Petite note à propos de mon autre blog  >

a l'est de mes mots
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Mon blog de poésies devient  » A l’Est de mes mots ». Peu de nouveau sur ce premier espace que j’avais ouvert il y a bien longtemps. De moins en moins. Ce qui justifie la modification du titre original que j’avais fait comme le pastiche de celui de l’ouvrage de Erich Maria Remarque.

Les mots sont comme le vent, comme les vagues, et le vague, celui de l’âme qui inspire et aspire, qui met des nuances dans les notes de la vie, qu’elles soient gaies, qu’elles soient tristes. Quand les notes sont gaies, on ne pense pas toujours à en faire des mots. On les laisse aller et venir. On aime s’en abreuver sans se poser de question. Quand les notes deviennent  tellement tristes qu’on ne sait plus les dire et que l’envie vous quitte, de peur de tomber encore plus bas, de peur d’effrayer ceux qui vous entourent, on les garde pour soi ou bien on les oublie, on leur ferme la porte. Et la poésie vous quitte irrémédiablement.

Mes mots aujourd’hui ne trouvent plus la musique qui va avec. Ils sont tristes au point de ne plus savoir trouver leur place sur une portée. Alors mon blog reste seulement en veille avec  quelques articles, quelques photos sur lesquels – les derniers – il m’arrive de mettre un  lien pour un flash-back, un retour vers le passé, dépassé mais dont la poésie reste intacte, histoire de continuer à le faire vivre un peu et à permettre à de nouveaux visiteurs de ne pas repartir frustrés.

Ce blog « A l’Est » fait intimement partie de ma vie littéraire. Partie émergée d’un iceberg dont les pages les plus belles, les plus fortes restent pour l’instant dans une malle. Par centaines.

Les concours auxquels il m’arrive de participer sont encore des petites portes par lesquelles j’ai plaisir à m’engouffrer avec des textes nouveaux ou d’autres piochés dans la malle et remaniés selon l’humeur du temps. Cela me donne l’occasion de faire se croiser mes mots avec ceux d’autres poètes. Puis de partager avec ces mêmes poètes quelques moments, quelques petites choses qui font prendre conscience de nos sensibilités au diapason. On repart avec l’impression de ne pas être tout à fait « anormal » mais seulement en décalage avec ceux qui nous entourent et avec la même difficulté à s’y faire sa place le plus normalement possible.

Il arrive parfois qu’une personne en particulier entre dans votre univers, vous y regarde évoluer avec bienveillance. Cette personne là devient peu à peu celle qui vous inspire, et vous voilà deux dans la barque des délires, et des délices. « Voyager sur le fleuve Amour et le plus beau voyage qui soit pour inspirer les jours »  Pour le meilleur, parfois aussi pour le pire. Il m’arrive de regretter que le mot muse n’ait pas de masculin. (ou du moins je ne le connais pas ).

Le poète est né heureux et innocent comme tous les enfants. Puis (devrais-je dire « mais » ?) un  jour, il a subitement vieilli pour avoir rencontré bien avant les autres la souffrance, et celle-ci une fois installée ne l’a plus jamais quitté. Quand tellement de gens traitent les poètes de « doux rêveurs » ils ne savent pas combien ils se trompent. Les poètes bien avant eux ont appris à faire la part des choses. La souffrance leur a appris à savourer aussi certains petits bonheurs que le commun des mortels  ne sait pas non plus voir.

Bref !  Mes mots à l’Est sont orphelins de plus en plus souvent et il m’arrive d’avoir peur qu’un jour  rien ne soit plus jamais comme avant. Mon ami Michel Métreau (qui a écrit de si belles poésies) dit parfois avec le sourire et une étincelle dans ses beaux yeux bleus  » Et puis un jour, pff, tout est parti, la poésie m’a quitté ».  Je trouve cela tellement triste.

Voilà ces quelques réflexions qui n’ont pas forcément à voir avec mes ouvrages. Cette petite note restera classée dans la catégorie  » autres mots en liberté »,  à consulter en marge de mes articles concernant mes romans.

Et en attendant … rien ne vous empêche d’ouvrir la porte « A l’Est » et de faire plein d’allers-retours. La poésie, comme l’amour, n’a pas d’âge.

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