L'actualité littéraire de Solange Tellier

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Entre Premier été et 28 septembre … quelques lignes qui sentent encore l’été pour remettre, à vous touristes qui avez peut-être découvert Talmont il y a quelques jours, quelques images, quelques parfums.

Talmont, et Sainte-Radegonde accrochée à son rocher. Il est encore temps de profiter de quelques belles journées pour découvrir cet endroit magique.

….

J’aimais cet éclat métallique que le soleil fait vibrer. J’aimais cette sensation d’arriver au bout de la terre, et de parvenir enfin là où les cœurs peuvent à la fois s’élever vers le firmament et se laisser aller au gré des flots. Mon cœur, depuis le départ bercé de souvenirs se réveilla. La torpeur et la tristesse qui m’avaient tenu compagnie tout au long de ce chemin de pèlerinage laissaient place à l’impatience. Mes yeux fouillèrent le paysage sur la gauche pour enfin l’apercevoir.

Et il m’apparut.

Toujours la même image quand on arrive à cet endroit où la terre devient marais, et où ce dernier rejoint à son tour les sables.

Village tout en rondeur, tout en douceur. Village à la fois posé sur les terres et accroché au bord de l’océan. Au bord du fleuve disent les riverains.

Car là-bas, ce n’est pas tout à fait l’océan, et ce n’est plus tout à fait un fleuve. Les flots frappant de leurs assauts les contreforts du village sont ceux de deux fleuves mêlés, réunis en un large estuaire dont le nom évoque une femme belle aux formes généreuses. Gironde ! Et lorsque la marée s’engouffre dans la bouche béante, alors, les eaux prennent un goût de sel et voient le sable en suspension dessiner en surface des langues brunes s’allongeant au gré du flux et du reflux et faisant miroiter sous le soleil leur poudre d’ambre comme des milliers de poussières d’étoiles.

 

J’étais arrivée.

Je laissai la voiture sur le parking aménagé à l’écart du village. Deux véhicules seulement étaient stationnés.

Je franchis le ponton de bois au-dessus du chenal et accédai à un sentier au sol pavé.

Avant de m’engager, depuis la place, dans une des ruelles étroites, j’avançai jusqu’à la plate-forme en demi-cercle dominant la jetée. Pas de bruit. Pas de vagues. L’océan était en vacances. Le village, comme un petit Mont Saint-Michel était ce matin cerné par la grève qui s’étalait très loin.

Je restai un moment à contempler ce vaste paysage sablonneux. Le silence empreint de fraîcheur marine était seulement entrecoupé de quelques cris d’oiseaux. L’horizon clair et dégagé laissait deviner les lignes de côtes environnantes.

Je tournai le dos à la mer pour revenir tranquillement vers le village en empruntant une venelle menant à l’église Sainte Radegonde. L’endroit était bel et bien désert. Trois ou quatre boutiques encore ouvertes espéraient sans doute quelques vacanciers d’arrière-saison. Cherchant contre les murs un hypothétique soutien, des roses trémières essayaient tant bien que mal d’arborer encore dignement leurs hampes allongées au bout desquelles ne s’accrochaient plus qu’une ou deux corolles fleuries. Les dernières de la saison.

Premier été – suivi de 28 septembre. page 62

ISBN : 979-10-93644-00-4

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DSC02553Automne ou printemps ?

Je suivis le chemin abrité qui se coulait sous les tamaris et les pins parasols, lesquels pour se protéger des vents avaient oublié de grandir. Je devais par endroits courber le dos et baisser la tête pour éviter les branches basses. J’arrivai enfin sur le flanc ouest de l’église, toujours aussi belle avec ses rondeurs typiquement romanes, sa couverture de tuiles roses et la blancheur de ses pierres calcaires doucement éclairées par le soleil d’automne. Dans le petit cimetière, les roses trémières, sans appui ni entrave, frémissaient sous la brise légère. L’automne et ses rafales ne tarderaient pas, hélas, à les coucher au sol.
Dans un buisson, un pinson lança soudain ses trilles joyeuses. Automne ou printemps ? Il n’y avait pourtant pas d’erreur possible. Nous étions fin septembre.
C’était vraiment une belle journée d’automne.

