L'actualité littéraire de Solange Tellier

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Chez Verlaine, 2 rue Haute-Pierre- Metz

 

« Je rêverais d’écrire un livre, ça fait un moment que j’y pense mais aujourd’hui j’aimerais me lancer, seulement je n’ai aucune connaissance, comment avez-vous fait pour vous lancer ? Qu’est ce qui vous a motivé à le faire ? Qu’est ce qui vous a poussée à le faire ? »

Tout d’abord Luciana voilà un projet déjà bien posé. « Je rêverais » … un rêve c’est déjà une histoire. C’est une histoire qui se met en route. C’est une histoire qui se profile. Oh pas forcément pour demain ! On va laisser le temps au rêve de revenir lorsqu’il aura le temps, lorsqu’il aura envie. Alors les mots viendront se poser sur le rêve pour en faire une histoire et peut-être un livre. Ecrire un livre. Ecrire des histoires. Concrétiser tout ce que l’on porte en soi. C’est un si beau projet !

 

J’ai toujours aimé écrire. Comme j’ai aimé chanter, comme j’ai aimé danser, peindre, poser mes doigts sur un clavier, ou faire de la photo. J’avais des choses à dire, des choses à exprimer, comme tu en as sans doute beaucoup Luciana. Au collège, j’ai eu deux professeurs l’une en cinquième l’autre en quatrième qui m’ont encouragée, qui ont trouvé un certain intérêt, quelques qualités à mon écriture. Alors j’écrivais, j’écrivais beaucoup et j’y prenais plaisir. J’avais même composé une pièce de théâtre qui avait été jouée sur scène par mes camarades. J’avais confié à ces profs que la profession de journaliste m’intéressait. Ils approuvaient.

Mais sont venues les années « sans ». En troisième mes notes plafonnaient à 13-14, la prof ne m’encourageait jamais. J’intégrais une seconde destinée à me conduire au journalisme mais les math et l’économie étaient mes bêtes noires. Le français quant à lui faisait abstraction de l’expression pour ne considérer que des études d’œuvres, et j’avais du mal avec ça. J’avais du mal à décortiquer des textes. Je trouvais qu’on les dénaturait, qu’on ne considérait pas suffisamment le fond. Alors l’épreuve du bac français s’est soldée par une note minable ! Autant te dire, Luciana, que mon rêve d’écriture prenait le large. J’abandonnais le rêve du journalisme, inaccessible. J’intégrai un centre de formation pédagogique qui m’a conduite à l’enseignement. Pour ma première classe de maternelle, je composais des histoires ou bien j’en faisais composer aux enfants.

Quelques années plus tard, je fus sollicitée pour transmettre les nouvelles locales aux journaux du secteur. Au fil des ans je me vis confier un secteur plus large et je prenais plaisir à rédiger de beaux articles. J’avais raté la marche du journalisme, mais je pouvais malgré tout affûter ma plume régulièrement et je réalisai que j’étais lue par des milliers de personnes. Tu imagines si c’est jouissif ! La prof de français de troisième pouvait aller se rhabiller et le prof qui m’avait mis 9/20 au bac pouvait carrément mettre sa doudoune et filer au pays des pingouins !

Voilà pour un début. Ce début qui m’a mis le pied à l’étrier de l’écriture. Qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire, de travailler mes structures de phrases grâce à quelques séances de formation proposées par le journal.

Bien des années plus tard, avec l’arrivée d’internet, je me retrouve, complètement par hasard, sur un forum littéraire (cela n’existe plus guère aujourd’hui)  dans un cercle de personnes aimant écrire et surtout poétiser. Des jeux, des joutes littéraires et poétiques se mettent en place de façon ludique et sans prétention, nous lançons des défis, des prises de paroles où l’on doit argumenter sur des sujets. L’expression écrite est très variée, c’est très plaisant car vivant, gai, c’est motivant. J’excelle dans une poésie qui tient en quelque sorte de l’écriture automatique. On écrit si vite que l’on est dépassé par l’écriture. On n’est plus soi. On se retrouve ailleurs, sur le monde des mots. Les mots déments (titre d’ailleurs d’un poème que j’avais écrit). C’est une sensation très curieuse. Je ne m’étends pas davantage. Si tu veux on pourra en reparler ailleurs.

En parallèle, le journal m’invite à ouvrir un blog de correspondant où je dois poster mes articles mais où je peux également m’exprimer sous plusieurs formes. Sur cette plate-forme conviviale, des liens se tissent avec d’autres personnes qui aiment l’écriture : journalistes, écrivains, éditeurs … Les blogs sont vivants, les interactions nombreuses.

Tout cela crée des occasions sympathiques d’écrire et c’est très stimulant, très motivant.

Puis il y eut une rencontre plus importante, déterminante, qui m’a poussée à faire des poésies de plus en plus belles, de plus en plus nombreuses. L’amour donne des ailes tu sais.

