L'actualité littéraire de Solange Tellier

Bêtes en scène – collectif SAPC

C’est parti !

Le nouveau recueil collectif de la Société des Auteurs Poitou-Charentes est en route. Il sera publié aux éditions Maïa.

https://www.auteurs-poitou-charentes.com/la-sapc/

J’ai participé à la rédaction de cet ouvrage avec mon titre : Loup y es-tu, dont je vous propose quelques extraits.

Pour soutenir l’ouvrage et accélerer sa parution vous pouvez dors et déjà souscrire pour un ouvrage numérique ou papier, avec ou sans dédicace de l’auteur de votre choix, en un ou plusieurs exemplaires … Chaque souscription donnera lieu à la possibilité de voir voir votre nom, ou celui de la personne de votre choix, inscrit dans l’ouvrage parmi la liste des souscripteurs.

https://www.simply-crowd.com/produit/betes-en-scenes/

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Au bout de sept heures de route, après la descente dans les Gorges puis la remontée sur le plateau, j’arrivai au village de Nivoliers. C’est là-haut le village que je préfère. Le versant de colline où s’accroche une dizaine de maisons domine une vaste cuvette, bassin d’effondrement aux dimensions conséquentes entouré de hauteurs au relief arrondi. Ici l’été est court et aux premiers jours de septembre nombre de voyageurs ailés ont déjà fait leurs bagages pour rejoindre de l’autre côté de la Méditerranée leurs quartiers d’hiver.

…..

La nuit commençait sa lente avancée. Mes yeux s’habituaient peu à peu à cette obscurité naissance. Pendant un long moment je ne distinguai rien hormis un oiseau solitaire parcourant les buissons à la recherche de baies automnales. Puis, apparut sur la droite une longue silhouette, celle d’un animal que je pris d’abord pour un renard. Pour avoir souvent stationné au même endroit l’été j’avais fait la connaissance de deux de ces rouquins. L’un était petit et plutôt clair. Il était agile et je prenais plaisir à le regarder muloter et saisir lestement ses proies. L’autre, au corps trapu et de poil plus foncé, ne faisait en général que passer filant vers un autre territoire de chasse. Je ne reconnus ce soir, ni l’un ni l’autre de mes goupils habituels. La silhouette était plus haute et le pelage vraiment brun. La bête trottinait, haut sur pattes, dans une démarche à la fois souple et quelque peu dégingandée. … J’attrapai mes jumelles et les braquai sur l’animal qui poursuivait sa progression. Alors je n’en crus pas mes yeux. C’était lui ! C’était bien lui !

Comment vous dire ce qui se produit à cet instant ? Vous êtes là, figée par la surprise et, paradoxalement, tout en vous se met à vibrer, à résonner. Dans votre tête, votre cœur, votre corps tout entier. Vous êtes dans un état limite entre stupéfaction et excitation, et vous ne bougez plus. Vous retenez votre souffle. Vous ordonnez à vos yeux de ne pas cligner dans la crainte de ne plus pouvoir les rouvrir.

…..

Je marchai deux bonnes heures, traversant des parcelles destinées au pâturage et longeant plusieurs bois de pins. Je devais arriver maintenant en bordure du plateau car les rochers étaient de plus en plus présents. J’évoluai entre eux et accédai enfin à une grande dalle de pierre formant la partie supérieure d’un tumulus. J’avais repéré le site sur la carte qui mentionnait plusieurs de ces habitats protohistoriques. Je m’assis sur la plate-forme de calcaire lisse, chauffée par le soleil.

…..

Dans le même temps je me sentais toujours observée jusqu’à percevoir dans mon dos une présence. Quelque chose se tenait là, derrière moi. Quelque chose ou quelqu’un. Une bête peut-être. Je me retournais et le vis. Au-dessus de moi. A quelques mètres seulement, à l’aplomb de mon siège improvisé, sur une autre pierre faisant saillie. Ses yeux dorés me fixaient avec curiosité. Il dut sentir ma surprise et cet immense frisson qui me parcourut. Il recula, mais d’une patte seulement, car il ne disparut pas de ma vue. Ses oreilles se dressèrent un peu plus. Il releva le museau, huma l’air. Mon regard ne parvenait pas à se détacher de l’animal, si grand, si beau. Son pelage n’était pas si sombre que je l’avais cru la veille. Car c’était bien lui. Lui que j’avais aperçu hier. Le soleil jouait dans les poils plus clairs de son poitrail qui emplissait en contre-plongée tout mon champ de vision et mettait dans ses yeux obliques une lumière d’or qui ne laissait aucun doute sur son identité. Le loup tourna la tête ….

