Le chêne est la force de la forêt ; le bouleau en est la grâce ; le sapin, la musique berceuse ; le tilleul, lui en est la poésie intime. L’arbre tout entier a je ne sais quoi de tendre et d’attirant ; sa souple écorce, grise et embaumée saigne à la moindre blessure ; en hiver, ses pousses sveltes s’empourprent comme le visage d’une jeune fille à qui le froid fait monter le sang aux joues ; en été, ses feuilles en forme de cœur ont un susurrement doux comme une caresse. …

Va te reposer sous son ombre par une belle après-midi de juin, et tu seras pris comme par un charme. Tout le reste de la forêt est assoupi et silencieux; à peine entend-on au loin un roucoulement de ramiers ; la cime arrondie du tilleul, seule, bourdonne dans la lumière. Au long des branches, les fleurs d’un jaune pâle s’ouvrent par milliers, et dans chaque fleur chante une abeille. C’est presqu’une musique aérienne, joyeuse, née en plein soleil, et qui filtre peu à peu jusque dans les dessous assombris où tout est paix et fraîcheur. En même temps, chaque feuille distille une rosée mielleuse qui tombe sur le sol en pluie impalpable. Sous-Bois – André Theuriet –

p.9 de Si le Theil me racontait

André Theuriet était un habitué de Civray à quelques encablures du village de Theil, village de mon tilleul. Ces séjours, et plus précisément lors de ceux-ci, les belles Civraisiennes, ont inspiré sa plume dans des nouvelles comme « Le fils Maugars ». André Theuriet était lié d’amitié au  peintre Bastien-Lepage auquel il a consacré un ouvrage, impossible malheureusement à trouver.  Je ne connaissais pas l’existence de cet écrit quand j’ai inclus dans le theil une copie de son tableau « Les foins » .

André Theuriet, Bastien-Lepage, et mon theil … quelques liens de plus à rajouter à la magie de mon tilleul.

pour en savoir plus sur l’oeuvre d’André Theuriet  ici

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