L'actualité littéraire de Solange Tellier

Archives de Catégorie: 5. Salons et rencontres

Chez Verlaine, 2 rue Haute-Pierre- Metz

 

« Je rêverais d’écrire un livre, ça fait un moment que j’y pense mais aujourd’hui j’aimerais me lancer, seulement je n’ai aucune connaissance, comment avez-vous fait pour vous lancer ? Qu’est ce qui vous a motivé à le faire ? Qu’est ce qui vous a poussée à le faire ? »

Tout d’abord Luciana voilà un projet déjà bien posé. « Je rêverais » … un rêve c’est déjà une histoire. C’est une histoire qui se met en route. C’est une histoire qui se profile. Oh pas forcément pour demain ! On va laisser le temps au rêve de revenir lorsqu’il aura le temps, lorsqu’il aura envie. Alors les mots viendront se poser sur le rêve pour en faire une histoire et peut-être un livre. Ecrire un livre. Ecrire des histoires. Concrétiser tout ce que l’on porte en soi. C’est un si beau projet !

 

J’ai toujours aimé écrire. Comme j’ai aimé chanter, comme j’ai aimé danser, peindre, poser mes doigts sur un clavier, ou faire de la photo. J’avais des choses à dire, des choses à exprimer, comme tu en as sans doute beaucoup Luciana. Au collège, j’ai eu deux professeurs l’une en cinquième l’autre en quatrième qui m’ont encouragée, qui ont trouvé un certain intérêt, quelques qualités à mon écriture. Alors j’écrivais, j’écrivais beaucoup et j’y prenais plaisir. J’avais même composé une pièce de théâtre qui avait été jouée sur scène par mes camarades. J’avais confié à ces profs que la profession de journaliste m’intéressait. Ils approuvaient.

Mais sont venues les années « sans ». En troisième mes notes plafonnaient à 13-14, la prof ne m’encourageait jamais. J’intégrais une seconde destinée à me conduire au journalisme mais les math et l’économie étaient mes bêtes noires. Le français quant à lui faisait abstraction de l’expression pour ne considérer que des études d’œuvres, et j’avais du mal avec ça. J’avais du mal à décortiquer des textes. Je trouvais qu’on les dénaturait, qu’on ne considérait pas suffisamment le fond. Alors l’épreuve du bac français s’est soldée par une note minable ! Autant te dire, Luciana, que mon rêve d’écriture prenait le large. J’abandonnais le rêve du journalisme, inaccessible. J’intégrai un centre de formation pédagogique qui m’a conduite à l’enseignement. Pour ma première classe de maternelle, je composais des histoires ou bien j’en faisais composer aux enfants.

Quelques années plus tard, je fus sollicitée pour transmettre les nouvelles locales aux journaux du secteur. Au fil des ans je me vis confier un secteur plus large et je prenais plaisir à rédiger de beaux articles. J’avais raté la marche du journalisme, mais je pouvais malgré tout affûter ma plume régulièrement et je réalisai que j’étais lue par des milliers de personnes. Tu imagines si c’est jouissif ! La prof de français de troisième pouvait aller se rhabiller et le prof qui m’avait mis 9/20 au bac pouvait carrément mettre sa doudoune et filer au pays des pingouins !

Voilà pour un début. Ce début qui m’a mis le pied à l’étrier de l’écriture. Qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire, de travailler mes structures de phrases grâce à quelques séances de formation proposées par le journal.

Bien des années plus tard, avec l’arrivée d’internet, je me retrouve, complètement par hasard, sur un forum littéraire (cela n’existe plus guère aujourd’hui)  dans un cercle de personnes aimant écrire et surtout poétiser. Des jeux, des joutes littéraires et poétiques se mettent en place de façon ludique et sans prétention, nous lançons des défis, des prises de paroles où l’on doit argumenter sur des sujets. L’expression écrite est très variée, c’est très plaisant car vivant, gai, c’est motivant. J’excelle dans une poésie qui tient en quelque sorte de l’écriture automatique. On écrit si vite que l’on est dépassé par l’écriture. On n’est plus soi. On se retrouve ailleurs, sur le monde des mots. Les mots déments (titre d’ailleurs d’un poème que j’avais écrit). C’est une sensation très curieuse. Je ne m’étends pas davantage. Si tu veux on pourra en reparler ailleurs.

