Il y a quelques jours je suis allée rendre visite à mon tilleul. Puis j’ai poursuivi mon périple jusqu’à Montalembert. J’ai gravi le curieux promontoire, résultat d’un bouleversement tectonique qui a fait s’ériger sur ce relief de plaine à perte de vue, ce que l’on nomme de façon savante un horst. Cette butte de 9 km de long sur 1km de large culmine à 186m. Dans le village, la petite fontaine d’Almodis ne remplissait plus le lavoir dont le fond reste désespérément sec. Les brumes sans doute ne recouvrent-elles pas la place en cet été caniculaire. Le logis quant à lui reste muet derrière les grilles et les hauts murs qui ferment la propriété.

     « Almodis, la petite chambrière du château fut la coupable désignée. Accusée du vol elle fut condamnée à périr dès le lendemain sur le bûcher. La sentence fut exécutée sur la place du village à l’endroit-même où depuis, une source d’eau claire a surgi.

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     La légende assure que les brumes matinales qui flottent souvent par ici ne sont que restes des fumées de l’immonde brasier sur lequel périt la petite chambrière, fumées que les années n’ont jamais réussi à dissiper totalement. Ces brumes, l’enfant les avait remarquées, car rien de ce qui l’entourait ne lui échappait. Le matin, quand il sortait tôt, il lui arrivait de les voir, accrochées aux longues branches du tilleul. Elles traînaient souvent avec elles de longs fils blancs, que l’on appelle communément fils de la Vierge, qui ne sont en réalité que les moyens de transports des araignées dans leur migration. » ….

Si le Theil me racontait – Solange Tellier – Edition les 2Encres ©mai 2011 – extrait

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