L'actualité littéraire de Solange Tellier

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cherche-un-arbre

Dimanche 16 octobre 2016

le Theil reviendra sur ses terres avec le salon du livre de Niort.

Dans l’ouvrage « Si le Theil me racontait » vous aimerez retrouver ces ambiances rurales particulières à la région. Les chemins creux, les « palisses », ces brumes matinales dans lesquelles on devine parfois Mélusine ou Almodis de Montalembert. Vous retrouverez les arbres et leurs parfums à chaque saison, et puis aussi ces saisons qui ont fait l’histoire, ces hommes venus de l’autre côté de l’Atlantique trouver refuge dans la petite maison aux volets verts  et encore ce garçonnet aux yeux clairs qui traversera le temps …

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Assise au pied du centenaire qui, comme chaque été, sent courir dans ses veines la sève nouvelle, la petite se sent elle aussi, parcourue d’étranges vibrations qui lui donnent l’impression d’entrer en communion avec le monde végétal, et dans un même temps, en communion avec le monde inconnu, lointain, des âmes et des cœurs de ceux qui ont vécu ici, avec leurs moments de peine et de joie.


Pour empêcher la cicatrice terrible de s’ouvrir, elle avait pris l’habitude de se montrer gaie faisant preuve tout à la fois de légèreté et de finesse dans ses propos. Et même si cela ne convenait pas à tout le monde, même si cela n’était pas toujours compris par son entourage, c’était pour elle une façon d’obliger la trop grande douleur à rester en coulisses. Mais, au plus profond de son être, le fauve restait là, tapi. Alors quand elle ne riait pas, quand elle ne se mêlait pas aux conversations futiles de ses semblables auxquelles elle n’adhérait jamais vraiment, la petite se taisait.

Il fait doux à l’ombre du tilleul. L’arbre tel un père dont les enfants turbulents jouant à cache-cache font vibrer les cordes de la vie, l’arbre qui reçoit contre son tronc généreux une jeune fille dont le cœur semble se fondre au sien, l’arbre se tait. Pourtant que de secrets dans son cœur plus que centenaire !

Contre le tilleul, contre son arbre, la petite apprenait le calme et aspirait la force pour avancer sur son chemin.

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Si le Theil me racontait. Tous droits réservés- ISBN 978-2-35168-391-0

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parc des expositions – Hall des peupliers

FLASH BACK  : clic sur image

place des Brumes

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Dimanche 26 juin 2016 

Château de la Motte-Tilly ( près de Nogent-sur-Seine) (Aube)

Quelques aperçus de ce que furent les deux moments de balade contée qui ont été suivis par une vingtaine de personnes.

Il ne fut pas possible d’accéder au tilletum en raison du terrain particulièrement boueux et des moustiques en sur-nombre. C’était effectivement assez impressionnant. Nous sommes donc restés prudemment contre les murs du château où les insectes étaient moins présents.

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J’ai commencé par une petite mise en bouche linguistique.

Par transformations successives deux préfixes se retrouvent dans la langue française. Les linguistes considèrent que les préfixes til ou thil ont plutôt été adoptés en langue d’oïl alors que les teil ou theil sont plus couramment usités en langue d’Oc. Même si cela est partiellement vrai il ne faut pas en faire une généralité puisque parmi plus de 200 toponymes que j’ai pu relever (communes et villages, sans compter les lieux-dits) , je retrouve régulièrement des Theil en langue d’oïl – notamment en Bretagne et en Normandie – et de nombreux Tillet, Tillou en Occitanie. J’en donne quelques exemples en fin de mon ouvrage dans la partie intitulée « Etymologie »

A noter bien évidemment que la chose est la même concernant les patronymes : Duteil, Dutil, Tillet …(p.78 de Si le Theil me racontait)

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J’ai débuté ce qui devait être un voyage au pays des tilleuls parmi les 80 variétés qui composent le tilletum (provenant d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Europe) par la lecture du début de Voyage au pays des arbres, de Jean-Marie Gustave le Clézio, lui-même emprunt de la culture amérindienne. (je posterai ici dans quelques jours les extraits des ouvrages cités)

J’ai enchaîné avec le texte d’André Theuriet qui figure en début de mon ouvrage, extrait de son oeuvre Sous-Bois : Le chêne est la force de la forêt, le tilleul en est sa musique berceuse …… et j’ai récité à la suite mon poème de la page 73 : Bruit de feuilles et d’abeilles bercent mon oreille ……..

