L'actualité littéraire de Solange Tellier

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La prochaine anthologie des poètes charentais sur le thème « Plumes » sera présentée au public

le vendredi 9 décembre prochain

lors de la soirée consacrée à la poésie organisée par l’Atelier poésie de Cognac.

 

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affiche fête du tilleulaccéder au programme en cliquant sur l’image

(nb/ Sophie c’est bien moi 🙂 )

J’animerai ce dimanche deux moments dans le tilletum du château.

Deux balades prévues : 14h et 16h

Je vous propose pour chacune de ces balades contées, un voyage au pays des tilleuls, un voyage à travers divers continents dont sont originaires les 80 tilleuls de ce conservatoire hors du commun. L’aventure sera à la fois littéraire et historique avec des lectures d’auteurs et des extraits de Si le Theil me racontait, des lectures de légendes, des anecdotes historiques.

Il s’agira pour les participants d’oublier un peu le quotidien pour se plonger dans le monde fascinant des arbres, des tilleuls en particulier, avec ce qu’ils apportent de douceur, de rêve, indispensables pour se sentir bien.

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 J’ai retrouvé mes réflexes d’enseignante pour constituer le dossier pédagogique que j’exploiterai ce dimanche. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que parmi les références littéraires que je vais évoquer il y a aura entre autres le Voyage aux pays des arbres de J.M.G le Clézio. C’est un livre qui me tient à coeur même s’il est destiné aux enfants. Mais « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants … » Paul Claudel, frère de Camille dont le musée se trouve à Nogent-sur-Seine à quelques kilomètres de là, Marcel Proust et d’autres feront partie du voyage. Y’a plus qu’à réviser un maximum et travailler la mémoire pour éviter de lire et mettre le plus de naturel possible dans ma « prestation ». Celle-ci est bien différente de celles que j’ai pu faire dernièrement avec un autre ouvrage, celui pour lequel ma bague bleue est de sortie … Finalement je prends goût à ces interventions, à ces partages qui sont toujours des moments de bonheur.
Je suis particulièrement honorée de l’invitation de Monsieur Gérard, le conservateur en titre du château de la Motte-Tilly, Centre des Monuments Nationaux. La première fois que j’en ai franchi la grille j’ai eu l’impression d’arriver à Moulinsart.
Hé, hé … petit clin d’oeil d’Hergé quelque part ….ce qui n’est pas pour me déplaire.

 


Dans le cadre de

la fête de la littérature et du salon du livre franco-britanique

Charroux Literary Festival

  qui se tiendra à Charroux (86)

les 27-28 et 29 août prochains

j’animerai le vendredi 28 dans la matinée, un atelier de poésie française sur le thème de l’arbre.

Il s’agira pour les participants d’acquérir quelques bases techniques et syntaxiques pour composer une petite symphonie de mots.

L’atelier étant prévu à l’intérieur, si déjà vous pensez y participer vous pouvez profiter de l’été pour faire le plein de sensations en forêt : lever le nez vers les futaies, toucher du doigt, caresser les écorces, vous imprégner des parfums, vous laisser prendre par les murmures, les souffles, les bruits de l’arbre ou de la forêt. Puis vous mettrez tout cela dans un coin de votre tête ou bien vous le noterez précautionneusement sur un petit calepin que vous prendrez avec vous le jour de l’atelier.

Vous l’aurez compris, après Fleurs d’étoiles qui vient tout juste de poser ses valises dans le Sud, Premier été qui tiendra sa place à Mortagne,  Si le Theil me racontait saura à son tour vous enchanter à Charroux.

Cette fête organisée par Christine Collette et Kate Rose, mix de littérature française et anglaise est une première dans la région Poitou-Charentes et promet par conséquent de belles rencontres …. infos à suivre ….

 

tilleul-modific3a9.jpghttp://charrouxlitfest.com/authorslauteurs/solange-tellier/


Saison 2015 sur le site des Bouchauds c’est parti !  avec la fête de printemps sur le site.

Quelques mètres suffirent à les amener en surplomb d’un espace dégagé s’ouvrant sur un panorama à couper le souffle. Le jeune homme fut saisi par ce qu’il découvrait. Angélyne avait bien fait de prévenir ! Devant lui, ou plus exactement, en-dessous lui, une cuvette en demi-cercle parfait, épousait le versant de la colline pour descendre jusqu’à une plate-forme située en contrebas que sa guide désigna du nom latin d’orchestra. Quelques soubassements délimitaient des espaces rectangulaires. Sur leur droite des pans de murs se dressaient comme des tours en ruine évidées. L’ensemble ne formait plus un monument à proprement parler, mais les vestiges, par leur dimension, laissaient imaginer une construction imposante à l’époque de sa splendeur.
Devançant la remarque Angélyne répéta ce qu’elle avait déjà dit le matin :
— Ce théâtre était l’un des plus grands de la Gaule rurale.

