comme chaque été, sent courir dans ses veines la sève nouvelle, la petite se sent elle aussi, parcourue d’étranges vibrations qui lui donnent l’impression d’entrer en communion avec le monde végétal, et dans un même temps, en communion avec le monde inconnu, lointain, des âmes et des cœurs de ceux qui ont vécu ici, avec leurs moments de peine et de joie.


Pour empêcher la cicatrice terrible de s’ouvrir, elle avait pris l’habitude de se montrer gaie faisant preuve tout à la fois de légèreté et de finesse dans ses propos. Et même si cela ne convenait pas à tout le monde, même si cela n’était pas toujours compris par son entourage, c’était pour elle une façon d’obliger la trop grande douleur à rester en coulisses. Mais, au plus profond de son être, le fauve restait là, tapi. Alors quand elle ne riait pas, quand elle ne se mêlait pas aux conversations futiles de ses semblables auxquelles elle n’adhérait jamais vraiment, la petite se taisait.

Il fait doux à l’ombre du tilleul. L’arbre tel un père dont les enfants turbulents jouant à cache-cache font vibrer les cordes de la vie, l’arbre qui reçoit contre son tronc généreux une jeune fille dont le cœur semble se fondre au sien, l’arbre se tait. Pourtant que de secrets dans son cœur plus que centenaire !

Contre le tilleul, contre son arbre, la petite apprenait le calme et aspirait la force pour avancer sur son chemin.

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Si le Theil me racontait. Tous droits réservés- ISBN 978-2-35168-391-0

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parc des expositions – Hall des peupliers

FLASH BACK  : clic sur image

place des Brumes


affiche fête du tilleulaccéder au programme en cliquant sur l’image

(nb/ Sophie c’est bien moi 🙂 )

J’animerai ce dimanche deux moments dans le tilletum du château.

Deux balades prévues : 14h et 16h

Je vous propose pour chacune de ces balades contées, un voyage au pays des tilleuls, un voyage à travers divers continents dont sont originaires les 80 tilleuls de ce conservatoire hors du commun. L’aventure sera à la fois littéraire et historique avec des lectures d’auteurs et des extraits de Si le Theil me racontait, des lectures de légendes, des anecdotes historiques.

Il s’agira pour les participants d’oublier un peu le quotidien pour se plonger dans le monde fascinant des arbres, des tilleuls en particulier, avec ce qu’ils apportent de douceur, de rêve, indispensables pour se sentir bien.

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 J’ai retrouvé mes réflexes d’enseignante pour constituer le dossier pédagogique que j’exploiterai ce dimanche. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que parmi les références littéraires que je vais évoquer il y a aura entre autres le Voyage aux pays des arbres de J.M.G le Clézio. C’est un livre qui me tient à coeur même s’il est destiné aux enfants. Mais « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants … » Paul Claudel, frère de Camille dont le musée se trouve à Nogent-sur-Seine à quelques kilomètres de là, Marcel Proust et d’autres feront partie du voyage. Y’a plus qu’à réviser un maximum et travailler la mémoire pour éviter de lire et mettre le plus de naturel possible dans ma « prestation ». Celle-ci est bien différente de celles que j’ai pu faire dernièrement avec un autre ouvrage, celui pour lequel ma bague bleue est de sortie … Finalement je prends goût à ces interventions, à ces partages qui sont toujours des moments de bonheur.
Je suis particulièrement honorée de l’invitation de Monsieur Gérard, le conservateur en titre du château de la Motte-Tilly, Centre des Monuments Nationaux. La première fois que j’en ai franchi la grille j’ai eu l’impression d’arriver à Moulinsart.
Hé, hé … petit clin d’oeil d’Hergé quelque part ….ce qui n’est pas pour me déplaire.

 


Pour vous, qui passez souvent, silencieux mais toujours fidèles à ce petit espace virtuel … quelques feuilles de mon tilleul en attendant que le printemps en accroche quelques autres à ses bras nus.

Il n’avait vu passer que deux printemps dans sa campagne sauvage et n’avait pas eu le temps d’en connaître suffisamment chacun de ses hôtes avec ses habitudes. Il avait apprécié à la belle saison le chant des oiseaux nombreux par ici. Les hivers avaient été plus durs. Une couche de neige avait recouvert le sol gelé, et il avait fallu au jeune baliveau mettre tout son courage pour continuer à s’élever, avec l’espoir d’atteindre un jour la taille de ses respectables voisins. Il était loin de se douter que cette ambition, somme toute banale pour le commun des arbres forestiers, allait se trouver, très vite, complètement bouleversée.
Un jour, des hommes arrivèrent pour entreprendre de grands travaux. C’était l’époque où les moyens de communication, mus par une extraordinaire impulsion technologique, commençaient à se développer. Le progrès avançait à grands pas. Les routes n’étaient plus seulement fréquentées par des attelages hippomobiles. On y croisait maintenant des véhicules plus rapides, conduits par des messieurs gantés et chapeautés. Les dames qui les accompagnaient, chapeautées elles aussi, n’avaient rien de commun avec les actives paysannes qui conduisaient gioles 1 et autres chars à bancs 2, coiffées d’un simple foulard ou d’une kichenotte 1 dont les pans flottaient au vent.
On commençait à adapter les routes pour permettre à ces automobiles, dont les suspensions manquaient encore de souplesse, de pouvoir circuler en préservant les abattis de leurs passagers. Cela s’avérait nécessaire aussi pour assurer la sécurité publique perturbée par la cohabitation de véhicules qui allaient devoir se côtoyer encore quelque temps, durant cette période charnière entre deux civilisations.
Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faites de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait  la voie ferrée  ou le chemin de fer . Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès, les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vus naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
À la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui, d’ici peu, sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