J’ai commencé à remporter des prix, dont le plus prestigieux à mes yeux : une mention d’honneur décernée par les Amis de Verlaine. Tu imagines Luciana comment on se sent portée quand son écriture est reconnue ! Ceci n’est pas une question de fierté personnelle ou d’égo sur-dimensionné. C’est une question de confiance en soi. On réalise que l’on peut toucher les gens, que l’on peut donner du plaisir par son écriture, que l’on peut aussi faire passer des choses, que l’on peut partager ses émotions, ses points de vue, ses découvertes avec ses lecteurs autour d’une table, autour d’un café. Quel bonheur !

Je suis donc allée à Metz pour la deuxième fois (l’année précédente j’avais été récompensée par une mention spéciale). Partir à l’autre bout de la France pour chercher son prix, rencontrer d’autres poètes, partager. Une expédition, mais quel bonheur ! A la suite de cela l’animatrice d’une émission littéraire radiophonique a souhaité diffuser mes poèmes sur une semaine à raison d’un poème par jour. Quelle reconnaissance !

Alors cela te donne envie de continuer bien sûr parce que tu sais que désormais tu fais partie, non pas d’un clan, mais d’une famille qui aime les mots, une famille qui sait toute l’importance que prend ce que tu portes en toi, une famille qui te reconnaît parmi les siens. Ça réchauffe le cœur, vraiment ! C’est important de ne pas se sentir seule, car l’écriture tu sais cela reste un travail de solitaire et on aurait vite fait de s’isoler complètement et d’oublier de s’ouvrir à la vie. Or c’est la vie qui nourrit l’écriture.

Il est par ailleurs prétentieux de parler de « son » écriture. Je crois l’avoir dit déjà. On n’est pas maître de son écriture. C’est l’écriture qui vient à soi, qui s’impose à soi. C’est parce que l’on a su se mettre à l’écoute, être attentif, parce que l’on a su rêver ou s’émerveiller que l’écriture est venue.

Puis il y eut un jour, organisé par la bibliothèque de ma ville, un concours de nouvelles avec pour thème l’arbre.

Un arbre, j’en avais un, à moi. Un bel arbre que j’aimais de toutes mes forces. C’est mon tilleul. Alors, j’ai écrit une nouvelle d’une douzaine de pages pour parler de mon bel arbre, de mon beau centenaire. Verdict : Recalée. Je n’ai eu ni prix, ni félicitation du jury, ni une quelconque reconnaissance. Découragée ? Que nenni ! Là, je me suis dit : mon arbre il mérite autre chose que ce mépris.

Alors pour lui, j’ai repris la nouvelle. Je l’ai réécrite avec toute mon énergie, mon imagination, mon amour aussi. Les idées sont venues, comme ça. La nouvelle peu à peu s’est enrichie pour raconter mon tilleul. Les phrases de sont améliorées, j’y ai ajouté des bribes de ma vie, j’ai pioché dans l’actualité présente ou passée quelques idées et je suis arrivée à un petit ouvrage d’à peine cent pages. C’est peu. Il n’empêche. J’ose, et je l’adresse à deux maisons d’édition qui l’acceptent toutes les deux avec des éloges pour mon écriture.

Emotion. Début d’une aventure.

Le reste a suivi. L’écriture, comme une drogue, devenait mon quotidien. Après le premier ouvrage, je devais écrire et encore écrire. J’assurais en parallèle mon métier d’enseignante, mes missions de correspondante, le travail à la maison. Autant te dire que mes nuits étaient courtes. Et c’était précisément la nuit que l’écriture venait. L’écriture encore une fois s’imposait à moi quand tout dormait autour de moi, quand il n’y avait plus que la petite lucarne de mon ordinateur qui donnait un peu de vie à mon espace, l’écriture arrivait et je devais écrire. J’écrivais, j’écrivais. Et plus j’écrivais, plus j’en avais envie.

Voilà ce que je peux dire de façon condensée.

Beaucoup de mes collègues auteur te diront la même chose, à savoir que l’on n’écrit pas pour écrire, que c’est souvent l’écriture qui un jour décide de vous donner des ailes et une plume. Mais elle n’arrive pas par hasard.

Je suis sûre Luciana que tu fais partie de ces personnes qui sauront préparer le chemin pour qu’un jour l’écriture arrive et te comble de bonheur. Il faut savoir être patient. Etre à l’écoute. De tout. De rien. Du monde qui t’entoure. Etre attentive aux silences. Aux notes. Aux moindres bruissements. Il faut savoir être ouvert. Etre gai et généreux dans son cœur même si parfois, il peut arriver que c’est la tristesse qui guide la plume. Tu dis que tu n’as « aucune connaissance ». La connaissance doit prendre pour toi un autre sens. La connaissance pour un artiste c’est avant l’intelligence de ce qui t’entoure. L’intelligence du coeur. La technique elle s’imposera à toi petit à petit, car motivée par ton rêve à mettre en projet tu vas chercher ce qui te manque pour t’exprimer et tu vas trouver. Cela va venir, tu peux en être certaine.

