affiche culturaCholet (49) mais aussi

D’autres rendez-vous dans le Sud-Ouest :

Marché de Noël de Mareuil (16)  vendredi 12 de 17h à 22h

*

Salon du livre de la Société des Auteurs Poitou-Charentes > Dimanche 14 décembre à Saint-Bonnet (proche Barbezieux)

*

Super U de Sauzé-Vaussais (79)>  samedi 20 décembre à partir de 9h30

*

Si le Theil me racontait et Fleurs d’étoiles seront également présentés

*

Premier été, un documentaire sur la Charente ? Beaucoup d’évocations en effet des paysages charentais mais ceux-ci sont également le prétexte à une belle histoire. Chacun y trouvera donc ce qu’il préfère.

*

…   Suivant d’Est en Ouest le même itinéraire que le voyageur, le soleil avait amorcé son ascension et émergeait maintenant par-dessus les collines, inondant la plaine charentaise.

Quentin arrivait en vue d’une bourgade dont l’identité s’affichait en quatre mots sur un panneau un brin racoleur  : Mourillac, son camping, sa piscine, son calme. En-dessous du premier, un autre, à l’effigie des Foires et Marchés de France, précisait : foire mensuelle le 27.

La départementale contournait le bourg bien visible, en surplomb sur la gauche. Cette perspective en contre-plongée donnait l’impression que les habitations s’agglutinaient, enchevêtrées les unes dans les autres.

    — On dirait qu’elles sont toutes à s’embrasser, s’amusa Quentin observant à flanc du tertre de faible altitude, les étages épousant le relief.

 Au niveau supérieur, les maisons se serraient intimement autour de l’église dont le clocher, présentant une curieuse géométrie octogonale, semblait avoir bien de la peine à s’élever pour s’arracher à l’ensemble. Quentin pensa aux clochers de chez lui arborant pour la plupart des pointes grises saluant le ciel de leurs drôles de chapeaux de sorcières, tandis que d’autres se paraient d’un bulbe de style germanique. L’église de son village, elle, était unique à se faire orientale avec un clocher et un dôme d’inspiration byzantine.

Ici, l’architecture était tout autre. L’édifice présentait des toitures étagées, harmonieusement déployées, recouvertes comme celles des maisons qui lui étaient accolées, de tuiles romanes dont le qualificatif rappelait que de hardis colonisateurs, habiles bâtisseurs avaient, par de subtils métissages, imposé leur présence, transformant le pays gaulois en un savant quadrillage de  provinces gallo-romaines. Le jeune homme ne manquerait d’ailleurs pas de constater, un peu plus tard, combien dans ce coin tranquille de Charente, les empreintes de l’avancée méditerranéenne restaient présentes. Dans l’immédiat, sa soif de découverte n’était pas primordiale, faire une pause s’avérait le plus urgent et le camping signalé allait lui donner l’occasion d’étrenner la toile de tente igloo achetée juste avant son départ.

         Il obliqua à droite au premier carrefour et n’eut qu’une centaine de mètres à faire pour accéder à un terrain ombragé en retrait du bourg et de la voie de circulation.  La grille d’accès était fermée  mais une notice invitait tout voyageur arrivant tardivement à s’installer discrètement et à se présenter dès le lendemain pour les formalités. La barrière n’était pas verrouillée. Quentin en poussa le battant et engagea la voiture dans l’allée en prenant soin de la laisser glisser le plus silencieusement possible. En ces premiers jours de juillet, les lieux n’étaient pas encore très fréquentés, pas totalement déserts non plus !  Une caravane était installée au fond du terrain. …

La nouvelle qui vient en point d’orgue de l’ouvrage évoque quant à elle la petite cité de Talmont :

L’atmosphère était limpide. On pouvait distinguer facilement la rive opposée de l’estuaire et de la même façon suivre du regard la bordure continentale avec ses falaises blanches se découpant nettes, sur le sable foncé. Bien plus loin en aval, un petit doigt levé au ciel figurait le veilleur de l’estuaire. Cordouan.
Au pied du promontoire, les affleurements rocheux que la marée lorsqu’elle est haute recouvre de ses flots, étaient pour l’instant bien visibles. Ils se dévoilaient garnis d’une épaisse chevelure d’algues vert sombre sur lesquelles les mouettes avaient élu domicile. Elles se tenaient, coites, pour la plupart. Quelques irascibles isolées lançaient néanmoins de temps à autre des cris rauques qui effrayaient ou agaçaient leurs congénères. Dérangées dans leur inertie matinale celles-ci battaient alors des ailes un instant et rejoignaient en sautillant un autre perchoir. Des petits chevaliers, arborant une élégante livrée grise et blanche, et juchés sur leurs longues pattes rouges fouillaient la vase de leur bec habile, hochant inlassablement la queue. Quelques sternes passaient, rasant la grève. Une aigrette avançait, solitaire et tranquille, bien plantée sur ses deux pattes graciles. La blancheur de son plumage immaculé tranchait sur les teintes sombres du sable humide.
Je suivis le chemin abrité qui se coulait sous les tamaris et les pins parasols, lesquels pour se protéger des vents avaient oublié de grandir. Je devais par endroits courber le dos et baisser la tête pour éviter les branches basses. J’arrivai enfin sur le flanc ouest de l’église, toujours aussi belle avec ses rondeurs typiquement romanes, sa couverture de tuiles roses et la blancheur de ses pierres calcaires doucement éclairées par le soleil d’automne. Dans le petit cimetière, les roses trémières, sans appui ni entrave, frémissaient sous la brise légère. L’automne et ses rafales ne tarderaient pas, hélas, à les coucher au sol.

28 septembre-extrait-

*

Talmont croquis

 page bio-biblio-commandes

 

Publicités