En parallèle, le journal m’invite à ouvrir un blog de correspondant où je dois poster mes articles mais où je peux également m’exprimer sous plusieurs formes. Sur cette plate-forme conviviale, des liens se tissent avec d’autres personnes qui aiment l’écriture : journalistes, écrivains, éditeurs … Les blogs sont vivants, les interactions nombreuses.

Tout cela crée des occasions sympathiques d’écrire et c’est très stimulant, très motivant.

Puis il y eut une rencontre plus importante, déterminante, qui m’a poussée à faire des poésies de plus en plus belles, de plus en plus nombreuses. L’amour donne des ailes tu sais.

J’ai commencé à remporter des prix, dont le plus prestigieux à mes yeux : une mention d’honneur décernée par les Amis de Verlaine. Tu imagines Luciana comment on se sent portée quand son écriture est reconnue ! Ceci n’est pas une question de fierté personnelle ou d’égo sur-dimensionné. C’est une question de confiance en soi. On réalise que l’on peut toucher les gens, que l’on peut donner du plaisir par son écriture, que l’on peut aussi faire passer des choses, que l’on peut partager ses émotions, ses points de vue, ses découvertes avec ses lecteurs autour d’une table, autour d’un café. Quel bonheur !

Je suis donc allée à Metz pour la deuxième fois (l’année précédente j’avais été récompensée par une mention spéciale). Partir à l’autre bout de la France pour chercher son prix, rencontrer d’autres poètes, partager. Une expédition, mais quel bonheur ! A la suite de cela l’animatrice d’une émission littéraire radiophonique a souhaité diffuser mes poèmes sur une semaine à raison d’un poème par jour. Quelle reconnaissance !

Alors cela te donne envie de continuer bien sûr parce que tu sais que désormais tu fais partie, non pas d’un clan, mais d’une famille qui aime les mots, une famille qui sait toute l’importance que prend ce que tu portes en toi, une famille qui te reconnaît parmi les siens. Ça réchauffe le cœur, vraiment ! C’est important de ne pas se sentir seule, car l’écriture tu sais cela reste un travail de solitaire et on aurait vite fait de s’isoler complètement et d’oublier de s’ouvrir à la vie. Or c’est la vie qui nourrit l’écriture.

Il est par ailleurs prétentieux de parler de « son » écriture. Je crois l’avoir dit déjà. On n’est pas maître de son écriture. C’est l’écriture qui vient à soi, qui s’impose à soi. C’est parce que l’on a su se mettre à l’écoute, être attentif, parce que l’on a su rêver ou s’émerveiller que l’écriture est venue.

Puis il y eut un jour, organisé par la bibliothèque de ma ville, un concours de nouvelles avec pour thème l’arbre.

Un arbre, j’en avais un, à moi. Un bel arbre que j’aimais de toutes mes forces. C’est mon tilleul. Alors, j’ai écrit une nouvelle d’une douzaine de pages pour parler de mon bel arbre, de mon beau centenaire. Verdict : Recalée. Je n’ai eu ni prix, ni félicitation du jury, ni une quelconque reconnaissance. Découragée ? Que nenni ! Là, je me suis dit : mon arbre il mérite autre chose que ce mépris.

Alors pour lui, j’ai repris la nouvelle. Je l’ai réécrite avec toute mon énergie, mon imagination, mon amour aussi. Les idées sont venues, comme ça. La nouvelle peu à peu s’est enrichie pour raconter mon tilleul. Les phrases de sont améliorées, j’y ai ajouté des bribes de ma vie, j’ai pioché dans l’actualité présente ou passée quelques idées et je suis arrivée à un petit ouvrage d’à peine cent pages. C’est peu. Il n’empêche. J’ose, et je l’adresse à deux maisons d’édition qui l’acceptent toutes les deux avec des éloges pour mon écriture.

Emotion. Début d’une aventure.

Le reste a suivi. L’écriture, comme une drogue, devenait mon quotidien. Après le premier ouvrage, je devais écrire et encore écrire. J’assurais en parallèle mon métier d’enseignante, mes missions de correspondante, le travail à la maison. Autant te dire que mes nuits étaient courtes. Et c’était précisément la nuit que l’écriture venait. L’écriture encore une fois s’imposait à moi quand tout dormait autour de moi, quand il n’y avait plus que la petite lucarne de mon ordinateur qui donnait un peu de vie à mon espace, l’écriture arrivait et je devais écrire. J’écrivais, j’écrivais. Et plus j’écrivais, plus j’en avais envie.

