L'actualité littéraire de Solange Tellier

Tempête en poésie

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Recueil Plumes

Pour répondre à une question qui m’est régulièrement posée : pas de nouveauté cette année en effet. Mon travail sur l’autisme et le syndrome d’Asperger m’a demandé beaucoup d’énergie avec la remise à jour de la première édition et de nouvelles références qui viennent en annexe de l’ouvrage, ainsi que la mise en place d’une écoute téléphonique pour les femmes en recherche de repères dans leur parcours de vie aux côtés d’un Aspie.

Néanmoins, il arrive que la poésie nourrisse toujours ma plume, au gré des souffles du vent et de la vie, au gré des tourments et des envies, au fil des jours et des amours, de l’ennui et des folies. L’une d’elles figure dans le recueil « Plumes » de l’Atelier poésie de Cognac qui m’a fait l’honneur de m’inscrire dans l’anthologie 2016.

« Plumes » vous propose un très beau voyage, léger, aérien, avec 160 pages de poésies à la découverte d’une centaine de poètes dont parmi les plus connus : Andrée Marik, Jean-Marie Boutinot, Francis Belliard, Jean-Bernard Papi ou encore Dominique Reynaud (frère de …) avec un hommage à Colette Renard et un clin d’oeil à Guillaume Apollinaire.

Peut-être commandé par le biais de ce site > onglet contact et commande, marge droite.

Prix : 17 € ( + frais de port)

 

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Solange Tellier – Tous droits réservés

Anthologie 2016 des poètes charentais

de l’Atelier Poésie de Cognac

Expression Culturelle Editeur

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Hivers caussenards

Cadeau : Un extrait de Fleurs d’étoiles, tel qu’il avait été traduit en espagnol et en anglais pour le café littéraire APAC de Metz en janvier 2015 – Il avait neigé d’ailleurs ce week-end là !

 

 

neige sur le causse lozère passion

image publiée sur le superbe site : Lozère Passion que je vous invite à découvrir

en cliquant directement sur l’image ou sur le lien

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Les hivers étaient longs et le village qui se trouvait parfois isolé des gorges n’avait d’autre solution pour survivre que celle de se mettre en quasi sommeil. Une hibernation forcée comme partout sur le Causse. Les habitants résignés restaient à l’abri de leurs grandes maisons. Ils se contentaient de peu, consommant avec parcimonie les vivres mis en réserve avant la mauvaise saison : légumes en conserves, pâtés, confitures, confits de porc ou de volaille. Un boulanger, le seul tenant boutique sur le plateau, assurait des tournées régulières. Un épicier montait une fois par semaine depuis la vallée, mais si la neige venait à tomber interdisant tout accès, on savait qu’il faudrait se passer pour quelque temps de ses services. La solidarité était par conséquent autant naturelle qu’obligée, et le village se faisait comme une grande famille où chacun vivait sous son propre toit mais où tout le monde savait que l’on pouvait compter sur le voisin. Depuis quelques années, une auberge rustique aménagée dans une ancienne bergerie amenait un peu de vie même au plus fort de la morte saison. L’été, le restaurateur proposait sa table aux instructeurs et aux élèves du club de vol à voile, il accueillait les touristes de passage et les randonneurs qui appréciaient l’étape quasi providentielle sur ces hautes terres si peu fréquentées. L’hiver, il mettait ses talents de cuisinier au service des villageois qu’il invitait, certains soirs, à se retrouver autour de la cheminée, tellement haute et large que l’on pouvait y cuire à la broche un sanglier entier. C’était l’occasion pour le musicien qu’il était, de tirer de son piano électrique quelques notes qui résonnaient joyeusement sous la voûte de pierre. Christian sortait alors de sa poche un harmonica, et quand la fille de l’aubergiste se mettait à l’accordéon, l’orchestre improvisé faisait briller des étincelles de gaieté dans les yeux des convives qui ne se faisaient pas prier pour accompagner au chant le trio entraînant ou improviser quelques pas de danse. Ces soirées étaient remplies de bonheur et contribuaient à entretenir des liens d’amitié indispensables. La vie était dure mais belle. Les cœurs généreux et jamais tout à fait solitaires.

