L'actualité littéraire de Solange Tellier

Archives de Tag: nature

 

Basilique de Marçay (86370)

(RN10 – Nord Ouest de Vivonne)

Dimanche 10 juin

de 10h à 19h

Premier salon du livre

sur le thème de la Nature

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clic > http://basiliquedemarcay.com/premier-salon-du-livre-de-marcay-le-10-juin-2018/

Auteurs présents

clic > http://basiliquedemarcay.com/wp-content/uploads/LIste-Mar%C3%A7ay.pdf

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Je présenterai au cours de la journée 15 minutes de lecture et d’échange autour du tilleul

 

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Même si le temps n’est guère propice à une floraison convenable et encore moins à la cueillette, nous entrons bien dans la période de floraison des tilleuls. J’en profite pour poster ici le superbe courrier que m’avait adressé Yves Duteil après lecture de Si le Theil me racontait.

Une missive toute en douceur et en parfum de poésie.

J’ai eu, depuis, l’occasion de rencontrer Yves et Noëlle. J’ai pu constaté combien le tilleul était un arbre qui leur convenait.

Yves est bien l’honorable descendant de ces arbres enchanteurs, passeurs d’histoires et de mémoires, arbre de douceur et d’harmonie.

Merci à lui pour ces mots qui ajoutent à mon ouvrage la petite note de miel.

 

 

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Pour vous, qui passez souvent, silencieux mais toujours fidèles à ce petit espace virtuel … quelques feuilles de mon tilleul en attendant que le printemps en accroche quelques autres à ses bras nus.

Il n’avait vu passer que deux printemps dans sa campagne sauvage et n’avait pas eu le temps d’en connaître suffisamment chacun de ses hôtes avec ses habitudes. Il avait apprécié à la belle saison le chant des oiseaux nombreux par ici. Les hivers avaient été plus durs. Une couche de neige avait recouvert le sol gelé, et il avait fallu au jeune baliveau mettre tout son courage pour continuer à s’élever, avec l’espoir d’atteindre un jour la taille de ses respectables voisins. Il était loin de se douter que cette ambition, somme toute banale pour le commun des arbres forestiers, allait se trouver, très vite, complètement bouleversée.
Un jour, des hommes arrivèrent pour entreprendre de grands travaux. C’était l’époque où les moyens de communication, mus par une extraordinaire impulsion technologique, commençaient à se développer. Le progrès avançait à grands pas. Les routes n’étaient plus seulement fréquentées par des attelages hippomobiles. On y croisait maintenant des véhicules plus rapides, conduits par des messieurs gantés et chapeautés. Les dames qui les accompagnaient, chapeautées elles aussi, n’avaient rien de commun avec les actives paysannes qui conduisaient gioles 1 et autres chars à bancs 2, coiffées d’un simple foulard ou d’une kichenotte 1 dont les pans flottaient au vent.
On commençait à adapter les routes pour permettre à ces automobiles, dont les suspensions manquaient encore de souplesse, de pouvoir circuler en préservant les abattis de leurs passagers. Cela s’avérait nécessaire aussi pour assurer la sécurité publique perturbée par la cohabitation de véhicules qui allaient devoir se côtoyer encore quelque temps, durant cette période charnière entre deux civilisations.
Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faites de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait  la voie ferrée  ou le chemin de fer . Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès, les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vus naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
À la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui, d’ici peu, sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

1 et 2 : gioles et chars à bancs : charrettes qui servaient dans les campagnes au transport des bêtes (1) ou des hommes (2).

1 Kichenotte : coiffe charentaise. Son nom viendrait de l’anglais « kiss not »
– ne m’embrassez pas – qui laisserait penser qu’elle se devait de protéger les jeunes filles autant des ardeurs du soleil que de celles de la soldatesque anglaise qui parcourait la région poitevine à l’époque de la guerre de Cent Ans.

Si le Theil me racontait. paragraphe 2. p. 28-29-30

tilleul hiver


Lundi 20 juillet

Maison du Parc National des Cévennes du Mas de la Barque (48).

Fleurs d’étoiles y sera désormais en vente

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Mardi 21 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Saint-Jean du Gard (30)

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Mercredi 22 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Meyrueis (48)

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Jeudi 23 juillet

Maison du Parc National des Cévennes à Valleraugue (30).

Fleurs d’étoiles y est déjà en vente.

A partir de 17h 

Dédicace sur le marché nocturne de Valleraugue.

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Prises de contact prévues en fin de semaine sur d’autres points de vente.

Libraires, lecteurs,  n’hésitez pas à prendre contact par le biais de ce site

 

 