1 et 2 : gioles et chars à bancs : charrettes qui servaient dans les campagnes au transport des bêtes (1) ou des hommes (2).

1 Kichenotte : coiffe charentaise. Son nom viendrait de l’anglais « kiss not »
– ne m’embrassez pas – qui laisserait penser qu’elle se devait de protéger les jeunes filles autant des ardeurs du soleil que de celles de la soldatesque anglaise qui parcourait la région poitevine à l’époque de la guerre de Cent Ans.

Si le Theil me racontait. paragraphe 2. p. 28-29-30

tilleul hiver


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Le reste du temps, le tilleul autant que la maisonnette devaient se contenter de la solitude. Celle-ci se faisait un peu moins pesante lorsque la belle saison revenait. Tout un petit monde animal, profitant du calme environnant avait pris ses habitudes dans chaque fourche du tilleul, faisant de chaque recoin un petit espace plein de vie. Lorsque chacun sortait, à son tour, de son sommeil hivernal, l’arbre retrouvait en même temps que ses couleurs printanières, les batifolages de ses habitants qui lui inspiraient tous, la même affection. Il y avait les turbulents comme les écureuils souvent de sortie, et ceux qui menaient discrètement leur vie intime ou familiale comme ce couple de pigeons ramiers que l’on ne devinait qu’à leurs quelques roucoulades feutrées. Il y avait les tapageurs comme les pies, et les geais irascibles continuellement en bisbille. Il y avait aussi les habitants toujours joyeux et de bon tempérament pour lesquels le tilleul avait un petit faible, comme le pinson, qui dès l’aurore lançait ses trilles sonores. Les actives mésanges, sans cesse en quête de l’insecte imprudent n’étaient généralement que de passage, quant au merle il lui arrivait de quitter le sol qu’il fouillait inlassablement, pour venir se percher et imposer, par une mélodie de sa composition, sa candidature à la très courtisée merlette.
Tous, le tilleul les aimait. Les voir vivre, les sentir si heureux dans l’espace qu’il laissait tout entier à leur disposition, était en quelque sorte, pour le vieil arbre, une consolation à la pesante solitude qui ressemblait tellement à un abandon. Un abandon des hommes, de plus en plus préoccupés par un monde en marche vers un autre monde.

Si le Theil me racontait – p.37

 


Tandis que le père finissait de vérifier le chargement, la mère et les deux plus jeunes enfants s’installèrent dans le véhicule. Lui, l’enfant au cœur sensible, l’enfant au cœur tendre, l’enfant au sourire d’ange s’avança vers l’arbre. Il posa son front et appuya longuement sa poitrine contre le tronc, tout en essayant de l’enserrer de ses petits bras. Ne faisant ainsi plus qu’un avec le centenaire, il écouta battre son cœur contre l’écorce grise et entendit résonner dans un même sursaut le cœur de l’arbre ami. Les feuilles bruissèrent doucement. Le garçonnet laissa échapper un soupir. À cet instant, dans un même élan, l’arbre et l’enfant venaient de se faire l’un à l’autre un serment inaudible et secret.
Les yeux remplis de larmes, le jeune garçon dut pourtant se résoudre. Il desserra son étreinte. Les larmes roulèrent sur ses joues et c’est le cœur bien lourd qu’il grimpa dans le véhicule.
Quand celui-ci démarra, c’est sans un regard en arrière qu’il se laissa emporter. Les images qu’il voulait préserver, les petites flaques de bonheur, il les avait, imprégnées dans son cœur. Indélébiles.
La voiture franchit la petite barrière en bois et s’engagea sur la route. Une route qui ramenait la famille vers l’Est, tout là-haut dans le petit village enserré de collines, qui venait de subir les assauts d’une armée étrangère maintenant prête à s’emparer du pays tout entier avec la complicité d’un chef d’état qui voulait faire croire aux Français que le pays était sauf.

Ce matin-là, les oiseaux ne chantaient pas.

Le tilleul, une fois encore, se retrouvait seul. Sa frondaison était nappée d’une écharpe grise qui cachait obstinément le soleil. Les branches les plus basses laissaient choir sur l’herbe tendre des larmes de rosée, des perles de tristesse.

Si le Theil me racontait. p.44-45

neige 2010 046



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