Hier soir sortie cinéma pour voir « Seul sur Mars ». Allez, on m’avait prévenue … ce n’était pas non plus un chef-d’oeuvre. La 3D certes est intéressante, le scenario pas mal mais la mise en scène aurait pu être nettement meilleure. Quant aux invraisemblances, j’ai pu en déceler quelques-unes. On peut évidemment en tirer quelques leçons de vie.

Allez. Pour me consoler j’ai repris mes Fleurs d’étoiles, p.107-108 …Oui, je sais. Hors contexte les lecteurs de cette page vont penser que mes Fleurs d’étoiles est d’une teneur bien candide. Peut-être … peut-être …. Les lecteurs avertis sauront que le contexte est tout autre. On s’évade, on rêve, mais on reste bien les pieds sur terre. Sur cette terre aride. Dure. Difficile. Sur cette terre tellement belle qu’elle n’appartient qu’au Mejean. Les leçons de vie elles y sont aussi. Cachées entre l’imaginaire. Entre les choses plus douces.

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Extrait :

Se trouver ainsi débarqués au même endroit, arrivant d’un monde complètement étranger à la planète bleue sur laquelle l’un et l’autre avait posé leur appareil, était une coïncidence qui laissa pensifs les deux voyageurs interstellaires. Ils restèrent un long moment sous le sourire bienveillant de la lune à se laisser pénétrer par les parfums que la nuit diffusait encore. Puis la discussion reprit. Ils avaient déjà constaté le matin, en marchant côte à côte, combien ils prenaient plaisir à échanger sur les choses qu’ils connaissaient et sur celles qu’ils découvraient ensemble. Par cette douce soirée de printemps, la magie opérait encore davantage. Les mots, en cascades, n’en finissaient pas de couler tandis que leurs yeux brillaient de plaisir. En devisant à voix tout juste audible, les jeunes gens laissaient leurs deux cœurs trouver l’accord parfait, enivrés sans doute par les senteurs de térébenthine que le soleil, chauffant les pins aux fûts remplis de sève montante, avait distillées. A moins qu’ils ne fussent grisés par les effluves d’herbe tendre et de pierres tiédies que la fraîcheur de la nuit faisait s’exhaler. Alors il fut question d’étoiles, d’îles, de voyages, du berger et de ses brebis et plein d’autres choses encore. Et pendant que, sans se lasser, ils se laissaient porter par les mots, des flots de mots aux couleurs du ciel et de la terre mêlés, des mots aux parfums de miel et de figue, la voûte céleste se redessinait et variait ses tableaux au gré de la rotation de la Terre.
De temps à autres, des éclairs fugaces, comme la jeune fille en avait déjà vus, zébraient la toile sombre pour rejoindre sans bruit le sol terrestre, quelque part, dans un lieu mystérieux. Et ce soir, ils étaient particulièrement nombreux. Vénus, en maîtresse de cérémonie, scintillait quant à elle d’un éclat singulier.
Les deux nouveaux amis n’avaient toujours pas fermé l’œil quand l’astre du jour laissa, par-delà la colline, deviner ses premières lueurs. Ils en étaient encore à évoquer leurs points communs, à partager leurs impressions sur cette planète vers laquelle le destin les avait conduits et fait se rencontrer. Ils avaient, en cette douce nuit, passé de longs moments à rire comme les enfants qu’ils étaient encore et qui se découvraient, comme si l’un était le miroir de l’autre, les reflétant et les unissant corps et cœurs confondus.
Image insolite de deux extra-terrestres heureux, sur ce Causse où tout peut arriver. Causse enchanteur, où seuls ceux qui ont un cœur d’enfant savent trouver le bonheur sans se poser de questions ! Ils se laissèrent enfin aller au silence et à la contemplation, laissant le jour repousser doucement le voile nocturne.

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