C’est toujours avec autant de peine que je reviens dans « le monde d’en-bas » …

Le soleil inondait la plaine. Le tintement des sonnailles se rapprochait, éparpillant dans la lumière du jour naissant, une brassée de notes joyeuses. Disparates, elles formaient pourtant un ensemble qui réussissait, par une curieuse magie, à se faire harmonieux. Une grave par ci, une plus haute par là, une métallique soudain, une plus sourde aussitôt, accords mineurs, accords majeurs, la musique avançait au rythme de cette mer d’écume blanche dont le flux était ponctué de bêlements aussi subits qu’impérieux parfaitement discordants. A l’avant, le berger, chef d’orchestre sans exigence, ne semblait nullement préoccupé par ce carnaval cacophonique. Il marchait, tête baissée et retenait par son allure lente et régulière, l’avancée de la vague turbulente. Ses yeux, protégés par la visière de la casquette, semblaient plongés dans ces pensées matinales qui donnent aux gens généreux la sérénité, seule richesse utile à une journée heureuse. L’homme, tranquille, respirait le calme et la paix. Il guidait ses pas avec un bâton façonné dans une branche de châtaigner, accessoire utile à ses jambes qui avaient dû arpenter chaque parcelle des coteaux caillouteux du Causse. Le berger s’en servait aussi pour découvrir dans un repli de terre la timide violette, repérer sous la feuille le petit cyclopode endormi, ou bien taquiner sous l’éclatante cardabelle au redoutable feuillage l’inoffensive éphippigère. Il permettait de dévoiler aux yeux de ceux qui prenaient parfois plaisir à l’accompagner, les secrets de la terre et du ciel. Il lui était également arrivé de l’utiliser pour détourner, un jour que le soleil chauffait à blanc le calcaire du Causse, la vipère téméraire sortie de son abri de pierres chaudes et qui, audacieusement, tenait tête au troupeau sur le milieu du sentier. Son bâton restait avant tout l’outil indispensable pour donner au chien vaillant et laborieux, l’ordre muet mais précis, nécessaire à la bonne marche du troupeau. P.40

 

Sur la vaste plaine tenant lieu d’aérodrome aux planeurs, l’herbe était en ce printemps qui débutait, plus généreuse que sur le versant des collines où les végétaux épars ne déployaient que timidement leurs tiges vertes. A cette heure matinale, chaque brin se paraît d’une perle translucide à travers laquelle le soleil diffusait un arc-en-ciel miniature. Tout au long de leur avancée lente et régulière, les bêtes tiraient sur les pousses tendres qu’elles coupaient d’un coup sec pour les croquer ensuite avec délice. Sur ce plateau d’altitude, entre collines et vallées, l’herbe est une gourmandise dont il faut profiter à temps. La saison des agapes est de courte durée. Durant les longs mois de l’hiver caussenard il n’est d’autre nourriture qu’herbe sèche agrémentée de granulés vitaminés. Du bon foin certes, dont l’odeur chaude, flatte les narines et remplit les estomacs, mais auquel il manque ce petit goût frais qui vous laisse au palais une envie de vous évader, de grimper sur les sommets, haut, encore plus haut.

Le berger, constatant que tout son petit monde était occupé à se régaler, entreprit de se diriger vers le mégalithe. Il en appréciait l’ombre en été quand la chaleur plombait la plaine dépourvue d’arbres. Aujourd’hui, le soleil printanier ne serait pas chaud au point de l’incommoder et c’était seulement pour donner à son dos un appui quasi confortable qu’il pensait s’y installer. C’était également un endroit stratégique. De là, son regard embrassait le troupeau entier, que son fidèle compagnon à quatre pattes maintenait avec vigilance dans un espace aux limites invisibles. La surface était cependant parfaitement balisée, le maître en ayant indiqué les contours en balayant l’air de son bâton. Entre l’homme et l’animal, entre le maître et son fidèle serviteur, le travail s’effectuait ainsi en une intelligente harmonie. Leur complicité silencieuse n’en était que plus efficace.
– Il est mon premier ministre, se plaisait à dire le berger, signifiant avec une pointe d’humour dont il était coutumier, qu’il ne fallait pas chercher à savoir lequel des deux avait le plus d’influence sur l’autre et le plus d’autorité sur le troupeau.
L’animal attentif et vaillant, conscient de la confiance qui lui était accordée, prenait sa mission très au sérieux. Celle-ci consistait essentiellement à maintenir l’ordre et à faire revenir dans la zone autorisée les étourdies ou bien les audacieuses qui manifestaient le désir de prendre le large. Dès qu’il apercevait l’une d’entre elles tenter une sortie, il s’élançait pour la devancer et l’obliger à faire demi-tour, avant que d’autres, benoîtement, n’essaient de prendre le même chemin. En général, les dames savaient à qui elles avaient affaire. Quelques-unes essayaient bien de se soustraire à l’autorité du ministre à quatre pattes, l’air de rien, se cachant un moment derrière leurs congénères, le nez à ras terre, s’activant à pâturer pour donner le change et prendre plus facilement la poudre d’escampette au moment propice. Bien mal leur en prenait car le ministre alerté par son instinct et son œil infaillible rappliquait illico et d’un habile coup de museau bien placé leur rappelait que ses dents, si cela devait s’avérer nécessaire, étaient prêtes à tâter du gigot. p.42-43


Dimanche 24 mai

Saint Priest-sous-Aixe (Haute-Vienne)

flyer saint priest sous aixe 2flyer saint priest sous aixe 1

Samedi 30 et dimanche 31

Chapiteau du livre Saint-Cyr-sur-Loire (Indre et Loire)

chapiteau du livre sains cyr

Dimanche 7 juin

Fête de la brebis

Requista (Aveyron)

brebis à requista

Il n’y a pas de petits livres, il n’y a pas de petits auteurs, il n’y a pas de petits salons.

Seul compte le plaisir d’écrire et de partager.

Le plaisir de la rencontre, où qu’elle soit, quelle qu’elle soit.

Même si ce sont les brebis qui doivent être ce jour les plus nombreuses 🙂



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