Premier été – 28 septembre – p. 63

Je quittai la route reliant la ville basse à la ville haute et bifurquai pour entamer la montée par le coteau enherbé. J’avançais courbée pour donner de l’élan à ma progression. Sur la pente abrupte dont je foulais l’herbe haute de mes chaussures de marche confortables, les fleurs se faisaient encore nombreuses, offrant leur nectar aux derniers insectes de la saison. La coccinelle, vaillante,  se hissait sur une providentielle brindille pour profiter des derniers rayons. J’accédai enfin, au sommet, sur le flanc ouest de la citadelle, toujours aussi belle avec ses murs caressant le ciel, avec ses tours jumelles comme deux sentinelles …  Le soleil ne tarderait pas à se poser, loin, très loin, laissant deviner à contre-jour les bras infatigables des grandes demoiselles s’offrant au vent.

Automne ou printemps ?  Sous le jour finissant, sous la lumière rasante et frémissante, par delà les hauts murs de la belle endormie le premier vol de grues m’a salué joyeusement. Il se dirigeait sud-ouest. Il n’y avait pas d’erreur possible. Nous étions fin septembre.

C’était vraiment une belle journée d’automne.

Dimanche 25 octobre

Vindelle (près d’Angoulême – 16)

Dimanche 8 novembre

Matha (17)

Dimanche 15 novembre

Vouillé (près de Niort – 79)

à suivre ….

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photos ST

grrr !!! les photos refusent de rester centrées !!!


Premier été a fait partie de la sélection 2015 du

Prix de l’Estuaire.

Le jury a trouvé que l’ouvrage correspondait parfaitement au thème : récit de voyage avec les deux Charentes en toile de fond et mise en valeur (je dirai plus exactement « mise en poésie ») de l’estuaire avec l’évocation de la cité de Talmont. sélection prix de l'estuaire recadrée


affiche culturaCholet (49) mais aussi

D’autres rendez-vous dans le Sud-Ouest :

Marché de Noël de Mareuil (16)  vendredi 12 de 17h à 22h

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Salon du livre de la Société des Auteurs Poitou-Charentes > Dimanche 14 décembre à Saint-Bonnet (proche Barbezieux)

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Super U de Sauzé-Vaussais (79)>  samedi 20 décembre à partir de 9h30

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Si le Theil me racontait et Fleurs d’étoiles seront également présentés

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Premier été, un documentaire sur la Charente ? Beaucoup d’évocations en effet des paysages charentais mais ceux-ci sont également le prétexte à une belle histoire. Chacun y trouvera donc ce qu’il préfère.

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…   Suivant d’Est en Ouest le même itinéraire que le voyageur, le soleil avait amorcé son ascension et émergeait maintenant par-dessus les collines, inondant la plaine charentaise.

Quentin arrivait en vue d’une bourgade dont l’identité s’affichait en quatre mots sur un panneau un brin racoleur  : Mourillac, son camping, sa piscine, son calme. En-dessous du premier, un autre, à l’effigie des Foires et Marchés de France, précisait : foire mensuelle le 27.

La départementale contournait le bourg bien visible, en surplomb sur la gauche. Cette perspective en contre-plongée donnait l’impression que les habitations s’agglutinaient, enchevêtrées les unes dans les autres.

    — On dirait qu’elles sont toutes à s’embrasser, s’amusa Quentin observant à flanc du tertre de faible altitude, les étages épousant le relief.

 Au niveau supérieur, les maisons se serraient intimement autour de l’église dont le clocher, présentant une curieuse géométrie octogonale, semblait avoir bien de la peine à s’élever pour s’arracher à l’ensemble. Quentin pensa aux clochers de chez lui arborant pour la plupart des pointes grises saluant le ciel de leurs drôles de chapeaux de sorcières, tandis que d’autres se paraient d’un bulbe de style germanique. L’église de son village, elle, était unique à se faire orientale avec un clocher et un dôme d’inspiration byzantine.