Certains auteurs te diront qu’on ne peut pas écrire si on ne lit pas. Certains ont lu, beaucoup. Moi j’ai lu très peu. Je lis davantage aujourd’hui mais curieusement j’écris moins. Je préférais pendant mes plages de temps libre rêver, observer. Il m’arrivait également de prendre des notes. J’avais avec moi un cahier que j’avais appelé « croquis de mots » et quand j’étais seule je prenais des notes sur ce que je voyais, que j’entendais, que je sentais. Ces notes ont servi de support à mes descriptions de paysages ou d’ambiance dans chacun de mes ouvrages. Elles me permettaient aussi d’exprimer plus concrètement ce que je vivais à l’intérieur de moi. Et puis elles m’obligeaient à enrichir mon vocabulaire, elles permettaient aux phrases de prendre forme. Un peu comme un peintre qui fait des esquisses, qui recommence plusieurs fois le même dessin pour arriver à la perfection.

Voilà Luciana ce pêle-mêle qui pourra peut-être te permettre de mieux comprendre comment j’en suis arrivée à l’écriture, comment j’ai été motivée. Et qui pourra peut-être de donner quelques clefs pour entamer le chemin et t’aider à prendre confiance.  Même si en chemin tu croises des personnes qui ne savent pas t’encourager ou si toi-même tu as des doutes, tu dois continuer et rester ouverte à ton rêve. Un jour ou l’autre, une opportunité, une rencontre se feront et ton rêve refera surface pour avancer un peu plus.

Si tu aimes écrire, écris. Ecris sur des cahiers. Tout. Ce que tu vis. Tes journées. Ce que tu ressens. Ce que tu aimes. Ecris pour rien. Juste pour le plaisir d’aligner des mots. Deux mots. Trois mots peuvent suffire. Peut-être les cahiers vont-ils s’endormir un temps. Longtemps. Et puis un jour, cent jours, un an, deux ans, dix ans, vingt ans peut-être après, tu les retrouveras et ils te permettront de reprendre le chemin. Tu vas retrouver les sensations, les images et tout cela se combinera avec ce que tu as vécu entre temps et l’histoire prendra corps.

Après tu pourras bien sûr passer à la publication. Publier ton livre. Pour partager avec tes lecteurs. Mais la publication est aujourd’hui affaire bien compliquée et surtout une niche pour des entrepreneurs peu scrupuleux qui se baptisent éditeurs mais ne tiennent aucun compte des auteurs. Cela existe, il faut le savoir.

Tu pourras, à moindre coût déjà, faire toi-même tes petites publications. Une machine à relier suffit à produire tes propres créations. J’ai fait cela aussi. Mes « Poèmes de Catherine » ont entièrement été créés avec une imprimante maison et reliés avec une relieuse à peignes. C’est un tout petit investissement (voilà une bonne idée pour un cadeau de Noël ) et déjà tu peux faire plaisir autour de toi et te faire plaisir aussi.

Si tu es motivée, si tu as le temps, tu peux au lycée proposer des ateliers d’écriture à tes camarades et ensemble fabriquer ce que de mon temps on appelait un fanzine. Un journal collectif.

Tu peux participer à des ateliers d’écriture qui sont peut-être proposés dans ta ville. Perso je t’avoue que je n’ai jamais pu m’y intégrer, mais certains de mes collègues se sont mis à l’écriture de cette façon.

Voilà … quelques pistes …. A toi de jouer Luciana !

Et n’oublie pas de me tenir informée. J’en serai ravie.

Belle année scolaire à toi.

 

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p.39-40-41

Le soleil inondait la plaine. Le tintement des sonnailles se rapprochait, éparpillant dans la lumière du jour naissant, une brassée de notes joyeuses. Disparates, elles formaient pourtant un ensemble qui réussissait, par une curieuse magie, à se faire harmonieux. Une grave par ci, une plus haute par là, une métallique soudain, une plus sourde aussitôt, accords mineurs, accords majeurs, la musique avançait au rythme de cette mer d’écume blanche dont le flux était ponctué de bêlements aussi subits qu’impérieux parfaitement discordants. A l’avant, le berger, chef d’orchestre sans exigence, ne semblait nullement préoccupé par ce carnaval cacophonique. Il marchait, tête baissée et retenait par son allure lente et régulière, l’avancée de la vague turbulente. Ses yeux, protégés par la visière de la casquette, semblaient plongés dans ces pensées matinales qui donnent aux gens généreux la sérénité, seule richesse utile à une journée heureuse. L’homme, tranquille, respirait le calme et la paix. Il guidait ses pas avec un bâton façonné dans une branche de châtaigner, accessoire utile à ses jambes qui avaient dû arpenter chaque parcelle des coteaux caillouteux du causse. Le berger s’en servait aussi pour découvrir dans un repli de terre la timide violette, repérer sous la feuille le petit cyclopode endormi, ou bien taquiner sous l’éclatante cardabelle au redoutable feuillage l’inoffensive éphippigère. Il permettait de dévoiler aux yeux de ceux qui prenaient parfois plaisir à l’accompagner, les secrets de la terre et du ciel. Il lui était également arrivé de l’utiliser pour détourner, un jour que le soleil chauffait à blanc le calcaire du Causse, la vipère téméraire sortie de son abri de pierres chaudes et qui, audacieusement, tenait tête au troupeau sur le milieu du sentier. Son bâton restait avant tout l’outil indispensable pour donner au chien vaillant et laborieux, l’ordre muet mais précis, nécessaire à la bonne marche du troupeau.