Fleurs d’étoiles – ©Solange Tellier – p. 96- extrait- tous droits réservés –

Los inviernos eran largos y el pueblo, aislado de los desfiladeros, no tenía otra forma de sobrevivir que ponerse casi en hibernacion, eso, igualmente en todos lugares de la meseta. Resignados, los habitantes permanecieron en sus casas grandes, con obligacion de consumir, con moderación, alimentos cocinados antes de la mala temporada: verduras enlatadas, pasteles, mermeladas, carne de cerdo en escabeche o aves del corral. Un panadero, el unico sobre el Causse, aseguraba giras regulares. Un tendero subia una vez por semana desde el valle, pero si la nieve se iba cayendo prohibiendo el acceso, sabian que pasaran una temporada sin sus servicios. Solidaridad era por lo tanto natural y el pueblo era como una gran familia en la cual todo el mundo vivia bajo su propio techo, por lo tanto, todo el mundo sabía que podría esperar ayuda del vecino. En los últimos años, un mesón rústico ubicado en un antiguo granero trajo un poco de la vida, incluso en medio de la temporada baja. En verano, el restaurante ofrecia la comida a instructores y estudiantes del club de aviacion, a los turistas y excursionistas que disfrutaron del asilo casi providencial en estas tierras altas. En invierno, el posadero puso sus habilidades en la cocina al servicio de los habitantes del pueblo que invitó por algunas tardes a reunirse alrededor de la chimenea, tan grandissima que se podria cocinar en su entero un jabalí. Fue una oportunidad para el músico que estaba, para sacar algunas notas de su piano eléctrico bajo el arco de piedra. Christian, entonces salió de su bolsillo un armónica, y cuando la hija del posadero empezó a tocar acordeón , chispas de alegría brillaban en los ojos de los invitados que acompañaban cantando el trío o improvisando algunos pasos de baile. Estas noches se llenaron de felicidad y ayudaron para mantener amistades indispensables. La vida era dura pero hermosa. Corazones generosos y nunca solitarios.

Merci à Guy pour son aimable collaboration à la traduction –

http://www.lozere-passion.fr/

The winters were long and sometimes the village was isolated from gorges. People had no other way to survive than to be almost asleep. Enforced as everywhere on the plateau hibernation. Resigned inhabitants remained away from their big houses. They just recently consumed sparingly food set aside before the bad season: canned vegetables, pies, jams, pickled pork or poultry. A baker, the only one on the top of the Causse, assured regular tours. A grocer rode once a week from the valley, but if the snow should fall prohibiting access, we knew it would happen some time for its services. Solidarity was natural and the village was like a big family where everyone was living under his own roof, but when everyone knew we could count on the neighbor. In recent years, a rustic inn housed in an old barn brought a bit of life even in the midst of the offseason. In summer, the restaurant offered his table to instructors and students gliding club, he welcomed the passing tourists and trekkers who enjoyed almost providential step on these highlands so uncrowded. In winter, he put his cooking skills at the service of the villagers he invited some nights to gather around the fireplace, so high and wide that could be cooked on the spit a whole boar. It was an opportunity for the musician he was, to take some of his electric piano notes rang merrily under the stone arch. Christian then came out of his pocket a harmonica, and when the daughter of the aubergist began to accordion, orchestra improvised shone sparks of joy in the eyes of the guests who were not to be asked to accompany the singing leading trio or improvise a few dance steps. These evenings were filled with happiness and helped to maintain friendships indispensable. Life was hard but beautiful. Generous and never quite lonely hearts.

