L'actualité littéraire de Solange Tellier

Archives de Tag: Florac

 DSC01136

Photo-ST. Droits réservés-

Avant que le soleil n’eût passé la colline, la jeune fille décida de partir à la découverte de ce Causse, le plus grand, celui du milieu, que les hommes ont baptisé le Méjean. Elle comptait trouver un abri digne de ce nom sur ce plateau habité par plus de brebis que d’hommes ainsi que l’avait souligné le berger. Se laissant guider par son instinct de voyageuse, elle suivit les sentes rousses et les chemins blancs qui mènent le marcheur sans repère à la fois partout et nulle part ….

Après avoir traversé les pinèdes puis gravi un chemin raviné par les pluies de l’hiver, la jeune fille déboucha sur une vaste prairie que le soleil parvenu au-dessus des grands arbres, inondait de sa clarté matinale, diffuse, mais néanmoins très lumineuse. La sente se perdait dans les herbes déjà hautes et c’est à peine si on devinait la direction qu’elle prenait. La petite marcheuse choisit d’obliquer vers la gauche. Son passage soulevait les insectes qui s’élevaient en bourdonnant puis revenaient virevolter autour d’elle. Elle n’appréciait guère leur contact sur sa peau, et, tout en marchant, elle les chassait d’un revers de la main. Quelques-uns attirèrent pourtant son attention. Ils ne cherchaient ni à la frôler ni même à venir la chatouiller comme le faisaient d’autres bestioles ailées, noires pour la plupart. Ils voletaient devant elle, la devançant d’un mètre ou deux, puis allaient se poser quelques instants sur une herbe, une fleur, ou bien encore sur un arbuste disparaissant sous l’écume blanche d’une multitude de fleurs minuscules, très denses. Dès qu’elle arrivait à leur hauteur ils repartaient comme pour lui indiquer le chemin. Leurs ailes aux couleurs du ciel d’azur battaient l’air d’un mouvement incessant qui les faisait monter, descendre, les transportait de droite et de gauche dans une danse légère et saccadée. Elle s’amusa de leur manège et les suivit avec curiosité, vers une destination qui lui était inconnue, sans penser ni à la fatigue ni à la lassitude.

C’est ainsi, qu’elle atteignit enfin une combe. L’endroit, comme un bout du monde tenu secret, était cerné sur ses hauteurs par les forêts épaisses de résineux sombres. Le vallon, enserré de toutes parts, était parfaitement silencieux … Un autre monde. Endormi. Oublié peut-être.

Fleurs d’étoiles – p.61 … 63-64

Maison de la presse de Saint-Jean du Gard (30)

Office de tourisme- Parc des Cévennes –

Maison de pays de Valleraugue (30)

Point info du Parc National des Cévennes au Mas de la Barque – Villefort (48)

Maison de la presse – Meyrueis (48)

Presse de Florac – Florac (48)

Maison du livre – Rodez (12)

 

Publicités

Lundi 20 juillet

Maison du Parc National des Cévennes du Mas de la Barque (48).

Fleurs d’étoiles y sera désormais en vente

***

Mardi 21 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Saint-Jean du Gard (30)

***

Mercredi 22 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Meyrueis (48)

***

Jeudi 23 juillet

Maison du Parc National des Cévennes à Valleraugue (30).

Fleurs d’étoiles y est déjà en vente.

A partir de 17h 

Dédicace sur le marché nocturne de Valleraugue.

***

Prises de contact prévues en fin de semaine sur d’autres points de vente.

Libraires, lecteurs,  n’hésitez pas à prendre contact par le biais de ce site

 

 


 Juillet :

Super U Sauzé-Vaussais (79)

Maison de la presse de Matha (17)

Fête Gallo-Romaine des Bouchauds (16)

Artistiques d’Avioth (55)

avioth affiche

les Artistiques Dinah 2Solange sur les pas de Quentin lunettes corel

couverture poèmes de catherine (3)

 

Août

Maison de la Presse Meyrueis (48)

Maison de la Presse Florac (48)

Marché artisanal Ispagnac (48)

couv blog fleur d'étoiles

Septembre

Limalonges (79)

Salon de Chartuzac (17)

Salon de Sainte-Verge – Thouars (79)

Salon de Montendre (17)

avioth photo claudine

et partout de bien belles rencontres …

Merci à Dinah Drosehaut à Marie-France Dumout (Charente Libre) et à Claudine Dupuis-Lecomte

pour leurs sympathiques photos


DSC09945

©photo Solange Tellier. Tous droits réservés

http://www.tvimages48.com/index.htm

>>>

année 2013 – septembre

– interview à 13 minutes 50 du début –

Christian,

Berger des brebis et des oiseaux, des fleurs, des étoiles …

Tes yeux couleur de ciel, ton amour universel

Font de toi un homme à nul autre pareil.


Samedi 6 juillet

9h-12h

Maison de la Presse

Jarnac (16)

***

Mardi 9 juillet

19h30

« Autour du tilleul »

Soirée conviviale pour découvrir mon univers littéraire

dédicaces

médiathèque de Linars (16)

***

Jeudi 25 juillet

Librairie-Maison de la presse Bonnal

Florac (48)

***

Mercredi 31 juillet

Librairie-Maison de la presse Rallier 

Meyrueis (48)

***

Dimanche 4 août

Salon du livre 

Mortagne-sur-Gironde (17)

***


Un très bel article de Sabine Bernède publié dans la Dépêche – Publié le 04/10/2009

Sur la carte Michelin, on ne voit que du blanc. Le causse Méjean, en Lozère, est un désert de pierres. Un plateau aride, pelé, suspendu dans le ciel. Depuis les gorges du Tarn ou de la Jonte, on y accède par une petite route hérissée de barrières en bois.