L’ensemble bruyant arrivait maintenant à hauteur d’un menhir. Pierre tombée du ciel, avaient longtemps pensé, les hommes qui s’étaient succédé à cet endroit, travaillant la terre reçue par un héritage se perpétuant depuis la nuit des temps. Ignorants des pratiques de leurs lointains ancêtres, ils s’en étaient remis à des suppositions d’ordre surnaturel ou divin d’autant plus vraisemblables à leur point de vue, que l’édifice présentait une particularité fort troublante. Sur sa partie supérieure, des fissures naturellement disposées figuraient des yeux, un nez et une large bouche. Les hommes qui l’avaient élevé ici des milliers d’années auparavant, avaient probablement eux-aussi remarqué cette singularité distinguant le monolithe des autres pierres. Sans doute pour cette raison avaient-ils choisi de l’utiliser comme totem ou figure emblématique.
La pierre dressée avait alors nourri pendant de longues années, de profondes croyances, de celles qui posaient en même temps, la nature et le surnaturel en trame de fond pour instituer des rites que les générations suivantes avaient fini par oublier. Des théories, plus pertinentes aux yeux des hommes passant d’homo sapiens à homo sapiens sapiens, s’étaient imposées, accompagnant en toute logique, l’évolution de l’espèce et son éveil intellectuel. Si les pratiques avaient disparu, la mémoire collective avait conservé, imprégnées dans son inconscient, certaines des valeurs venues du fond des âges. Le caractère sacré du roc avait traversé les turbulences de l’histoire. Les hommes, au fil des siècles, avaient reconnu en lui un passeur, passeur du temps et de mémoire, ce qui l’avait protégé de tout acte destructeur. Et le géant de pierre avait continué à inspirer le respect tout en veillant sur la paix du plateau et sur les brebis, saluant à la belle saison les randonneurs de passage.

Fleurs d’étoiles – ISBN 978-2-9543089-0-6

photos – Tous droits réservés – ces photos sont incluses dans l’ouvrage avec d’autres sur deux pages albums.

Dans l’ouvrage également tableaux (2)et poésies (4) de l’auteur

Ouvrage en vente à :

Presse de Florac  –  Maison de la presse de Meyrueis

et sur ce site par le biais de l’onglet contact


Pour vous, lecteurs de ce petit espace. Premier chapitre intégral de Fleurs d’étoiles.

Merci à Pauline de la Casa, Presse de Florac, pour sa précieuse collaboration.

Sur le Causse

La journée tire à sa fin. Le soleil qui a laissé traîner ses rayons plus longtemps sur les versants et sur le plateau, laisse espérer qu’avril, maintenant bien entamé, tournera bien vite au calendrier la page de l’hiver.
Sous le ciel brunissant qui commence à se piquer d’étoiles, le Causse offre ses douces ondulations à la lune, toute en rondeur, qui vient d’escalader la colline et prend lentement, comme un phare, sa place au-dessus de cette île qui depuis longtemps ne connaît plus le bruit de l’océan. Après avoir pendant des siècles recouvert l’endroit de ses eaux, celui-ci a laissé les traces de son passage dans les profondeurs de la roche formant aujourd’hui le sol steppique du plateau. Quand il s’est retiré, les poissons sont devenus pierres, imprimant pour l’éternité leurs lignes de vie, arêtes ou écailles. Les coquillages aussi se sont figés et leur âge, inscrit dans les cercles immuables, n’a plus aujourd’hui d’importance que pour les spécialistes traquant dans les strates accumulées les témoignages muets de ces ères antédiluviennes. Sur l’île oubliée des flots, le vent continue pourtant d’agiter des vagues silencieuses. Vagues de stipes sauvages qui ondulent en épousant le relief, déployant à l’envi leurs graciles plumets scintillants et soyeux. Ce sont aussi selon la saison, des vagues vertes, des vagues blondes, vagues de blé qui pour se préserver du vent s’abrite au fond des dolines, ces petites plages circulaires ponctuant le plateau et résultant de son effondrement. L’herbe quant à elle, pour échapper à ses ardeurs, s’est faite rase laissant le minéral s’imposer et donner à la terre l’allure d’un vaste champ de pierres. Elle ne laisse pas pour autant sa place et se décline dans des variétés insoupçonnables que le commun des mortels est bien trop souvent tenté de qualifier de mauvaises. A tort, car sur cette terre rude, aucune espèce, autant végétale qu’animale ne saurait être inutile, toutes ayant, dans la chaîne de la vie et dans l’équilibre de l’écosystème, leur place unique et indispensable.