 

Salons de la Société des Auteurs Poitou-Charentes

sapc-webJe serai présente avec tous mes ouvrages sur les salons de

Sèvres Anxaumont (87) proche Poitiers

le dimanche 4 décembre 2016

et Saint-Bonnet (16) proche Barbezieux

le dimanche 11 décembre 2016

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Sur ces deux salons, à l’occasion des fêtes de Noël,

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Pour toutes les personnes qui ne pourraient se rendre sur ces salons et qui souhaiteraient passer commande ici >

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(voir modalités de commande en ouvrant l’onglet « commandes » sur la partie supérieure de ce blog)

SAPC > http://www.auteurs-poitou-charentes.com/les-auteurs/solange-tellier/

 

 

Salons d’automne

Etourdie je suis …. j’avais oublié d’annoncer ma présence à Champniers ce dimanche.ssalon-livre-et-patrimoine

Quelle heureuse surprise néanmoins d’y croiser une lectrice de ce site que je remercie pour sa fidélité ici. Elle se reconnaîtra. Je lui souhaite un très beau voyage au pays de Fleurs d’étoiles.

Prochain salon à la fin du mois. Direction la Belgique. Conférence et table ronde à propos de l’autisme et du syndrome d’Asperger dont traite mon récent essai. mons-livres-2016

La nouvelle édition inclut la lettre de Stephan Blackburn, philosophe canadien et autiste militant qui a fait suite à sa lecture de l’ouvrage. Celle-ci a été ajoutée en avant-propos en complément de la préface originale de Maryse Maligne, écrivain et chercheure en psychopathologie

 » J’ai eu la chance de lire votre œuvre. Ce livre, on peut le voir comme un essai. Documenté, franc, précis dans la description d’une personne autiste de haut niveau, il fait la démonstration claire que l’autisme est non seulement mystérieux, mais que dans sa nature même il demeure indéfinissable. Je suis asperger moi-même, et je me suis bien reconnu dans certains traits du personnage, alors que je suis son exact opposé dans d’autres. Parce qu’en outre, ce n’est pas qu’un essai. Je dirais même que c’est tout d’abord un roman… une histoire, douce, dure, terrible, belle, avec ses personnages si clairement dépeints, ses couleurs, ses odeurs, sa musique… Les émotions nous accompagnent, d’un sourire, d’un rire ou d’une larme, toujours…. Ce livre me semble devoir jouir d’une large, très large diffusion…. »

Stephan Blackburn, philosophe québécois, autiste.

Le Theil retrouve ses racines

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Dimanche 16 octobre 2016

le Theil reviendra sur ses terres avec le salon du livre de Niort.

Dans l’ouvrage « Si le Theil me racontait » vous aimerez retrouver ces ambiances rurales particulières à la région. Les chemins creux, les « palisses », ces brumes matinales dans lesquelles on devine parfois Mélusine ou Almodis de Montalembert. Vous retrouverez les arbres et leurs parfums à chaque saison, et puis aussi ces saisons qui ont fait l’histoire, ces hommes venus de l’autre côté de l’Atlantique trouver refuge dans la petite maison aux volets verts  et encore ce garçonnet aux yeux clairs qui traversera le temps …

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Assise au pied du centenaire qui, comme chaque été, sent courir dans ses veines la sève nouvelle, la petite se sent elle aussi, parcourue d’étranges vibrations qui lui donnent l’impression d’entrer en communion avec le monde végétal, et dans un même temps, en communion avec le monde inconnu, lointain, des âmes et des cœurs de ceux qui ont vécu ici, avec leurs moments de peine et de joie.


Pour empêcher la cicatrice terrible de s’ouvrir, elle avait pris l’habitude de se montrer gaie faisant preuve tout à la fois de légèreté et de finesse dans ses propos. Et même si cela ne convenait pas à tout le monde, même si cela n’était pas toujours compris par son entourage, c’était pour elle une façon d’obliger la trop grande douleur à rester en coulisses. Mais, au plus profond de son être, le fauve restait là, tapi. Alors quand elle ne riait pas, quand elle ne se mêlait pas aux conversations futiles de ses semblables auxquelles elle n’adhérait jamais vraiment, la petite se taisait.

