L'actualité littéraire de Solange Tellier

Archives de Tag: deux-sèvres

 

Basilique de Marçay (86370)

(RN10 – Nord Ouest de Vivonne)

Dimanche 10 juin

de 10h à 19h

Premier salon du livre

sur le thème de la Nature

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clic > http://basiliquedemarcay.com/premier-salon-du-livre-de-marcay-le-10-juin-2018/

Auteurs présents

clic > http://basiliquedemarcay.com/wp-content/uploads/LIste-Mar%C3%A7ay.pdf

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Je présenterai au cours de la journée 15 minutes de lecture et d’échange autour du tilleul

 

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cherche-un-arbre

Dimanche 16 octobre 2016

le Theil reviendra sur ses terres avec le salon du livre de Niort.

Dans l’ouvrage « Si le Theil me racontait » vous aimerez retrouver ces ambiances rurales particulières à la région. Les chemins creux, les « palisses », ces brumes matinales dans lesquelles on devine parfois Mélusine ou Almodis de Montalembert. Vous retrouverez les arbres et leurs parfums à chaque saison, et puis aussi ces saisons qui ont fait l’histoire, ces hommes venus de l’autre côté de l’Atlantique trouver refuge dans la petite maison aux volets verts  et encore ce garçonnet aux yeux clairs qui traversera le temps …

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Assise au pied du centenaire qui, comme chaque été, sent courir dans ses veines la sève nouvelle, la petite se sent elle aussi, parcourue d’étranges vibrations qui lui donnent l’impression d’entrer en communion avec le monde végétal, et dans un même temps, en communion avec le monde inconnu, lointain, des âmes et des cœurs de ceux qui ont vécu ici, avec leurs moments de peine et de joie.


Pour empêcher la cicatrice terrible de s’ouvrir, elle avait pris l’habitude de se montrer gaie faisant preuve tout à la fois de légèreté et de finesse dans ses propos. Et même si cela ne convenait pas à tout le monde, même si cela n’était pas toujours compris par son entourage, c’était pour elle une façon d’obliger la trop grande douleur à rester en coulisses. Mais, au plus profond de son être, le fauve restait là, tapi. Alors quand elle ne riait pas, quand elle ne se mêlait pas aux conversations futiles de ses semblables auxquelles elle n’adhérait jamais vraiment, la petite se taisait.

Il fait doux à l’ombre du tilleul. L’arbre tel un père dont les enfants turbulents jouant à cache-cache font vibrer les cordes de la vie, l’arbre qui reçoit contre son tronc généreux une jeune fille dont le cœur semble se fondre au sien, l’arbre se tait. Pourtant que de secrets dans son cœur plus que centenaire !

Contre le tilleul, contre son arbre, la petite apprenait le calme et aspirait la force pour avancer sur son chemin.

….

Si le Theil me racontait. Tous droits réservés- ISBN 978-2-35168-391-0

salonlivreniort2016-741x1024

parc des expositions – Hall des peupliers

FLASH BACK  : clic sur image

place des Brumes


Après l’été d’autres rencontres >>>

En partenariat avec la Société des Arts et Lettres de Charente

Dimanche 2 octobre

de 10h à 18h

Rencontres et dédicaces en l’église de la Madeleine ( Criteuil près de Segonzac 16)

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Dimanche 16 octobre

Salon de Niort (79)

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26 et 27 novembre

Mon’s Livres

(Mons – Belgique)

mons-livres-2016

 


Pour vous, qui passez souvent, silencieux mais toujours fidèles à ce petit espace virtuel … quelques feuilles de mon tilleul en attendant que le printemps en accroche quelques autres à ses bras nus.

Il n’avait vu passer que deux printemps dans sa campagne sauvage et n’avait pas eu le temps d’en connaître suffisamment chacun de ses hôtes avec ses habitudes. Il avait apprécié à la belle saison le chant des oiseaux nombreux par ici. Les hivers avaient été plus durs. Une couche de neige avait recouvert le sol gelé, et il avait fallu au jeune baliveau mettre tout son courage pour continuer à s’élever, avec l’espoir d’atteindre un jour la taille de ses respectables voisins. Il était loin de se douter que cette ambition, somme toute banale pour le commun des arbres forestiers, allait se trouver, très vite, complètement bouleversée.
Un jour, des hommes arrivèrent pour entreprendre de grands travaux. C’était l’époque où les moyens de communication, mus par une extraordinaire impulsion technologique, commençaient à se développer. Le progrès avançait à grands pas. Les routes n’étaient plus seulement fréquentées par des attelages hippomobiles. On y croisait maintenant des véhicules plus rapides, conduits par des messieurs gantés et chapeautés. Les dames qui les accompagnaient, chapeautées elles aussi, n’avaient rien de commun avec les actives paysannes qui conduisaient gioles 1 et autres chars à bancs 2, coiffées d’un simple foulard ou d’une kichenotte 1 dont les pans flottaient au vent.
On commençait à adapter les routes pour permettre à ces automobiles, dont les suspensions manquaient encore de souplesse, de pouvoir circuler en préservant les abattis de leurs passagers. Cela s’avérait nécessaire aussi pour assurer la sécurité publique perturbée par la cohabitation de véhicules qui allaient devoir se côtoyer encore quelque temps, durant cette période charnière entre deux civilisations.
Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faites de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait  la voie ferrée  ou le chemin de fer . Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès, les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vus naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
À la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui, d’ici peu, sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