Aujourd’hui le vent a soufflé moins fort. Lorsque le soleil se fut effacé derrière les mamelons du relief, il s’est comme lui posé, emportant les bruits du jour pour ne laisser traîner que quelques souffles à travers les hautes futaies marquant d’une frange plus sombre la ligne de partage du ciel et de la terre. Il a oublié aussi entre les pierres, entre les murs, entre les arbres, entre les creux et les crêtes, des murmures, quelques échos de bêtes se répondant. Respirations mêlées d’espèces innombrables qui n’ont ici en commun que leur volonté de continuer à vivre quelque soit l’instant.
Sur cette steppe immense, où les hommes sont si peu nombreux que l’on peut marcher pendant des heures sans rencontrer l’ombre d’un seul, la vie semble s’arrêter pour de bon lorsque la nuit pose son voile. L’hiver surtout, quand le froid jette ses piques et engourdit tout ce qui bouge et ce qui vit. Pourtant rien ne se joue avec la fin du jour. Rien ne se meurt. La vie reste tapie attendant le moment propice pour laisser les visiteurs du soir prendre le relais. Et c’est surtout quand le jour et la nuit ont passé leur équinoxe de printemps, qu’ils sont des milliers de petits cœurs, des milliers de petits yeux et de petites antennes, des milliers de tiges minuscules et de corolles discrètes à attendre l’obscurité et la fraîcheur du crépuscule pour renaître ou s’éveiller.

La lune a quitté son habit de lumière dorée et s’est vêtue de transparence. Elle semble avoir suspendu sa course pour se faire, gardienne bienveillante de cette mer de la Tranquillité déserte et silencieuse. La quiétude pourtant cède sa place. Des voix s’élèvent, l’une après l’autre. Depuis le sol où elles prennent leur inspiration, elles montent et glissent, d’abord timides, le long des talus, s’immiscent entre les taillis, puis s’enhardissent et s’accrochent aux pierres sorties des entrailles de la terre. Elles se cherchent, s’accordent, se répondent. Peu à peu le concert prend forme. Ici. Là. Plus haut. Plus bas. Mais où donc se cachent les musiciens ? Où donc se trouve le piédestal sur lequel le chef d’orchestre a pris place? Est-il perché tout là-haut sur la colline ? Est-il installé sur un de ces clapas, ces pierres que les hommes ont sorties de la terre et rassemblées en tas pour rendre les champs plus faciles à cultiver ? Si le récital semble à la fois improvisé et sans cohésion spatiale, il n’en est pas moins une mélodie aux accords parfaits, synchronisés, au tempo syncopé comme réglé par un métronome. Le chœur peu à peu se met en place tel un orchestre symphonique dans une fosse d’opéra et la mélodie se joue en simultané sur les deux versants de la colline. Aucun doute possible sur l’identité des interprètes : les œdicnèmes sont de retour. Leurs chants flûtés emplissent l’éther de leurs notes brèves et saccadées dans un écho ininterrompu déjouant même l’oreille la plus habituée, qui jamais ne parvient à localiser ces petits fantômes bavards tapis sur le sol caillouteux de la steppe. Les concertistes sont néanmoins loin d’être au complet. Il faudra attendre encore quelques jours pour cela.