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J’ai fait alterner les moments littéraires avec quelques évocations plus historiques : Tilleuls de Sully, Tilleul de Marie de Bourgogne, Tilleul de Vaucouleurs (avec lecture d’un court extrait de Jeanne au bûcher de Paul Claudel), d’autres tilleuls remarquables comme celui de Lucheux dans la Somme. J’ai évoqué quelques anecdotes et traditions avant de lire l’extrait de la madeleine de Proust. Car si on l’oublie un peu en associant la madeleine à du thé, il faut savoir que c’était bien dans une infusion de tilleul que Proust avait trempé ses premières madeleines, celles qui ont permis aux souvenirs de s’engranger et de rester à l’ombre de longues années …

Comment ne pas évoquer à la suite, la belle préface qu’Yves Duteil m’a fait l’honneur et l’amitié d’offrir à mon ouvrage :  Un theil … un ancêtre vous parle et sans le savoir un soir vous boirez ses paroles (extrait)

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J’ai proposé ensuite la lecture d’un extrait de Si le Theil me racontait. J’avais choisi deux extraits différents pour chacune des balades, puis lecture  du poème de Maurice Carême : L’enfant et le tilleul.

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Dernière partie : Le tilleul et la mythologie : masques mortuaires de l’Egypte ancienne, légende du centaure Chiron, légendes germaniques, scandinaves, flamandes, poitevines, astrologie celte avec lecture de l’horoscope des natifs du tilleul, puis j’ai terminé par la lecture de la légende de Beaucis et Philémon (qui figure également en fin d’ouvrage).

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Les balades poétiques et littéraires auront duré chacune une heure.

Nous avons terminé, installés sur les marches de la terrasse supérieure, avec la vue plongeante sur le plan d’eau et le tilletum.

la-motte-tilly-275-12_w500Si le Theil me racontait – ISBN 978-2-35168-391-0 – 11€

Commande sur le site ( onglet supérieur > bio-biblio-commandes).  Contact pour des animations (balade contée, ateliers d’écriture, mise en place de projets pédagogiques -écoles, centres de loisirs – résidences pour personnes âgées …. ) : mailto sur la même page


Pour vous, qui passez souvent, silencieux mais toujours fidèles à ce petit espace virtuel … quelques feuilles de mon tilleul en attendant que le printemps en accroche quelques autres à ses bras nus.

Il n’avait vu passer que deux printemps dans sa campagne sauvage et n’avait pas eu le temps d’en connaître suffisamment chacun de ses hôtes avec ses habitudes. Il avait apprécié à la belle saison le chant des oiseaux nombreux par ici. Les hivers avaient été plus durs. Une couche de neige avait recouvert le sol gelé, et il avait fallu au jeune baliveau mettre tout son courage pour continuer à s’élever, avec l’espoir d’atteindre un jour la taille de ses respectables voisins. Il était loin de se douter que cette ambition, somme toute banale pour le commun des arbres forestiers, allait se trouver, très vite, complètement bouleversée.
Un jour, des hommes arrivèrent pour entreprendre de grands travaux. C’était l’époque où les moyens de communication, mus par une extraordinaire impulsion technologique, commençaient à se développer. Le progrès avançait à grands pas. Les routes n’étaient plus seulement fréquentées par des attelages hippomobiles. On y croisait maintenant des véhicules plus rapides, conduits par des messieurs gantés et chapeautés. Les dames qui les accompagnaient, chapeautées elles aussi, n’avaient rien de commun avec les actives paysannes qui conduisaient gioles 1 et autres chars à bancs 2, coiffées d’un simple foulard ou d’une kichenotte 1 dont les pans flottaient au vent.
On commençait à adapter les routes pour permettre à ces automobiles, dont les suspensions manquaient encore de souplesse, de pouvoir circuler en préservant les abattis de leurs passagers. Cela s’avérait nécessaire aussi pour assurer la sécurité publique perturbée par la cohabitation de véhicules qui allaient devoir se côtoyer encore quelque temps, durant cette période charnière entre deux civilisations.
Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faites de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait  la voie ferrée  ou le chemin de fer . Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès, les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vus naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
À la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui, d’ici peu, sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

1 et 2 : gioles et chars à bancs : charrettes qui servaient dans les campagnes au transport des bêtes (1) ou des hommes (2).

1 Kichenotte : coiffe charentaise. Son nom viendrait de l’anglais « kiss not »
– ne m’embrassez pas – qui laisserait penser qu’elle se devait de protéger les jeunes filles autant des ardeurs du soleil que de celles de la soldatesque anglaise qui parcourait la région poitevine à l’époque de la guerre de Cent Ans.

