L'actualité littéraire de Solange Tellier

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p.39-40-41

Le soleil inondait la plaine. Le tintement des sonnailles se rapprochait, éparpillant dans la lumière du jour naissant, une brassée de notes joyeuses. Disparates, elles formaient pourtant un ensemble qui réussissait, par une curieuse magie, à se faire harmonieux. Une grave par ci, une plus haute par là, une métallique soudain, une plus sourde aussitôt, accords mineurs, accords majeurs, la musique avançait au rythme de cette mer d’écume blanche dont le flux était ponctué de bêlements aussi subits qu’impérieux parfaitement discordants. A l’avant, le berger, chef d’orchestre sans exigence, ne semblait nullement préoccupé par ce carnaval cacophonique. Il marchait, tête baissée et retenait par son allure lente et régulière, l’avancée de la vague turbulente. Ses yeux, protégés par la visière de la casquette, semblaient plongés dans ces pensées matinales qui donnent aux gens généreux la sérénité, seule richesse utile à une journée heureuse. L’homme, tranquille, respirait le calme et la paix. Il guidait ses pas avec un bâton façonné dans une branche de châtaigner, accessoire utile à ses jambes qui avaient dû arpenter chaque parcelle des coteaux caillouteux du causse. Le berger s’en servait aussi pour découvrir dans un repli de terre la timide violette, repérer sous la feuille le petit cyclopode endormi, ou bien taquiner sous l’éclatante cardabelle au redoutable feuillage l’inoffensive éphippigère. Il permettait de dévoiler aux yeux de ceux qui prenaient parfois plaisir à l’accompagner, les secrets de la terre et du ciel. Il lui était également arrivé de l’utiliser pour détourner, un jour que le soleil chauffait à blanc le calcaire du Causse, la vipère téméraire sortie de son abri de pierres chaudes et qui, audacieusement, tenait tête au troupeau sur le milieu du sentier. Son bâton restait avant tout l’outil indispensable pour donner au chien vaillant et laborieux, l’ordre muet mais précis, nécessaire à la bonne marche du troupeau.

L’ensemble bruyant arrivait maintenant à hauteur d’un menhir. Pierre tombée du ciel, avaient longtemps pensé, les hommes qui s’étaient succédé à cet endroit, travaillant la terre reçue par un héritage se perpétuant depuis la nuit des temps. Ignorants des pratiques de leurs lointains ancêtres, ils s’en étaient remis à des suppositions d’ordre surnaturel ou divin d’autant plus vraisemblables à leur point de vue, que l’édifice présentait une particularité fort troublante. Sur sa partie supérieure, des fissures naturellement disposées figuraient des yeux, un nez et une large bouche. Les hommes qui l’avaient élevé ici des milliers d’années auparavant, avaient probablement eux-aussi remarqué cette singularité distinguant le monolithe des autres pierres. Sans doute pour cette raison avaient-ils choisi de l’utiliser comme totem ou figure emblématique.
La pierre dressée avait alors nourri pendant de longues années, de profondes croyances, de celles qui posaient en même temps, la nature et le surnaturel en trame de fond pour instituer des rites que les générations suivantes avaient fini par oublier. Des théories, plus pertinentes aux yeux des hommes passant d’homo sapiens à homo sapiens sapiens, s’étaient imposées, accompagnant en toute logique, l’évolution de l’espèce et son éveil intellectuel. Si les pratiques avaient disparu, la mémoire collective avait conservé, imprégnées dans son inconscient, certaines des valeurs venues du fond des âges. Le caractère sacré du roc avait traversé les turbulences de l’histoire. Les hommes, au fil des siècles, avaient reconnu en lui un passeur, passeur du temps et de mémoire, ce qui l’avait protégé de tout acte destructeur. Et le géant de pierre avait continué à inspirer le respect tout en veillant sur la paix du plateau et sur les brebis, saluant à la belle saison les randonneurs de passage.

Fleurs d’étoiles – ISBN 978-2-9543089-0-6

photos – Tous droits réservés – ces photos sont incluses dans l’ouvrage avec d’autres sur deux pages albums.