Voilà ce que je peux dire de façon condensée.

Beaucoup de mes collègues auteur te diront la même chose, à savoir que l’on n’écrit pas pour écrire, que c’est souvent l’écriture qui un jour décide de vous donner des ailes et une plume. Mais elle n’arrive pas par hasard.

Je suis sûre Luciana que tu fais partie de ces personnes qui sauront préparer le chemin pour qu’un jour l’écriture arrive et te comble de bonheur. Il faut savoir être patient. Etre à l’écoute. De tout. De rien. Du monde qui t’entoure. Etre attentive aux silences. Aux notes. Aux moindres bruissements. Il faut savoir être ouvert. Etre gai et généreux dans son cœur même si parfois, il peut arriver que c’est la tristesse qui guide la plume. Tu dis que tu n’as « aucune connaissance ». La connaissance doit prendre pour toi un autre sens. La connaissance pour un artiste c’est avant l’intelligence de ce qui t’entoure. L’intelligence du coeur. La technique elle s’imposera à toi petit à petit, car motivée par ton rêve à mettre en projet tu vas chercher ce qui te manque pour t’exprimer et tu vas trouver. Cela va venir, tu peux en être certaine.

Certains auteurs te diront qu’on ne peut pas écrire si on ne lit pas. Certains ont lu, beaucoup. Moi j’ai lu très peu. Je lis davantage aujourd’hui mais curieusement j’écris moins. Je préférais pendant mes plages de temps libre rêver, observer. Il m’arrivait également de prendre des notes. J’avais avec moi un cahier que j’avais appelé « croquis de mots » et quand j’étais seule je prenais des notes sur ce que je voyais, que j’entendais, que je sentais. Ces notes ont servi de support à mes descriptions de paysages ou d’ambiance dans chacun de mes ouvrages. Elles me permettaient aussi d’exprimer plus concrètement ce que je vivais à l’intérieur de moi. Et puis elles m’obligeaient à enrichir mon vocabulaire, elles permettaient aux phrases de prendre forme. Un peu comme un peintre qui fait des esquisses, qui recommence plusieurs fois le même dessin pour arriver à la perfection.

Voilà Luciana ce pêle-mêle qui pourra peut-être te permettre de mieux comprendre comment j’en suis arrivée à l’écriture, comment j’ai été motivée. Et qui pourra peut-être de donner quelques clefs pour entamer le chemin et t’aider à prendre confiance.  Même si en chemin tu croises des personnes qui ne savent pas t’encourager ou si toi-même tu as des doutes, tu dois continuer et rester ouverte à ton rêve. Un jour ou l’autre, une opportunité, une rencontre se feront et ton rêve refera surface pour avancer un peu plus.

Si tu aimes écrire, écris. Ecris sur des cahiers. Tout. Ce que tu vis. Tes journées. Ce que tu ressens. Ce que tu aimes. Ecris pour rien. Juste pour le plaisir d’aligner des mots. Deux mots. Trois mots peuvent suffire. Peut-être les cahiers vont-ils s’endormir un temps. Longtemps. Et puis un jour, cent jours, un an, deux ans, dix ans, vingt ans peut-être après, tu les retrouveras et ils te permettront de reprendre le chemin. Tu vas retrouver les sensations, les images et tout cela se combinera avec ce que tu as vécu entre temps et l’histoire prendra corps.

Après tu pourras bien sûr passer à la publication. Publier ton livre. Pour partager avec tes lecteurs. Mais la publication est aujourd’hui affaire bien compliquée et surtout une niche pour des entrepreneurs peu scrupuleux qui se baptisent éditeurs mais ne tiennent aucun compte des auteurs. Cela existe, il faut le savoir.

Tu pourras, à moindre coût déjà, faire toi-même tes petites publications. Une machine à relier suffit à produire tes propres créations. J’ai fait cela aussi. Mes « Poèmes de Catherine » ont entièrement été créés avec une imprimante maison et reliés avec une relieuse à peignes. C’est un tout petit investissement (voilà une bonne idée pour un cadeau de Noël ) et déjà tu peux faire plaisir autour de toi et te faire plaisir aussi.

Si tu es motivée, si tu as le temps, tu peux au lycée proposer des ateliers d’écriture à tes camarades et ensemble fabriquer ce que de mon temps on appelait un fanzine. Un journal collectif.