Si le Theil me racontait. paragraphe 2. p. 28-29-30

tilleul hiver


Tandis que le père finissait de vérifier le chargement, la mère et les deux plus jeunes enfants s’installèrent dans le véhicule. Lui, l’enfant au cœur sensible, l’enfant au cœur tendre, l’enfant au sourire d’ange s’avança vers l’arbre. Il posa son front et appuya longuement sa poitrine contre le tronc, tout en essayant de l’enserrer de ses petits bras. Ne faisant ainsi plus qu’un avec le centenaire, il écouta battre son cœur contre l’écorce grise et entendit résonner dans un même sursaut le cœur de l’arbre ami. Les feuilles bruissèrent doucement. Le garçonnet laissa échapper un soupir. À cet instant, dans un même élan, l’arbre et l’enfant venaient de se faire l’un à l’autre un serment inaudible et secret.
Les yeux remplis de larmes, le jeune garçon dut pourtant se résoudre. Il desserra son étreinte. Les larmes roulèrent sur ses joues et c’est le cœur bien lourd qu’il grimpa dans le véhicule.
Quand celui-ci démarra, c’est sans un regard en arrière qu’il se laissa emporter. Les images qu’il voulait préserver, les petites flaques de bonheur, il les avait, imprégnées dans son cœur. Indélébiles.
La voiture franchit la petite barrière en bois et s’engagea sur la route. Une route qui ramenait la famille vers l’Est, tout là-haut dans le petit village enserré de collines, qui venait de subir les assauts d’une armée étrangère maintenant prête à s’emparer du pays tout entier avec la complicité d’un chef d’état qui voulait faire croire aux Français que le pays était sauf.

Ce matin-là, les oiseaux ne chantaient pas.

Le tilleul, une fois encore, se retrouvait seul. Sa frondaison était nappée d’une écharpe grise qui cachait obstinément le soleil. Les branches les plus basses laissaient choir sur l’herbe tendre des larmes de rosée, des perles de tristesse.

Si le Theil me racontait. p.44-45

neige 2010 046


Dans la perspective d’une réédition de mon roman « Si le Theil me racontait » j’envisage d’ajouter une nomenclature des lieux ayant pour origine étymologique le tilleul.

Les  deux précédentes éditions comportent  un condensé (voir ci-dessous) que j’aimerais étayer plus largement. J’ai lancé une enquête auprès des communes dont le nom semble tirer ses racines de « tilleul » sous toutes ses formes. Beaucoup m’ont déjà répondu et les échanges sont enrichissants et parfois surprenants. Vous pouvez, vous aussi lecteurs de ce blog, participer si vous le souhaitez à cette quête en m’adressant toute information susceptible de m’être utile, soit par le biais du site en commentaire soit par mail au Theil édition (letheiledition@orange.fr) objet : étymologie villes et villages. Toutes les informations, toutes les références en matière de sites ou d’ouvrages traitant de la toponymie, tout contact, toutes les idées m’intéressent.

panneau theil

 

L’homme a manifestement prêté main forte au tilleul dans sa colonisation pacifique. Est-ce pour imposer en douceur les idées révolutionnaires que cet arbre s’est aussi largement répandu dans les contrées réputées les plus réfractaires ? Toujours est-il que le Calvados, la Manche, l’Orne, l’Ille et Vilaine ne manquent pas de Theil, même si ce sont les pommiers qui parsèment en plus grand nombre les prés et les vergers. Alors, pour les distinguer, on a ajouté à certains des précisions comme « bocage » ou « Bretagne », « sur Huisne » ou encore « en Auge ». Par- fois le Theil devient Montillot dans l’Yonne, ou Tilloy dans le Pas-de-Calais.
Les Vosges ont leur Certilleux, la Moselle son Conthil, la Meuse son Thonne-le-Thil, son Thillot et son Thillombois, la Loire son Craintilleux. Saint-Ouen-du-Tilleul s’affiche fièrement dans l’Eure, et Aisy-sous-Thil en Côte d’Or ; le Tey, Teillé, Thyez, ici ou là, Teil en Ardèche et Saint-Germain-du-Teil en Lozère. Thilay dans les Ardennes aligne depuis 1900 ses tilleuls le long de la voie ferrée, et les Monteils, Montilliers, Santilly, les Theillay ou encore Chantilly, sont tout autant de témoignages de lieux qui furent un jour plantés de tilleuls. D’autres communes se sont contentées d’utiliser la forme plus récente « tilleul » parfois seule comme en Seine-Maritime, d’autres fois en complément d’un nom sanctifié comme à Saint-Ouen-du-Tilleul ou à Saint-Martin-du-Tilleul dans l’Eure, ou avec une acception plus laïque comme à Dompierre-du-Tilleul dans le Doubs. Si l’on passe les frontières, on trouvera également en Belgique un Montigny- le-Tilleul. La liste est longue, et vous ne manquerez pas de la compléter avec d’autres Tillenay ou Vertilly que vous aurez rencontrés. Les Le Lindois, en Charente également, mais plus fréquemment dans le Nord et en Lorraine avec autres Lindebœuf, Lindre ou Lyndre empruntent quant à eux la racine germanique « Linde » signifiant tilleul que l’on retrouve en Allemagne et dans certains pays scandinaves.