Plus près du village, une autre note s’impose à son tour, monocorde, grinçante comme la plainte d’une poulie mal graissée. Qui donc à cette heure s’active encore ? Depuis un promontoire discret, le petit-duc, solitaire, s’est à son tour décidé. Sa note, unique, se répète inlassablement. Elle s’intercale, bien cadencée, entre celles des musiciens fantômes. C’est le hasard ici qui se fait chef d’orchestre, car l’oiseau esseulé n’en a probablement que faire des appels à l’amour de ceux que l’on nomme ailleurs courlis de terre. Mais cela dure, chacun cherchant sa place dans ce prélude printanier où la survie de l’espèce dépend de l’énergie mise en œuvre pour s’imposer. Sans instrument, avec le seul avantage de leurs petites gorges, les oiseaux font de l’art musical le catalyseur de leurs amours en même temps qu’ils offrent au monde animal un peu de fraîcheur et de légèreté, donnant en prime du plaisir à celui que l’on dit le plus évolué de l’espèce, à savoir l’homme.
Sur le Causse le silence n’est plus, mais l’atmosphère n’en perd pas pour autant le calme et la plénitude propres aux grands espaces où la nature s’empare de l’air du temps et laisse à ce dernier un espace sans limite. Le fond sonore ajoute simplement sa touche à la paix ambiante et au mystère de ce balcon grand ouvert sur le ciel. Et l’esprit et l’âme de l’auditeur, s’il en est un, se laissent aller, se laissent pénétrer jusqu’à se détacher pour ne plus rien percevoir des bruissements. Lorsque soudain, c’est une véritable averse qui vient ruisseler en cascades cristallines. Elle franchit les murs d’un jardin abandonné, faisant voler en éclats la quiétude de cette soirée tout juste effleurée par les premières voix. Le rossignol vient d’entamer sa sérénade. Les trilles montent et descendent. Joyeuses. Le silence est rompu mais qui pourrait en vouloir au virtuose ? Pour sa première prestation de la saison il a trouvé la note juste, caracolant sur les octaves, de croches en doubles croches, de doubles croches en triolets avec des vocalises à couper le souffle. L’atmosphère tout entière est sous la magie et tant pis pour les spectateurs qui ne sont pas au rendez-vous. Qu’ils se rassurent ! Ils auront d’autres occasions pour en profiter car il ne s’agit là que d’une répétition avant les prochaines soirées de gala. Le soliste ne tardera pas à être rejoint par un ou deux soupirants de son espèce en quête de la dame oiselle à séduire et de leur rivalité amoureuse naîtra une joute musicale pour le plus grand bonheur de ceux qui auront la chance d’y assister.
Bien qu’ils soient déjà, comme la huppe fasciée, le coucou et quelques autres à avoir pris leurs quartiers d’été, la belle saison est loin d’être installée. D’autres voyageurs suivront les jours prochains après avoir affronté de leurs ailes vaillantes les courants aériens au-dessus de la grande bleue pour venir se poser sur ce grand vaisseau calcaire. Chaque année, inlassablement, ils sont ainsi des centaines, des milliers à abandonner l’espace d’une saison, leur terre d’hivernage de l’autre côté de la Méditerranée, pour venir abriter sur cette île providentielle leurs amours secrètes. Secrètes ? Pas tant que ça ! Ou alors il faudrait être sourd pour ne pas remarquer toutes ces petites gorges, toutes ces petites cordes musicales n’ayant de cesse de remplir l’air du jour et de la nuit avec leurs hymnes à l’amour ! Alors, dans ce vaste pays de pierres et de vent, les hommes attendent, impatients, ces messagers qui, avec une surprenante régularité au calendrier s’installent comme la promesse de la belle saison. Ici, sur ces hauts plateaux caressés par les nuages, les occasions de s’évader sont rares et les rencontres guère plus fréquentes, surtout en hiver. Depuis la vallée on ne monte pas sur le Causse si l’on n’y a aucune obligation, quant à ceux qui y vivent, ils travaillent sans relâche pour essayer de tirer de la terre ingrate de quoi vivre. Leurs descentes vers la vallée ne sont que des allers-retours utilitaires. Bien avant eux d’autres en ont fait autant. Ancêtres des âges de pierre, ils ont laissé ici quelques vestiges que l’on rencontre parfois au détour d’un chemin ou qui s’affichent sur les hauteurs, balises ou repères mystérieux qui n’ont plus pour les hommes d’aujourd’hui ni utilité ni signification. Plus discrètes, quelques enceintes dites protohistoriques demeurent comme autant de témoignages de la volonté de ces coureurs des bois devenus cultivateurs de se rallier et se sédentariser. Leur volonté aussi d’entretenir cet immense jardin suspendu avec l’espoir d’assurer la pérennité de l’espèce. Quant à savoir si les enfants des homo sapiens contemporains poursuivront l’aventure rien n’est moins sûr. Alors, pour les laborieux paysans oubliés sur cette île que les tremblements des massifs voisins ont fait s’élever il y a de cela des millions d’années comme pour l’isoler du reste du monde, l’arrivée des migrateurs se fait comme la visite d’amis annonciateurs de jours plus cléments.

Fleurs d’étoiles. Solange Tellier. Toute reproduction, même partielle, formellement interdite sans l’accord de l’auteur.  Tous droits réservés pour tous pays. ISBN 978-2-9543089-0-6

 

IL ne reste que quelques ouvrages. Disponibles en Lozère : Presse de Florac, Maison de la presse de Meyrueis.

Egalement sur ce site jusqu’à prochain épuisement du stock.


Cadeau : Un extrait de Fleurs d’étoiles, tel qu’il avait été traduit en espagnol et en anglais pour le café littéraire APAC de Metz en janvier 2015 – Il avait neigé d’ailleurs ce week-end là !

 

 

neige sur le causse lozère passion

image publiée sur le superbe site : Lozère Passion que je vous invite à découvrir

en cliquant directement sur l’image ou sur le lien

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Les hivers étaient longs et le village qui se trouvait parfois isolé des gorges n’avait d’autre solution pour survivre que celle de se mettre en quasi sommeil. Une hibernation forcée comme partout sur le Causse. Les habitants résignés restaient à l’abri de leurs grandes maisons. Ils se contentaient de peu, consommant avec parcimonie les vivres mis en réserve avant la mauvaise saison : légumes en conserves, pâtés, confitures, confits de porc ou de volaille. Un boulanger, le seul tenant boutique sur le plateau, assurait des tournées régulières. Un épicier montait une fois par semaine depuis la vallée, mais si la neige venait à tomber interdisant tout accès, on savait qu’il faudrait se passer pour quelque temps de ses services. La solidarité était par conséquent autant naturelle qu’obligée, et le village se faisait comme une grande famille où chacun vivait sous son propre toit mais où tout le monde savait que l’on pouvait compter sur le voisin. Depuis quelques années, une auberge rustique aménagée dans une ancienne bergerie amenait un peu de vie même au plus fort de la morte saison. L’été, le restaurateur proposait sa table aux instructeurs et aux élèves du club de vol à voile, il accueillait les touristes de passage et les randonneurs qui appréciaient l’étape quasi providentielle sur ces hautes terres si peu fréquentées. L’hiver, il mettait ses talents de cuisinier au service des villageois qu’il invitait, certains soirs, à se retrouver autour de la cheminée, tellement haute et large que l’on pouvait y cuire à la broche un sanglier entier. C’était l’occasion pour le musicien qu’il était, de tirer de son piano électrique quelques notes qui résonnaient joyeusement sous la voûte de pierre. Christian sortait alors de sa poche un harmonica, et quand la fille de l’aubergiste se mettait à l’accordéon, l’orchestre improvisé faisait briller des étincelles de gaieté dans les yeux des convives qui ne se faisaient pas prier pour accompagner au chant le trio entraînant ou improviser quelques pas de danse. Ces soirées étaient remplies de bonheur et contribuaient à entretenir des liens d’amitié indispensables. La vie était dure mais belle. Les cœurs généreux et jamais tout à fait solitaires.

