D’autres champs attendaient l’été pour se tapisser d’or. Ils formaient sous les rayons du soleil qui les éclaboussait comme des vagues. Vagues de dunes que les Van Gogh ou Sisley ont aimé faire glisser sur leur toile. Vagues de blé, de blé doré qui ne rappellent rien aux renards sauf à ceux qui ont connu un Petit Prince …

Les foins p.22 de l’ouvrage
avec l’aimable autorisation du musée d’Orsay
Jules-Bastien Lepage : Les foins, 1877 (RF 2748) ©photo musée d’Orsay/rmm – Paris

Chaleur labeur

Sous l’arbre bienveillant

Ils prennent un peu de temps

                 A l’occasion du 600 ième anniversaire de Jeanne d’Arc c’est surtout son tableau « Jeanne d’Arc » qui remet Jules Bastien-Lepage au goût du jour. Né en 1848 à Damvillers (Meuse) et mort en  décembre 1884 à Paris l’artiste est classé plus volontiers dans les peintres naturalistes, peut-être plus proche de Millet par exemple dans son répertoire de la paysannerie du 19 ième. Les foins figurent néanmoins à Orsay.

               L’oeuvre de Bastien-Lepage est d’une richesse qui mérite d’être découverte. L’impressionnisme n’est pas loin.

             Montmédy, Damvillers puis Verdun m’ont permis d’approcher de plus près cet artiste talentueux et je ne suis pas insensible à la poésie qui se dégage de ses toiles.

               C’était alors sans connaître l’amitié qui le liait à André Theuriet que j’avais choisi de faire figurer l’un et l’autre dans les pages de mon ouvrage. Des hasards, des liens … comme d’autres que mon tilleul a tissés, ou détricotés. C’est selon ….

                 Beaucoup d’émotion en tout cas pour moi quand j’ai découvert que mon tilleul les avait ainsi réunis entre ses feuilles.

                André Theuriet mieux que moi avait associé quelques vers pour accompagner le tableau de son ami :

                      Midi ! … Les prés fauchés sont baigné de lumière.

                     Sur un tas d’herbe fraîche ayant fait sa litière,

                     Le faucheur étendu dort en serrant les poings.

                     Assise auprès de lui, la faneuse hâlée

                     Rêve, les yeux ouverts, alanguie est grisée

                     Par l’amoureuse odeur qui s’exhale des foins.

                     André Theuriet – 1878

Quant à l’artiste qui avait fait de lui son portrait, Theuriet à son tour le croquait de sa plume  :

« Je vis un garçon très jeune, très blond, modestement vêtu, petit, leste et bien musclé ; sa figure un peu blafarde au front carré et volontaire, au nez court et écrasé du bout, aux lèvres spirituelles à peine estompées d’une pâle moustache blonde, était éclairée par deux yeux bleus dont le regard clair, droit et perçant disait la loyauté et l’indomptable énergie. Il y avait à la fois du gamin et de l’homme dans cette physionomie mobile, aux traits heurtés, où une certaine crânerie audacieuse alternait avec des lueurs de sensibilité et des éclats de gaîté espiègle. » A.T. (repris dans l’ouvrage Jules Bastien-Lepage aux éditions Nicolas Chaudun – Collection du Musée d’Orsay)

220px-Bastien-Lepage_Autoportrait

André Theuriet – voir ici

Si le Theil me racontait sera présenté au Salon du livre féminin d’Hagondange.

Publicités