L'actualité littéraire de Solange Tellier

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Même si le temps n’est guère propice à une floraison convenable et encore moins à la cueillette, nous entrons bien dans la période de floraison des tilleuls. J’en profite pour poster ici le superbe courrier que m’avait adressé Yves Duteil après lecture de Si le Theil me racontait.

Une missive toute en douceur et en parfum de poésie.

J’ai eu, depuis, l’occasion de rencontrer Yves et Noëlle. J’ai pu constaté combien le tilleul était un arbre qui leur convenait.

Yves est bien l’honorable descendant de ces arbres enchanteurs, passeurs d’histoires et de mémoires, arbre de douceur et d’harmonie.

Merci à lui pour ces mots qui ajoutent à mon ouvrage la petite note de miel.

 

 

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Adossée à l’écorce rugueuse, attentive à tous ces bruits, à tous ces remous d’une nature vivante qui rendent le silence perceptible, la petite reste pensive. Elle se sent si bien contre le tronc du vieil arbre dont l’écorce craquelée et boursouflée de toutes parts, ne laisse rien deviner de la douceur de son aubier clair et lisse. Un tronc tellement démesuré qu’une dizaine d’enfants se donnant la main ne pourrait suffire à l’enserrer dans leur ronde. A hauteur d’homme, une énorme verrue, grise, difforme, a poussé, se développant à la place d’une branche que l’on avait pris soin de couper pour donner au fût plus de vigueur. A l’endroit de la mutilation, la cicatrice avait enflé au point de prendre l’aspect d’un visage grimaçant. Un visage qui effrayait la petite lorsqu’elle était encore enfant. Elle l’imaginait appartenir à une sorcière ou à un esprit malveillant qui aurait trouvé refuge dans l’arbre solitaire. En grandissant, pour conjurer ses craintes, il lui arrivait de se poster devant la face bouffie, et, bravement, d’en scruter chaque partie : le nez crochu, la bouche édentée, et cet œil qui ne vous lâchait pas quelque soit votre déplacement. A l’école, la maîtresse avait expliqué que la Joconde, une jeune femme très belle dont le portrait avait été réalisé par un certain Léonard de Vinci, avait la particularité de vous suivre ainsi du regard. Le visage du tilleul n’avait certes rien d’une œuvre d’art, mais la fillette aimait s’essayer à ce petit jeu, s’amusant à chaque fois de voir l’illusion se répéter. Et c’est comme cela, qu’au fil des ans, elle avait fini par apprivoiser cet être étrange, pour ne plus du tout en avoir peur. Aujourd’hui, elle a compris qu’il ne s’agissait que d’une boursouflure de l’écorce rongée par les pluies et les parasites. C’est un phénomène qu’elle a fréquemment observé sur d’autres arbres, des tilleuls essentiellement. Mais elle a fait sienne cette idée qu’il s’agissait d’un visage et a finalement conclu que celui-ci appartenait au dépositaire des mystères et des secrets de l’arbre, lui-même gardien de toutes les vies qu’il a pu abriter. Assise au pied du centenaire qui, comme chaque été, sent courir dans ses veines la sève nouvelle, la petite se sent elle aussi, parcourue par moments d’étranges vibrations qui lui donnent l’impression d’entrer en communion avec le monde végétal, et dans un même temps, en communion avec le monde inconnu, lointain, des âmes et des cœurs de ceux qui ont vécu ici, avec leurs moments de peine et de joie.

Si le Theil me racontait-SolangeTellier-Tous droits réservés

tilleul panoramique pour blog 


 

« Il était une forêt », le film de Luc Jacquet, inspiré par le botaniste Francis Hallé, chercheur et homme de terrain remarquable sort aujourd’hui dans les salles. A la suite d’une de ses conférences Francis Hallé m’avait adressé un courrier à propos de mon premier ouvrage qu’il venait de lire. Son point de vue de botaniste diverge naturellement quelque peu de mon interprétation romanesque.

Chère Solange,

Votre ouvrage m’a mis dans l’embarras. D’une part je le trouve délicieux et ravissant, d’autre part je regrette vos concessions à l’anthropocentrisme : page 14 vous lui donnez un visage, et tout au long du livre vous lui prêtez des sentiments humains, il parle, il sait, il aime, il pense et son « visage semble s’éclairer d’un sourire ». Le philosophe Robert Dumas, auteur d’un « Traité de l’arbre » (Actes Sud 2002) n’aime pas  non plus que l’arbre soit vu comme un être humain : »L’arbre n’offre un détour à la littérature qui nous ramène toujours à nous-mêmes ». Il me semble que l’écrivain est plus efficace, plus pénétrant s’il s’étonne devant le mystère de l’arbre .