Fleurs d’étoiles – ©Solange Tellier – p. 96- extrait- tous droits réservés –

Los inviernos eran largos y el pueblo, aislado de los desfiladeros, no tenía otra forma de sobrevivir que ponerse casi en hibernacion, eso, igualmente en todos lugares de la meseta. Resignados, los habitantes permanecieron en sus casas grandes, con obligacion de consumir, con moderación, alimentos cocinados antes de la mala temporada: verduras enlatadas, pasteles, mermeladas, carne de cerdo en escabeche o aves del corral. Un panadero, el unico sobre el Causse, aseguraba giras regulares. Un tendero subia una vez por semana desde el valle, pero si la nieve se iba cayendo prohibiendo el acceso, sabian que pasaran una temporada sin sus servicios. Solidaridad era por lo tanto natural y el pueblo era como una gran familia en la cual todo el mundo vivia bajo su propio techo, por lo tanto, todo el mundo sabía que podría esperar ayuda del vecino. En los últimos años, un mesón rústico ubicado en un antiguo granero trajo un poco de la vida, incluso en medio de la temporada baja. En verano, el restaurante ofrecia la comida a instructores y estudiantes del club de aviacion, a los turistas y excursionistas que disfrutaron del asilo casi providencial en estas tierras altas. En invierno, el posadero puso sus habilidades en la cocina al servicio de los habitantes del pueblo que invitó por algunas tardes a reunirse alrededor de la chimenea, tan grandissima que se podria cocinar en su entero un jabalí. Fue una oportunidad para el músico que estaba, para sacar algunas notas de su piano eléctrico bajo el arco de piedra. Christian, entonces salió de su bolsillo un armónica, y cuando la hija del posadero empezó a tocar acordeón , chispas de alegría brillaban en los ojos de los invitados que acompañaban cantando el trío o improvisando algunos pasos de baile. Estas noches se llenaron de felicidad y ayudaron para mantener amistades indispensables. La vida era dura pero hermosa. Corazones generosos y nunca solitarios.

Merci à Guy pour son aimable collaboration à la traduction –

http://www.lozere-passion.fr/

The winters were long and sometimes the village was isolated from gorges. People had no other way to survive than to be almost asleep. Enforced as everywhere on the plateau hibernation. Resigned inhabitants remained away from their big houses. They just recently consumed sparingly food set aside before the bad season: canned vegetables, pies, jams, pickled pork or poultry. A baker, the only one on the top of the Causse, assured regular tours. A grocer rode once a week from the valley, but if the snow should fall prohibiting access, we knew it would happen some time for its services. Solidarity was natural and the village was like a big family where everyone was living under his own roof, but when everyone knew we could count on the neighbor. In recent years, a rustic inn housed in an old barn brought a bit of life even in the midst of the offseason. In summer, the restaurant offered his table to instructors and students gliding club, he welcomed the passing tourists and trekkers who enjoyed almost providential step on these highlands so uncrowded. In winter, he put his cooking skills at the service of the villagers he invited some nights to gather around the fireplace, so high and wide that could be cooked on the spit a whole boar. It was an opportunity for the musician he was, to take some of his electric piano notes rang merrily under the stone arch. Christian then came out of his pocket a harmonica, and when the daughter of the aubergist began to accordion, orchestra improvised shone sparks of joy in the eyes of the guests who were not to be asked to accompany the singing leading trio or improvise a few dance steps. These evenings were filled with happiness and helped to maintain friendships indispensable. Life was hard but beautiful. Generous and never quite lonely hearts.

 


Joindre l’utile à l’agréable même quand l’utile est également agréable. Trois rendez-vous signatures pleins de belles surprises, bon accueil à la Maison de Pays, OT Mont Aigoual Cévennes et des instants précieux auprès de Christian.  Que du bonheur !  dédicace florac recadréeDSC03428DSC03442DSC03462DSC03485

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dédicace Florac – le Causse plein cadre – carline > emblème toujours – cigale sur le Larzac – improbables sentiers – > tous les bonheurs à l’arrivée : Cirque de Navacelles, corniche du Méjean, quand l’arbre et la pierre ne font plus qu’un, Vase de Sèvres, ballet aérien, Fleurs d’étoiles.

photos Solange Tellier – Tous droits réservés – blog déposélogo copygright


couv blog fleur d'étoiles

Jeudi 28 juillet
Presse de Florac
de 9h à 13h

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Mercredi 3 août
Maison de la Presse de
Meyrueis
de 9h à 13h

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En soirée
Marché nocturne
du Rozier

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En vente également à  >

Maison de Pays, Office de tourisme Mont Aigoual Cévennes de Valleraugue (30)

Maison de la Presse, Saint-Jean du Gard (30)

Maison de Pays du Mas de la Barque (48)4ième couv blog


            Parmi ces hommes de la terre, il en est un qui, lorsque la neige recouvre encore les pierres du plateau, guette le premier souffle de vie, le premier battement d’aile, comme autant de signes du renouveau. Il s’appelle Christian.