Là-haut, des collines qui moutonnent à perte de vue. L’herbe est rase. « Celui qui ne voit rien ne sait pas regarder », avertit Christian Avesque, désignant, à ses pieds, une petite fleur rose de saponaire. Ajoutant : « Ici, les renards sont mes grands amis ».

Christian Avesque, 71 ans, est le dernier berger salarié du causse Méjean. Barbe fleurie, allure de patriarche. Solide comme un roc. Il garde ses moutons, et ce paysage minéral qui est d’une beauté stupéfiante, l’un des plus beaux paysages de France. Son royaume. « Je suis né ici. J’ai toujours voulu y rester », dit-il.
«Le calme m’a sauvé»

Jeune, poussé par son père, Christian Avesque est tout de même allé «à la ville» passer le certificat d’études et un CAP de mécanicien. L’armée l’a mobilisé pour la guerre d’Algérie : « Là-bas, j’ai vu des horreurs. Au retour, j’ai eu besoin de solitude. Le grand calme du causse m’a sauvé ».

Chaque matin, il prend un casse-croûte et pousse son troupeau sur le causse : « Je suis le seul à partir encore avec mes bêtes ». Ses moutons, ils sont au nombre de 205 ; il les connaît tous et les appelle par leur nom. Yamaha, la brebis plus âgée, vient d’être vendue. Blanchette, Noiraude, Métisse, Violette sont là. « J’ai eu jusqu’à 960 moutons. Mais la patronne me demande de diminuer le cheptel ».

Sa patronne, c’est Marie-Thérèse Rouvelet, 88 ans. Depuis un demi-siècle, elle emploie le berger, le loge et le nourrit. Bientôt, Christian Avesque disposera d’une petite maison indépendante dans le hameau de Nivoliers, qui dépend de la commune de Hures-La-Parade. Nivoliers, 10 âmes l’hiver. Un épicier, un boulanger et un boucher passent une fois par semaine pour ravitailler le hameau. Ce mercredi 30 septembre, Christian Avesque a laissé son troupeau sous la garde de ses chiens pour préparer ses semis. Il attend le marchand de graines et observe les allées et venues sur la route. La voiture de la Poste passe. Puis le tracteur du voisin : « Moderne. Vous avez vu ce semoir ? Moi, je n’ai qu’un vieux tracteur et je ne connais rien en mécanique. Tiens, ce fourgon, c’est quoi ? »
Ce sont les douaniers qui vont se poster à un petit carrefour proche. Ils vont traquer « le rouge », disent-ils, en interceptant les véhicules qui roulent au fuel domestique. La recette devrait être maigre. Il n’y a pas une folle circulation sur le causse. Des touristes belges à vélo, deux motards allemands, quelques 4X4. La voiture d’un ornithologue.

C’est plutôt là-haut, dans le ciel, que cela circule. « Les hirondelles sont parties il y a deux semaines déjà », note Christian Avesque. Les grives, qui se gavent de raisin dans l’Hérault, ne vont pas tarder à remonter sur le causse. Les aigles, les corneilles, les vautours tournoient à l’horizon. L’œil bleu du berger est acéré. Pas besoin de jumelles pour suivre le vol du faucon pèlerin. Des ornithologues viennent étudier la faune du causse Méjean. L’un d’entre eux, le photographe Renaud Dengreville, est devenu l’ami du berger.

Nicolas Hulot, qui est venu tourner une émission d’Ushuaia sur le causse, a demandé à rencontrer le berger : « Nicolas Hulot, c’est un sacré bonhomme », commente Christian Avesque.

Le soir, lorsqu’il revient à Nivoliers, le berger reçoit souvent des coups de fil d’amis, de parents. Ses moutons dorment dans la bergerie. Et lui, sur ses deux oreilles. Pas de loup sur le causse. Ni d’ours. « Dans les Pyrénées, ils en parlent beaucoup de l’ours. Un peu trop sûrement. Que voulez-vous, chaque espèce a son prédateur ! Le renard, parfois, tue une poule. Et après ? ». Christian Avesque aime et admire les renards. La compagnie des brebis et de ses deux chiens, Pipo et Câline, lui suffit. Le ballet des oiseaux, dans le ciel, l’enchante plus que la télévision. Il n’écoute pas la radio. La météo, il la lit dans le ciel. Le chant du coucou, au printemps, le départ des migrateurs, à l’automne, rythment les saisons. Christian Avesque n’est pourtant pas un ermite. Il aime discuter avec les randonneurs, voir sa famille, ne dédaigne pas une partie des cartes, l’hiver, entre voisins. Après le dîner, chaque soir, Christian Avesque fait un peu de causette. «La patronne tient beaucoup à ce que je lui raconte ma journée », dit-il. Les brebis qui ont chômé, la tête à l’ombre, à cause de la chaleur. Pipo, le vieux chien, qui est fatigué. La brume, ce matin, qui ne levait pas…

Sabine Bernède

 



%d blogueurs aiment cette page :