Ne vous tracassez pas pour mes critiques, trop intello, votre ouvrage est superbe. Continuez.

Francis Hallé.

J’ai parcouru quant à moi avec intérêt son « Plaidoyer pour l’arbre » qui m’a appris plein de vérités sur les arbres. Malgré ma vision plus littéraire j’arrive à me retrouver dans la façon qu’a Francis Hallé de voir et de parler des arbres. Je m’y retrouve et mon tilleul aussi, et voilà que dans la bande annonce de « Il était une forêt » je relève quelques comparaisons qui se font très … humaines ! dont l’une qui fait état des arbres « ces grands séducteurs capables de charmer les nuages » … héhé … mon Theil devrait se reconnaître un peu.

Quelques liens pour découvrir Francis Hallé :

 France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-nous-autres-nous-descendons-des-arbres

et : http://www.franceinter.fr/emission-nous-autres-la-canopee

le film :

http://www.francebleu.fr/evenements/cinema/il-etait-une-fois-une-foret-avant-premiere-france-blue-gironde-979762

http://www.20minutes.fr/cinema/1248305-20131111-luc-jacquet-fait-monter-arbres-il-etait-foret

L’éloge des arbres  et autres reportages : 

http://www.suenoenlafabrica.com/eloge-de-l-arbre.php

http://www.reporterre.net/spip.php?article4981

http://www.outremerlemag.fr/index.php/environnement/769-il-etait-une-foret-de-luc-jacquet-sur-une-idee-de-francis-halle

Que cela ne vous empêche pas de découvrir mon tilleul :

1ier de couverture les deux encres

https://siletheilmeracontait.wordpress.com/synopsis/

 

 

 

 

une autre série de vidéos à découvrir sur youtube en commençant pourquoi pas par celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=tGAqY709-Gg#t=813 puis en cliquant sur la mage droite pour en découvrir plein d’autres. Bon voyage à vous au pays des arbres


En parcourant la Charente ou les Deux-Sèvres en ce moment, je ne peux en longeant ou bien en croisant ce chantier titanesque qui me révulse, m’empêcher de penser aux premiers de ces chantiers qui ont permis une belle avancée des communications. Le chantier d’aujourd’hui est à mon humble avis, un non-sens économique et pour chaque mètre gagné, une catastrophe écologique. Pour gagner à peine une demi-heure entre Bordeaux et Paris on détruit des hectares et des hectares de forêts et de cultures, on détruit des écosystèmes et ce qui fait la vie de milliers d’agriculteurs, on détruit des espaces de vie qui ne pourront jamais se refaire de cette saignée.

Mais le chantier qui arracha l’arbrisseau à sa terre natale, était tout autre. Des ouvriers, nombreux, armés de pics, de pioches, de pelles, ouvraient à travers champs une trouée rectiligne. Les bois n’étaient pas épargnés. La nouvelle avenue, aplanie, empierrée, se voyait pourvue de deux lignes parallèles faite de lourdes barres métalliques qui traçaient ce qu’on appelait «la voie ferrée » ou le « chemin de fer ». Le paysage rural allait peu à peu se transformer pour aboutir lentement, mais inexorablement, au bouleversement de toute une société.
Le mot environnement ne faisait pas encore partie du langage courant, mais à ce stade du progrès les hommes possédaient, ancré en eux, le respect de la terre, cette terre qui les avait vu naître et grandir. Les terrassiers du chantier étaient pour la plupart, issus du milieu agricole auquel ils s’étaient soustraits dans l’espoir d’obtenir de meilleures conditions de vie.