Christian est né ici. Le Causse est son pays, c’est aussi toute sa vie. Accroché à son île aussi solidement que les rocs qui la soutiennent et qui surplombent les gorges que deux rivières presque jumelles ont mis toutes leurs forces à entailler, le berger solitaire ancré à sa terre natale a pourtant un jour, lui aussi, traversé la grande bleue l’espace de quelques saisons. Il n’avait rien demandé. On lui a dit :

– C’est pour défendre ton pays.

Il savait avant de partir qu’il n’y avait rien à défendre dans cette histoire si ce n’était une idée de prestige colonial, chose qui ne le concernait pas. Obliger un peuple à se soumettre n’était pas dans sa philosophie. Mais il n’a pas eu le choix. On lui a donné des armes et mis sur la tête une antenne. Radio ! Ce n’était pas la meilleure place (mais y en avait-il une dans cette sale guerre qui de longues années durant n’a pas voulu dire son nom ?). Bien souvent c’est sa propre vie qui n’a tenu qu’à un fil, comme cette fois où les antennes de son matériel furent prises pour cibles et sectionnées au-dessus de sa tête par des tirs ennemis. Et puis, il y eut les camarades tués dans une embuscade et cet autre balayé par une rafale tout juste à ses côtés. Avec la mort de ses compagnons d’armes, avec les horreurs commises de part et d’autre révélant à son cœur non-violent autant de barbarie, c’est une partie de lui qui a foutu le camp. Il y eut pourtant sur cette terre qui ressemblait un peu à la sienne, des rencontres, de belles rencontres. Des échanges avec les berges kabyles. Intenses. Hors du temps et de la guerre qui ne pardonnait ni d’un côté, ni de l’autre. Ils avaient en commun leur attachement à la Terre dans son intégralité. Ils échangeaient des points de vue sur leurs pratiques agricoles, et le respect mutuel s’établissait sans faux-semblant. Quand les armes se sont tues, Christian a su qu’il n’y aurait que son Causse pour remettre un peu de paix à son cœur et dans sa tête, pour estomper les images et les cris, pour repousser la mort. Celle de ses amis et celle d’hommes qui n’étaient même pas ses ennemis. A son retour il a dit :

– Je serai berger.

Fleurs d’étoiles- p.22

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La guerre bousille les hommes. Aujourd’hui sur notre sol la barbarie aveugle bousille aussi des femmes, des enfants, des adolescents. Puissent-ils trouver dans la réconciliation avec la nature la paix et la sérénité !

Oubliés la foule, les grands rassemblements, oubliées les diffusions médiatiques qui incitent constamment à la peur et attisent la haine et la violence. Il est temps de passer à autre chose. Revenir aux sources. Revenir à l’humain. Revenir à la beauté des choses.

Combien ont-ils été de soldats bousillés par la (les) guerre(s) ! Beaucoup d’entre eux ont pu se reconstruire un équilibre avec le retour à une vie simple et naturelle.

La force de l’écologie c’est autre chose qu’un mouvement politique qui, hélas, pas plus que les autres, n’est véritablement capable de sortir le pays du marasme où les enjeux politico-financiers l’ont jeté.

L’écologie c’est bien autre chose. C’est mettre l’homme et la nature en harmonie. Ce n’est pas un parti politique qui doit s’attacher à cela. C’est à tous les partis politiques de réaliser que l’on se doit de redonner une dignité et une place à l’homme dans la nature, à moins que ce ne soit le contraire. Redonner à la nature la dignité et la place qu’est la sienne dans notre vie.

Je ne me pose pas en donneuse de leçon. A travers mon ouvrage, par mon écriture, c’est toujours cela que j’ai souhaité faire passer. « C’est un roman » ? question couramment posée. Certes, c’est un roman mais cependant bien plus que cela pour les lecteurs attentifs.

Ce serait le « pays des Bisounours » mon histoire d’extra-terrestre tombée sur le Méjan ? Oh et puis la poésie même en prose c’est affaire de doux-rêveurs ? ah oui, sans doute. Mais j’aime encore mieux être du côté de la poésie que du côté de la barbarie ou de l’ignominie, l’hypocrisie que sais-je encore ….

Voilà pêle-mêle des réflexions que je n’ai pas l’habitude de livrer ici. Mais devant ce qui se passe aujourd’hui je me sens démunie, impuissante. Alors si quelques brins de pensée positive, si quelques mots alignés peuvent donner un peu plus de lumière et de sérénité, prenez ici ce qui vous fait plaisir.



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