Ici, l’architecture était tout autre. L’édifice présentait des toitures étagées, harmonieusement déployées, recouvertes comme celles des maisons qui lui étaient accolées, de tuiles romanes dont le qualificatif rappelait que de hardis colonisateurs, habiles bâtisseurs avaient, par de subtils métissages, imposé leur présence, transformant le pays gaulois en un savant quadrillage de  provinces gallo-romaines. Le jeune homme ne manquerait d’ailleurs pas de constater, un peu plus tard, combien dans ce coin tranquille de Charente, les empreintes de l’avancée méditerranéenne restaient présentes. Dans l’immédiat, sa soif de découverte n’était pas primordiale, faire une pause s’avérait le plus urgent et le camping signalé allait lui donner l’occasion d’étrenner la toile de tente igloo achetée juste avant son départ.

         Il obliqua à droite au premier carrefour et n’eut qu’une centaine de mètres à faire pour accéder à un terrain ombragé en retrait du bourg et de la voie de circulation.  La grille d’accès était fermée  mais une notice invitait tout voyageur arrivant tardivement à s’installer discrètement et à se présenter dès le lendemain pour les formalités. La barrière n’était pas verrouillée. Quentin en poussa le battant et engagea la voiture dans l’allée en prenant soin de la laisser glisser le plus silencieusement possible. En ces premiers jours de juillet, les lieux n’étaient pas encore très fréquentés, pas totalement déserts non plus !  Une caravane était installée au fond du terrain. …

La nouvelle qui vient en point d’orgue de l’ouvrage évoque quant à elle la petite cité de Talmont :

L’atmosphère était limpide. On pouvait distinguer facilement la rive opposée de l’estuaire et de la même façon suivre du regard la bordure continentale avec ses falaises blanches se découpant nettes, sur le sable foncé. Bien plus loin en aval, un petit doigt levé au ciel figurait le veilleur de l’estuaire. Cordouan.
Au pied du promontoire, les affleurements rocheux que la marée lorsqu’elle est haute recouvre de ses flots, étaient pour l’instant bien visibles. Ils se dévoilaient garnis d’une épaisse chevelure d’algues vert sombre sur lesquelles les mouettes avaient élu domicile. Elles se tenaient, coites, pour la plupart. Quelques irascibles isolées lançaient néanmoins de temps à autre des cris rauques qui effrayaient ou agaçaient leurs congénères. Dérangées dans leur inertie matinale celles-ci battaient alors des ailes un instant et rejoignaient en sautillant un autre perchoir. Des petits chevaliers, arborant une élégante livrée grise et blanche, et juchés sur leurs longues pattes rouges fouillaient la vase de leur bec habile, hochant inlassablement la queue. Quelques sternes passaient, rasant la grève. Une aigrette avançait, solitaire et tranquille, bien plantée sur ses deux pattes graciles. La blancheur de son plumage immaculé tranchait sur les teintes sombres du sable humide.
Je suivis le chemin abrité qui se coulait sous les tamaris et les pins parasols, lesquels pour se protéger des vents avaient oublié de grandir. Je devais par endroits courber le dos et baisser la tête pour éviter les branches basses. J’arrivai enfin sur le flanc ouest de l’église, toujours aussi belle avec ses rondeurs typiquement romanes, sa couverture de tuiles roses et la blancheur de ses pierres calcaires doucement éclairées par le soleil d’automne. Dans le petit cimetière, les roses trémières, sans appui ni entrave, frémissaient sous la brise légère. L’automne et ses rafales ne tarderaient pas, hélas, à les coucher au sol.