1 et 2 : gioles et chars à bancs : charrettes qui servaient dans les campagnes au transport des bêtes (1) ou des hommes (2).

1 Kichenotte : coiffe charentaise. Son nom viendrait de l’anglais « kiss not »
– ne m’embrassez pas – qui laisserait penser qu’elle se devait de protéger les jeunes filles autant des ardeurs du soleil que de celles de la soldatesque anglaise qui parcourait la région poitevine à l’époque de la guerre de Cent Ans.

Si le Theil me racontait. paragraphe 2. p. 28-29-30

tilleul hiver


Tandis que le père finissait de vérifier le chargement, la mère et les deux plus jeunes enfants s’installèrent dans le véhicule. Lui, l’enfant au cœur sensible, l’enfant au cœur tendre, l’enfant au sourire d’ange s’avança vers l’arbre. Il posa son front et appuya longuement sa poitrine contre le tronc, tout en essayant de l’enserrer de ses petits bras. Ne faisant ainsi plus qu’un avec le centenaire, il écouta battre son cœur contre l’écorce grise et entendit résonner dans un même sursaut le cœur de l’arbre ami. Les feuilles bruissèrent doucement. Le garçonnet laissa échapper un soupir. À cet instant, dans un même élan, l’arbre et l’enfant venaient de se faire l’un à l’autre un serment inaudible et secret.
Les yeux remplis de larmes, le jeune garçon dut pourtant se résoudre. Il desserra son étreinte. Les larmes roulèrent sur ses joues et c’est le cœur bien lourd qu’il grimpa dans le véhicule.
Quand celui-ci démarra, c’est sans un regard en arrière qu’il se laissa emporter. Les images qu’il voulait préserver, les petites flaques de bonheur, il les avait, imprégnées dans son cœur. Indélébiles.
La voiture franchit la petite barrière en bois et s’engagea sur la route. Une route qui ramenait la famille vers l’Est, tout là-haut dans le petit village enserré de collines, qui venait de subir les assauts d’une armée étrangère maintenant prête à s’emparer du pays tout entier avec la complicité d’un chef d’état qui voulait faire croire aux Français que le pays était sauf.

Ce matin-là, les oiseaux ne chantaient pas.

Le tilleul, une fois encore, se retrouvait seul. Sa frondaison était nappée d’une écharpe grise qui cachait obstinément le soleil. Les branches les plus basses laissaient choir sur l’herbe tendre des larmes de rosée, des perles de tristesse.

Si le Theil me racontait. p.44-45

neige 2010 046


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vendredi 23 mai 2014

après-midi

Cultura Champniers-Angoulême

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samedi 24 mai 2014

matin

Maison de la Presse Jarnac

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samedi 24 mai

après-midi

Auchan Cognac

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samedi 7 juin

matin

maison de la presse Aigre

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Samedi 14 juin

matin

Cultur’1 Sauzé-Vaussais

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En parcourant la Charente ou les Deux-Sèvres en ce moment, je ne peux en longeant ou bien en croisant ce chantier titanesque qui me révulse, m’empêcher de penser aux premiers de ces chantiers qui ont permis une belle avancée des communications. Le chantier d’aujourd’hui est à mon humble avis, un non-sens économique et pour chaque mètre gagné, une catastrophe écologique. Pour gagner à peine une demi-heure entre Bordeaux et Paris on détruit des hectares et des hectares de forêts et de cultures, on détruit des écosystèmes et ce qui fait la vie de milliers d’agriculteurs, on détruit des espaces de vie qui ne pourront jamais se refaire de cette saignée.

Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale, était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faite de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait «la voie ferrée » ou le « chemin de fer ». Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vu naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart, issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
A la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul, allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui d’ici peu sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

    Si le Theil me racontait. p.27-28



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