A flanc de coteau, sur toute la surface pentue et herbeuse, le relief naturel remodelé par le travail des hommes avait permis d’installer la cavea où prenaient place les spectateurs. Les fouilles n’avaient pas permis de mettre à jour d’éléments en pierre, ce qui laissait supposer que le public s’asseyait sur des gradins en bois.
Quentin suivait les explications avec attention, absolument médusé par ce qu’il découvrait au fin fond de cette campagne charentaise. Il laissa son regard glisser jusqu’à la ligne de l’horizon, très loin, tout juste à hauteur des yeux. L’opinion du géographe fut sans appel : ce théâtre devait avant tout sa magnificence à son implantation remarquable.
Sur la vaste plaine, les maisons, les fermes regroupées en hameaux, en villages, piquaient de touches roses et blanches le quadrillage champêtre où les parcelles dorées alternaient avec d’autres déclinant le vert dans toutes ses variantes et que les haies contenaient dans une géométrie régulière. L’ultime limite, délicatement soulignée par le blanc des coteaux calcaires que sublimait le soleil, était par endroits plus relevée dessinant des pleins et des déliés bien marqués. Le ciel d’un bleu profond, aujourd’hui sans nuage, prenait sa part dans le tableau. De ce côté-ci, nulle écharpe de gaze ne baignait le paysage pour diffuser la lumière et noyer les contours qui restaient nets, parfaitement découpés. Cette brume océane, vapeur en suspens, eaux réchauffées reprenant leur cycle infini, n’était visible que sur le versant opposé de la colline, en direction de l’ouest, lorsque, quittant Mourillac, la vue se perd loin, là où la terre rejoint la mer, là où le soleil chaque soir disparaît à fleur de terre pour s’enfoncer dans les flots. Là-bas, si l’on en croit le propriétaire du moulin érigé sur un mamelon au milieu des vignes, on peut, la nuit venue, distinguer depuis la lucarne du grenier, les lueurs du phare veillant sur l’estuaire.

Les détails topographiques n’échappaient pas à l’œil expert de Quentin. Il détermina avec précision les points cardinaux. Le théâtre était orienté plein Nord. Le chemin débouchait latéralement sur l’édifice, c’était donc très exactement le nord-est qu’ils avaient en face d’eux.

― Je suis arrivé par là, indiqua-t-il. Et, joignant le geste à la parole, il pointa du doigt un repère invisible invitant sa guide à imaginer son village, loin, très loin, derrière la ligne bleue des collines.

 DSC00022p.58-59 – Premier été

Prochains salons : lien


Les couleurs changent l’esprit reste le même …

palette mit pinseln


neige sur le causse lozère passion

image publiée sur le superbe site : Lozère Passion que je vous invite à découvrir

en cliquant directement sur l’image ou sur le lien

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Les hivers étaient longs et le village qui se trouvait parfois isolé des gorges n’avait d’autre solution pour survivre que celle de se mettre en quasi sommeil. Une hibernation forcée comme partout sur le Causse. Les habitants résignés restaient à l’abri de leurs grandes maisons. Ils se contentaient de peu, consommant avec parcimonie les vivres mis en réserve avant la mauvaise saison : légumes en conserves, pâtés, confitures, confits de porc ou de volaille. Un boulanger, le seul tenant boutique sur le plateau, assurait des tournées régulières. Un épicier montait une fois par semaine depuis la vallée, mais si la neige venait à tomber interdisant tout accès, on savait qu’il faudrait se passer pour quelque temps de ses services. La solidarité était par conséquent autant naturelle qu’obligée, et le village se faisait comme une grande famille où chacun vivait sous son propre toit mais où tout le monde savait que l’on pouvait compter sur le voisin. Depuis quelques années, une auberge rustique aménagée dans une ancienne bergerie amenait un peu de vie même au plus fort de la morte saison. L’été, le restaurateur proposait sa table aux instructeurs et aux élèves du club de vol à voile, il accueillait les touristes de passage et les randonneurs qui appréciaient l’étape quasi providentielle sur ces hautes terres si peu fréquentées. L’hiver, il mettait ses talents de cuisinier au service des villageois qu’il invitait, certains soirs, à se retrouver autour de la cheminée, tellement haute et large que l’on pouvait y cuire à la broche un sanglier entier. C’était l’occasion pour le musicien qu’il était, de tirer de son piano électrique quelques notes qui résonnaient joyeusement sous la voûte de pierre. Christian sortait alors de sa poche un harmonica, et quand la fille de l’aubergiste se mettait à l’accordéon, l’orchestre improvisé faisait briller des étincelles de gaieté dans les yeux des convives qui ne se faisaient pas prier pour accompagner au chant le trio entraînant ou improviser quelques pas de danse. Ces soirées étaient remplies de bonheur et contribuaient à entretenir des liens d’amitié indispensables. La vie était dure mais belle. Les cœurs généreux et jamais tout à fait solitaires.

Fleurs d’étoiles – ©Solange Tellier – p. 96- extrait- tous droits réservés –

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version anglaise ici

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