28 septembre-extrait-

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Talmont croquis

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salon-du-livre.454.340 la rochelle

Vendredi 5 décembre

de 14h à 19h

Samedi-Dimanche 6 et 7 décembre

de 10h à 19h

Espace Encan

Le programme (cliquer)

28 septembre est une nouvelle qui vient en point d’orgue du roman Premier été. La trame se situe dans la petite cité de Talmont, en bordure de l’estuaire …

L’atmosphère était limpide. On pouvait distinguer facilement la rive opposée de l’estuaire et de la même façon suivre du regard la bordure continentale avec ses falaises blanches se découpant nettes, sur le sable foncé. Bien plus loin en aval, un petit doigt levé au ciel figurait le veilleur de l’estuaire. Cordouan. Au pied du promontoire, les affleurements rocheux que la marée lorsqu’elle est haute recouvre de ses flots, étaient pour l’instant bien visibles. Ils se dévoilaient garnis d’une épaisse chevelure d’algues vert sombre sur lesquelles les mouettes avaient élu domicile. Elles se tenaient, coites, pour la plupart. Quelques irascibles isolées lançaient néanmoins de temps à autre des cris rauques qui effrayaient ou agaçaient leurs congénères. Dérangées dans leur inertie matinale celles-ci battaient alors des ailes un instant et rejoignaient en sautillant un autre perchoir. Des petits chevaliers, arborant une élégante livrée grise et blanche, et juchés sur leurs longues pattes rouges fouillaient la vase de leur bec habile, hochant inlassablement la queue. Quelques sternes passaient, rasant la grève. Une aigrette avançait, solitaire et tranquille, bien plantée sur ses deux pattes graciles. La blancheur de son plumage immaculé tranchait sur les teintes sombres du sable humide. Je suivis le chemin abrité qui se coulait sous les tamaris et les pins parasols, lesquels pour se protéger des vents avaient oublié de grandir. Je devais par endroits courber le dos et baisser la tête pour éviter les branches basses. J’arrivai enfin sur le flanc ouest de l’église, toujours aussi belle avec ses rondeurs typiquement romanes, sa couverture de tuiles roses et la blancheur de ses pierres calcaires doucement éclairées par le soleil d’automne. Dans le petit cimetière, les roses trémières, sans appui ni entrave, frémissaient sous la brise légère. L’automne et ses rafales ne tarderaient pas, hélas, à les coucher au sol. Dans un buisson, un pinson lança soudain ses trilles joyeuses. Automne ou printemps ? Il n’y avait pourtant pas d’erreur possible. Nous étions fin septembre. C’était vraiment une belle journée d’automne.

Premier été. SolangeTellier

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Talmont un avant-goût de paradis

©Un avant-goût de paradis –

photo tous droits réservés – avec l’aimable autorisation de mon ami Pierre Chevillot

http://pict.aminus3.com/image/2014-06-30.html

Je suivis le chemin abrité qui se coulait sous les tamaris et les pins parasols, lesquels pour se protéger des vents avaient oublié de grandir. Je devais par endroits courber le dos et baisser la tête pour éviter les branches basses. J’arrivai enfin sur le flanc ouest de l’église, toujours aussi belle avec ses rondeurs typiquement romanes, sa couverture de tuiles roses et la blancheur de ses pierres calcaires doucement éclairées par le soleil d’automne. Dans le petit cimetière, les roses trémières, sans appui ni entrave, frémissaient sous la brise légère. L’automne et ses rafales ne tarderaient pas, hélas, à les coucher au sol. Dans un buisson, un pinson lança soudain ses trilles joyeuses. Automne ou printemps ? Il n’y avait pourtant pas d’erreur possible. Nous étions fin septembre. C’était vraiment une belle journée d’automne.

©Solange Tellier – Premier été – p.113 –

Premier été comprend deux histoires. Les lignes ci-dessus sont tirées de la deuxième intitulée : 28 septembre.

La superbe photo de Pict illustre parfaitement cet extrait.  


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vendredi 23 mai 2014

après-midi

Cultura Champniers-Angoulême

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samedi 24 mai 2014

matin

Maison de la Presse Jarnac

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samedi 24 mai

après-midi

Auchan Cognac

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samedi 7 juin

matin

maison de la presse Aigre

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Samedi 14 juin

matin

Cultur’1 Sauzé-Vaussais

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