Une naissance. Une Renaissance pour un vieux centenaire qui voit cette année arriver le printemps avec un brin d’émotion. Enfin …sans avoir la prétention de vouloir imiter Montaigne, je dirai : Est-ce lui ? est-ce moi ? … Car après des mois et des mois à chercher dans la sève de ce tilleul la mémoire, les histoires petites, ou celles de la grande (histoire), les émotions enfouies, je ne sais plus, qui de lui, qui de moi les a vécues, tellement intensément, puis les a posées une à une, sur la feuille, feuille d’arbre ou de papier par clavier et  écran interposé à défaut d’une plume.

Concernant l’émotion en ce jour de printemps, c’est certainement plus  moi que lui. L’émotion de voir mon travail, mes efforts enfin récompensés après que la maison d’édition Les Deux Encres ait accepté de publier mon écrit. L’émotion de tenir entre les mains la maquette de la couverture, l’émotion de recevoir ce matin au courrier le paquet de bons de réservation que je vais pouvoir distribuer autour de moi. L’émotion de savoir que sans doute, quelques uns de mes amis, ma famille ont reçu par mail ou par courrier la nouvelle, diffusée par l’éditeur.   Certes, les professionnels de l’écriture (si quelques-uns viennent par hasard à passer ici -oh la prétentieuse ! )  vont sourire en me lisant. Quoique … je ne suis pas si sûre que, même après plusieurs publications cette émotion ne soit pas intacte. Un peu comme le trac des acteurs. Même les plus grands disent qu’ils en sont toujours victimes. Le trac, l’émotion. Sans doute le signe que ce que l’on offre publiquement nous tient à coeur,  nous vient du coeur, le signe que l’on ne veut pas décevoir, et que l’on vibre dans un même temps  de l’envie de plaire et de faire plaisir.

Je suis donc, aujourd’hui,  sous le coup de cette émotion.

Je ne suis pas allée rendre visite à mon theil depuis cet hiver. Mais à chacune d’elles, je le retrouve toujours aussi beau. Sait-il que je viens de lui rendre hommage par un petit ouvrage ?

Même s’il m’échappe un peu parce qu’un locataire habite désormais la maisonnette aux volets verts, il va me falloir aller le voir, dans son petit village, dans son petit Theil et lui raconter tout l’amour que j’ai mis à l’écrire. Cela lui fera une page à rajouter à ses souvenirs.

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