Il fait doux à l’ombre du tilleul. L’arbre tel un père dont les enfants turbulents jouant à cache-cache font vibrer les cordes de la vie, l’arbre qui reçoit contre son tronc généreux une jeune fille dont le cœur semble se fondre au sien, l’arbre se tait. Pourtant que de secrets dans son cœur plus que centenaire !

Contre le tilleul, contre son arbre, la petite apprenait le calme et aspirait la force pour avancer sur son chemin.

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Si le Theil me racontait. Tous droits réservés- ISBN 978-2-35168-391-0

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parc des expositions – Hall des peupliers

FLASH BACK  : clic sur image

place des Brumes

Coup de coeur

Une fois n’est pas coutume. Je vous livre ci-dessous l’extrait d’un ouvrage qui me tient à coeur. En cliquant sur la vignette « coup de coeur » en marge de ce site vous aurez accès à celui de l’ouvrage d’où sont tirées ces quelques lignes. Cet ouvrage est à la fois un témoignage poignant et un superbe roman d’amour où le lecteur découvrira que la « différence » n’est en rien un obstacle à l’amour.
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L’importance qu’il accordait aux odeurs était également remarquable. Il présentait une sensibilité extrême aux fragrances et testait toutes celles qui se présentaient. Nos balades dans la nature était un ravissement pour moi qui avais de la même façon un odorat sensible, mais, tandis que je laissais assez souvent venir à moi les parfums, Gabriel, lui, les recherchait partout. Il froissait un pétale de fleur, une feuille, détachait un bout d’écorce, ramassait un peu de terre qu’il frottait entre ses doigts, un peu d’herbe, il sentait et me faisait sentir. A la manière d’un nez , il usait de références ou de qualificatifs précis pour déterminer la note subtile ou cachée. Il m’avait fait découvrir que l’immortelle des dunes, ou hélichryse, qu’il ne connaissait pas avant l’un de nos séjours près de l’océan, avait une odeur rappelant celle du curry. Il expérimentait chaque senteur, tel arôme le séduisait, tel autre, au contraire, le dérangeait. Il n’y avait pas de demi-mesure.

Ce rapport que Gabriel entretenait avec les senteurs me plaisait surtout, lorsque, à chacune de nos retrouvailles il mettait son nez dans mon cou et me répétait :

— C’est toi, c’est bien toi. Je reconnais ton odeur.

Je relevai qu’il n’utilisait pas le mot parfum, mais le mot odeur. Peut-être la différence qu’il en faisait n’était-elle pas flagrante pour lui. Pas importante. Pas fondamentale surtout. Il y avait les odeurs. Bonnes ? Mauvaises ? Cela n’entrait pas dans son champ de compétences et il ne semblait pas être intéressé à vouloir le déterminer.

….

Je pris donc plaisir à choisir mes parfums, mon parfum devrais-je dire. J’avais trouvé une eau florale naturelle de figue qui convenait parfaitement à ce que j’étais et à ce que Gabriel aimait de moi. Il me disait en aimer la discrétion et les effluves délicates.

— Ton parfum va bien avec notre amour, remarqua-t-il un jour.

Je trouvai la remarque bien belle. Le parfum, comme le tourisme était l’élément concret qui collait à un sens, un de ceux, qui entraient en ligne de compte avec sa perception de l’amour. Chimie. Alchimie du parfum.

Quand je lui adressais des courriers je n’oubliais jamais d’en mettre quelques gouttes sur un coin de l’enveloppe.

Aspie je t’M de Marie d’Ardillac

p. 194. Tous droits réservés. ISBN 978-2-9543089-1-3

 

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