p.77-78-Si le Theil me racontait-©Solange Tellier-Tous droits réservés pour tous pays.
Dépôt légal : mai 2011 – ISBN : 978-2-35168-391-0

nota bene : Le tout prochain reste celui-ci :

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Premier été : parution mi-mai


 

« Il était une forêt », le film de Luc Jacquet, inspiré par le botaniste Francis Hallé, chercheur et homme de terrain remarquable sort aujourd’hui dans les salles. A la suite d’une de ses conférences Francis Hallé m’avait adressé un courrier à propos de mon premier ouvrage qu’il venait de lire. Son point de vue de botaniste diverge naturellement quelque peu de mon interprétation romanesque.

Chère Solange,

Votre ouvrage m’a mis dans l’embarras. D’une part je le trouve délicieux et ravissant, d’autre part je regrette vos concessions à l’anthropocentrisme : page 14 vous lui donnez un visage, et tout au long du livre vous lui prêtez des sentiments humains, il parle, il sait, il aime, il pense et son « visage semble s’éclairer d’un sourire ». Le philosophe Robert Dumas, auteur d’un « Traité de l’arbre » (Actes Sud 2002) n’aime pas  non plus que l’arbre soit vu comme un être humain : »L’arbre n’offre un détour à la littérature qui nous ramène toujours à nous-mêmes ». Il me semble que l’écrivain est plus efficace, plus pénétrant s’il s’étonne devant le mystère de l’arbre .

Ne vous tracassez pas pour mes critiques, trop intello, votre ouvrage est superbe. Continuez.

Francis Hallé.

J’ai parcouru quant à moi avec intérêt son « Plaidoyer pour l’arbre » qui m’a appris plein de vérités sur les arbres. Malgré ma vision plus littéraire j’arrive à me retrouver dans la façon qu’a Francis Hallé de voir et de parler des arbres. Je m’y retrouve et mon tilleul aussi, et voilà que dans la bande annonce de « Il était une forêt » je relève quelques comparaisons qui se font très … humaines ! dont l’une qui fait état des arbres « ces grands séducteurs capables de charmer les nuages » … héhé … mon Theil devrait se reconnaître un peu.

Quelques liens pour découvrir Francis Hallé :

 France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-nous-autres-nous-descendons-des-arbres

et : http://www.franceinter.fr/emission-nous-autres-la-canopee

le film :

http://www.francebleu.fr/evenements/cinema/il-etait-une-fois-une-foret-avant-premiere-france-blue-gironde-979762

http://www.20minutes.fr/cinema/1248305-20131111-luc-jacquet-fait-monter-arbres-il-etait-foret

L’éloge des arbres  et autres reportages : 

http://www.suenoenlafabrica.com/eloge-de-l-arbre.php

http://www.reporterre.net/spip.php?article4981

http://www.outremerlemag.fr/index.php/environnement/769-il-etait-une-foret-de-luc-jacquet-sur-une-idee-de-francis-halle

Que cela ne vous empêche pas de découvrir mon tilleul :

1ier de couverture les deux encres

https://siletheilmeracontait.wordpress.com/synopsis/

 

 

 

 

une autre série de vidéos à découvrir sur youtube en commençant pourquoi pas par celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=tGAqY709-Gg#t=813 puis en cliquant sur la mage droite pour en découvrir plein d’autres. Bon voyage à vous au pays des arbres


En parcourant la Charente ou les Deux-Sèvres en ce moment, je ne peux en longeant ou bien en croisant ce chantier titanesque qui me révulse, m’empêcher de penser aux premiers de ces chantiers qui ont permis une belle avancée des communications. Le chantier d’aujourd’hui est à mon humble avis, un non-sens économique et pour chaque mètre gagné, une catastrophe écologique. Pour gagner à peine une demi-heure entre Bordeaux et Paris on détruit des hectares et des hectares de forêts et de cultures, on détruit des écosystèmes et ce qui fait la vie de milliers d’agriculteurs, on détruit des espaces de vie qui ne pourront jamais se refaire de cette saignée.

Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale, était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faite de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait «la voie ferrée » ou le « chemin de fer ». Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vu naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart, issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
A la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul, allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui d’ici peu sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

    Si le Theil me racontait. p.27-28



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