Dans l’ouvrage également tableaux (2)et poésies (4) de l’auteur

Ouvrage en vente à :

Presse de Florac  –  Maison de la presse de Meyrueis

et sur ce site par le biais de l’onglet contact

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Photo-ST. Droits réservés-

Avant que le soleil n’eût passé la colline, la jeune fille décida de partir à la découverte de ce Causse, le plus grand, celui du milieu, que les hommes ont baptisé le Méjean. Elle comptait trouver un abri digne de ce nom sur ce plateau habité par plus de brebis que d’hommes ainsi que l’avait souligné le berger. Se laissant guider par son instinct de voyageuse, elle suivit les sentes rousses et les chemins blancs qui mènent le marcheur sans repère à la fois partout et nulle part ….

Après avoir traversé les pinèdes puis gravi un chemin raviné par les pluies de l’hiver, la jeune fille déboucha sur une vaste prairie que le soleil parvenu au-dessus des grands arbres, inondait de sa clarté matinale, diffuse, mais néanmoins très lumineuse. La sente se perdait dans les herbes déjà hautes et c’est à peine si on devinait la direction qu’elle prenait. La petite marcheuse choisit d’obliquer vers la gauche. Son passage soulevait les insectes qui s’élevaient en bourdonnant puis revenaient virevolter autour d’elle. Elle n’appréciait guère leur contact sur sa peau, et, tout en marchant, elle les chassait d’un revers de la main. Quelques-uns attirèrent pourtant son attention. Ils ne cherchaient ni à la frôler ni même à venir la chatouiller comme le faisaient d’autres bestioles ailées, noires pour la plupart. Ils voletaient devant elle, la devançant d’un mètre ou deux, puis allaient se poser quelques instants sur une herbe, une fleur, ou bien encore sur un arbuste disparaissant sous l’écume blanche d’une multitude de fleurs minuscules, très denses. Dès qu’elle arrivait à leur hauteur ils repartaient comme pour lui indiquer le chemin. Leurs ailes aux couleurs du ciel d’azur battaient l’air d’un mouvement incessant qui les faisait monter, descendre, les transportait de droite et de gauche dans une danse légère et saccadée. Elle s’amusa de leur manège et les suivit avec curiosité, vers une destination qui lui était inconnue, sans penser ni à la fatigue ni à la lassitude.

C’est ainsi, qu’elle atteignit enfin une combe. L’endroit, comme un bout du monde tenu secret, était cerné sur ses hauteurs par les forêts épaisses de résineux sombres. Le vallon, enserré de toutes parts, était parfaitement silencieux … Un autre monde. Endormi. Oublié peut-être.

Fleurs d’étoiles – p.61 … 63-64

Maison de la presse de Saint-Jean du Gard (30)

Office de tourisme- Parc des Cévennes –

Maison de pays de Valleraugue (30)

Point info du Parc National des Cévennes au Mas de la Barque – Villefort (48)

Maison de la presse – Meyrueis (48)

Presse de Florac – Florac (48)

Maison du livre – Rodez (12)

 


Lundi 20 juillet

Maison du Parc National des Cévennes du Mas de la Barque (48).

Fleurs d’étoiles y sera désormais en vente

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Mardi 21 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Saint-Jean du Gard (30)

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Mercredi 22 juillet

Dédicace à la Maison de la presse de Meyrueis (48)

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Jeudi 23 juillet

Maison du Parc National des Cévennes à Valleraugue (30).

Fleurs d’étoiles y est déjà en vente.

A partir de 17h 

Dédicace sur le marché nocturne de Valleraugue.

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Prises de contact prévues en fin de semaine sur d’autres points de vente.

Libraires, lecteurs,  n’hésitez pas à prendre contact par le biais de ce site

 

 


Les couleurs changent l’esprit reste le même …

palette mit pinseln


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Curieusement alors que je me fais honteusement absente ici, vous êtes nombreux à passer régulièrement sur mon petit bout de toile. Le compteur n’en finit pas de tourner, et cela plus que jamais, sans que je puisse en comprendre la raison.

Je remercie donc chacun de vous de vos passages et en attendant de me faire plus présente je vous offre cette photo prise en janvier.

mars

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2 salons au programme :

dimanche 15 : Chalais (16)

dimanche 22 : Herbignac (44)



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