C’est ainsi que l’un d’eux, trouvant sous sa pioche une tige souple mais déjà bien charpentée qui venait tout juste de mettre ses premières feuilles, n’eut pas le cœur à la sacrifier définitivement et décida de la mettre de côté.
Le baliveau fut enveloppé dans une feuille de papier journal humide avec un peu de sa terre nourricière puis placé au fond d’un sac de jute. Le soir venu, il retrouva à la fois l’air libre, et, à son pied, la sensation de la terre fraîchement retournée. Il comprit très vite qu’une seconde vie s’offrait à lui.
A la fois victime et miraculé de l’évolution, le petit tilleul, allait pouvoir grandir paisiblement, loin du bruit des machines à vapeur qui d’ici peu sillonneraient les champs, les bois, où il avait vu le jour.
Dans ce coin de jardin, entre maison et potager, il savait que désormais il pourrait faire sa place, et qu’il le devait à l’âme généreuse, ou tout au moins à l’instinct paysan, d’un homme de la terre, devenu par accident ou par nécessité homme du progrès.

    Si le Theil me racontait. p.27-28


Samedi 6 juillet

9h-12h

Maison de la Presse

Jarnac (16)

***

Mardi 9 juillet

19h30

« Autour du tilleul »

Soirée conviviale pour découvrir mon univers littéraire

dédicaces

médiathèque de Linars (16)

***

Jeudi 25 juillet

Librairie-Maison de la presse Bonnal

Florac (48)

***

Mercredi 31 juillet

Librairie-Maison de la presse Rallier 

Meyrueis (48)

***

Dimanche 4 août

Salon du livre 

Mortagne-sur-Gironde (17)

***


Deux ans déjà …

C’était en juin 2011 que mon tilleul voyait le jour.

J’ai pris le temps les jours derniers de classer dans un cahier tous les petits mots reçus après sa parution. Mots d’ami(e)s et de lecteurs(trices). Vous remarquerez je n’ai pas dit « admirateurs », « admiratrices ». Je n’ai pas osé. Modestie oblige, même si ça ne fait pas de mal à se faire du bien.  Je ressens en relisant vos courriers le même bonheur, celui d’avoir pu, le temps d’une lecture, vous permettre de vous évader à l’ombre de mon tilleul. Chacun de vos petits mots, de vos courriers ont été des petites touches de couleurs qui se sont ajoutées à la magie du tilleul. Et je les relis avec toujours autant de plaisir et d’émotion.

Je ne suis pas prête non plus d’oublier l’émotion du premier ouvrage que j’avais en main. Le tenir, le feuilleter. L’émotion du livre, du vrai, prend ici tout son sens, comme elle devrait le prendre chez les lecteurs. Il n’est de livre que de papier. Je ne veux pas croire qu’un livre électronique vous donne la même émotion et tant pis si j’y perds en « notoriété », mes livres ne seront jamais en ligne sur internet ( pas dans leur intégralité en tout cas) . Concernant cette émotion qui m’avait prise, je m’étais même inquiétée auprès d’ami(e)s auteurs et éditeurs qui m’avaient rassurée. Je n’étais pas la seule sans ce cas. Ouf! N’empêche que j’ai mis quelques heures à m’en remettre. Emotion unique que je n’ai pas ressentie de la même façon pour le deuxième. J’étais même allée jusqu’à parler d’accouchement dans le ressenti psychologique. (ça se dit ça ? à moins que ce ne soit un pléonasme ? ou un contre-sens ? ) – Les puristes me corrigeront –

Mon tilleul aujourd’hui se trouve un peu tiré par mes « Fleurs d’étoiles », il n’empêche qu’il sait encore susciter l’émotion chez les lecteurs. Samedi à l’espace culturel Leclerc de Poitiers c’est lui qui a tenu le haut du pavé. Et finalement cela me fait bien plaisir de voir qu’il tient encore bien sa place.

Histoire de retrouver l’émotion des premiers instants je suis retournée aussi sur le site de mon ami Patrick Pike qui avait fait sur son écho du plumier, une petite page en hommage à mon tilleul, toute en nuance et en délicatesse qui m’avait vraiment touchée.

A relire sur : http://www.patrickpike.fr/lecho/?p=157

« Et ces enfants sans nom, sans âge, deviennent le symbole de l’intemporalité; leur histoire se poursuit dans notre imaginaire, même si l’on sait bien, mais le cœur ne veut s’en convaincre, que l’osmose n’est qu’un rêve qu’il nous plaît de prolonger avec les mots. » 

De tout coeur, merci Patrick pour ce petit billet, superbe.

* Sur la page « Revue de presse », d’autres beaux articles à propos de mon tilleul, comme celui de Didier Catineau pour le journal de Haute-Saintonge, qui évoquait le petit ouvrage de Kléber Haedens « l’été finit sous les tilleuls ».



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