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Photo-ST. Droits réservés-

Avant que le soleil n’eût passé la colline, la jeune fille décida de partir à la découverte de ce Causse, le plus grand, celui du milieu, que les hommes ont baptisé le Méjean. Elle comptait trouver un abri digne de ce nom sur ce plateau habité par plus de brebis que d’hommes ainsi que l’avait souligné le berger. Se laissant guider par son instinct de voyageuse, elle suivit les sentes rousses et les chemins blancs qui mènent le marcheur sans repère à la fois partout et nulle part ….

Après avoir traversé les pinèdes puis gravi un chemin raviné par les pluies de l’hiver, la jeune fille déboucha sur une vaste prairie que le soleil parvenu au-dessus des grands arbres, inondait de sa clarté matinale, diffuse, mais néanmoins très lumineuse. La sente se perdait dans les herbes déjà hautes et c’est à peine si on devinait la direction qu’elle prenait. La petite marcheuse choisit d’obliquer vers la gauche. Son passage soulevait les insectes qui s’élevaient en bourdonnant puis revenaient virevolter autour d’elle. Elle n’appréciait guère leur contact sur sa peau, et, tout en marchant, elle les chassait d’un revers de la main. Quelques-uns attirèrent pourtant son attention. Ils ne cherchaient ni à la frôler ni même à venir la chatouiller comme le faisaient d’autres bestioles ailées, noires pour la plupart. Ils voletaient devant elle, la devançant d’un mètre ou deux, puis allaient se poser quelques instants sur une herbe, une fleur, ou bien encore sur un arbuste disparaissant sous l’écume blanche d’une multitude de fleurs minuscules, très denses. Dès qu’elle arrivait à leur hauteur ils repartaient comme pour lui indiquer le chemin. Leurs ailes aux couleurs du ciel d’azur battaient l’air d’un mouvement incessant qui les faisait monter, descendre, les transportait de droite et de gauche dans une danse légère et saccadée. Elle s’amusa de leur manège et les suivit avec curiosité, vers une destination qui lui était inconnue, sans penser ni à la fatigue ni à la lassitude.

C’est ainsi, qu’elle atteignit enfin une combe. L’endroit, comme un bout du monde tenu secret, était cerné sur ses hauteurs par les forêts épaisses de résineux sombres. Le vallon, enserré de toutes parts, était parfaitement silencieux … Un autre monde. Endormi. Oublié peut-être.

Fleurs d’étoiles – p.61 … 63-64

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