Tu peux participer à des ateliers d’écriture qui sont peut-être proposés dans ta ville. Perso je t’avoue que je n’ai jamais pu m’y intégrer, mais certains de mes collègues se sont mis à l’écriture de cette façon.

Voilà … quelques pistes …. A toi de jouer Luciana !

Et n’oublie pas de me tenir informée. J’en serai ravie.

Belle année scolaire à toi.

 

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Basilique de Marçay (86370)

(RN10 – Nord Ouest de Vivonne)

Dimanche 10 juin

de 10h à 19h

Premier salon du livre

sur le thème de la Nature

***

clic > http://basiliquedemarcay.com/premier-salon-du-livre-de-marcay-le-10-juin-2018/

Auteurs présents

clic > http://basiliquedemarcay.com/wp-content/uploads/LIste-Mar%C3%A7ay.pdf

***

Je présenterai au cours de la journée 15 minutes de lecture et d’échange autour du tilleul

 


tags : salon, livres, pons, marçay, jardin médiéval, nature, hôpital des pélerins, tilleul

Dimanche 3 juin

à l’occasion des Rendez-vous au Jardin

Hôpital des Pélerins

sur le site du jardin médiéval

à Pons (17)

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Dimanche 10 juin

à Marçay (79)

dans le cadre du

Salon Nature

***

En ce début juin, annonciateur d’un bel été, le jardin de la petite maison aux volets verts livre son abandon aux fleurs qui piquent çà et là sa pelouse désordonnée et aux oiseaux qui s’activent pour quérir leur pitance et celle de leur progéniture. Sous ses airs de géant impassible, de père tranquille régnant sur son petit monde, le tilleul est en transe. Sa frondaison palpite. Des milliers d’insectes, réveillés par les tièdes rayons jouant à travers le feuillage léger, se croisent et s’interpellent dans un vrombissement dont ils sont les seuls à connaître les codes, passant et repassant tels des bolides sur des autoroutes invisibles.

Adossée à l’écorce rugueuse, attentive à tous ces bruits, à tous ces remous d’une nature vivante qui rendent le silence perceptible, la petite reste pensive. Elle se sent si bien contre le tronc du vieil arbre dont l’écorce craquelée et boursouflée de toutes parts ne laisse rien deviner de la douceur de son aubier clair et lisse.

Si le Theil me racontait –

Ouvrage à prix spécial à l ‘occasion de ces deux manifestations nature.

 

 

 


Les opportunités se bousculent ce mois-ci et je suis heureuse de pouvoir retrouver ici ou là mes chers collègues auteurs et de nouveaux lecteurs. Le plaisir également de pouvoir discuter avec mes précédents lecteurs.

 

Salon de Dieppe

samedi 10 et dimanche 11 juin

http://www.dieppetourisme.com/a-laffiche/agenda/1243804-salon-du-livre-le-voyage-par-lecriture

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Maison de la presse

Montendre (17)

Jeudi 15 juin

de 9h à 13h

***

Artistes au village

Bassac (16)

samedi 17 juin

***

Dédicace Maison de la presse

Matha (17)

Samedi 24 juin

de 9h à 13h

***

Salon Ecrival

Le Blanc (Creuse)

dimanche 25 juin

avec la

Société des Auteurs du Poitou et des Charentes

***

Juillet entamera avec une rencontre au

Super U de Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres)

le jeudi 6 juillet

à partir de 9h

 

 


sapc-webJe serai présente avec tous mes ouvrages sur les salons de

Sèvres Anxaumont (87) proche Poitiers

le dimanche 4 décembre 2016

et Saint-Bonnet (16) proche Barbezieux

le dimanche 11 décembre 2016

*******

Sur ces deux salons, à l’occasion des fêtes de Noël,

une remise de 10%

 pour l’achat d’un ouvrage

et

une remise de 20%

pour l’achat de deux ouvrages et plus.

*****

Pour toutes les personnes qui ne pourraient se rendre sur ces salons et qui souhaiteraient passer commande ici >

une remise de 10%

sur l’ensemble des achats

et

le port gratuit

(voir modalités de commande en ouvrant l’onglet « commandes » sur la partie supérieure de ce blog)

SAPC > http://www.auteurs-poitou-charentes.com/les-auteurs/solange-tellier/

 

 



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