……

Loup y es-tu – Solange Tellier- Collectif SAPC, à paraître.

Lozère …

Lozère aux rudes terres. Sur tes steppes arides, jour et nuit, mon cœur sauvage se perd. Désert !
Cœur errant, amours trop lourds, amours brûlants au flanc de tes à-pics. Recevoir de toi tant de choses à la fois.

Lozère sauvage et indomptable, pays des vents levant le sable des années-lumière, pays du soleil qui brûle terre et pierres, astre magique asséchant les tourments. Lozère généreuse qui ouvre grand son cœur et l’offre parcimonieusement. Aucun homme, aucune femme ne peut donner autant.
Lozère. Apprendre à te connaître. T’aimer sans concession. Te mériter. Puis donner en retour son cœur à tous les vents qui porteront ses éclats irisés jusqu’au soleil ardent.

Lozère de pierres, Causse étoilé, Lozère de fleurs, d’hommes et de femmes à aimer.
Oui Lozère, je t’attends. Et quand mon cœur est trop longtemps absent, Lozère de toi je désespère.

Lozère, de tes grands bras, je ne me lasse pas. Ambre *

p. 11 en ouverture du roman Fleurs d’étoiles – ISBN 978-2-9543089-0-6

* Ambre était mon pseudo sur le forum Lozère On Line

Découvrez d’autres pages du roman en cliquant à droite sur la catégorie « Fleurs d’étoiles ».

Belle lecture à vous.

Klatovy

    Je n’ai pas oublié Yvette, votre cadeau. Cette rencontre au hasard d’une église, d’une rue.

  Et puis Mozart …

 

Pour vous ces quelques vers :

Bohême

Comme un jour Venise

Tu fais partie de mes surprises

De mes voyages improvisés

De mes chemins de liberté.

Bohême,

Comment dire tout ce que de toi j’ai aimé ?

Entre montagnes et vallées

tes vertes prairies

tes champs de blé

tes forêts aux fûts démesurés

tes châteaux de contes de fées

et tes forteresses perchées.

Et puis

les rivières

Ta rivière

Voltava. Moldau calme et sauvage

Moldau partition. Moldau unisson.

Moldau émotion.

Tes villages aux maisons colorées

tes villes aux multiples clochers.

Au fil de mes balades je les ai croisés.

Et puis tant de regards des mains tendues

et des sourires aussi

la chaleur d’un peuple généreux. Se sentir bienvenu

Peu de mots.

Juste ce qu’il faut pour être en harmonie

avec la passante que je suis.

Tout se fait, tout se dit de cœur à cœur

d’âme à âme. Du bout des yeux.

Donner et recevoir.

Langage universel.

Tchéquie je reviens ravie

Imprégnée à jamais de l’âme du pays.

Tchéquie à regret je t’ai quittée

même si je sais que ma bohème à moi

me conduira demain

sur d’autres chemins sur d’autres je t’aime.

Et même si je ne suis

ni bohémienne ni gypsie

Bohème tu es ma vie

***

©Juillet 2019. ST. Composée pour le festival Arts en Fête de Villegâts (16)

 

N’hésitez pas, Yvette, à m’envoyer de vos nouvelles ….

Rencontre automnale à la médiathèque de Rouillac

Samedi 5 octobre

Rencontres d’auteurs

 Médiathèque de Rouillac

de 14h à 18h

Dédicaces et tables rondes

*****

Premier été

Extrait >

Au marché de Rouillac

Des parasols largement déployés protégeaient les étals disposés en vis à vis, délimitant ainsi un espace convivial. La clientèle était de toute évidence locale. Les touristes n’avaient pas encore investi les lieux. Quentin choisit de se diriger pour commencer vers le camion de La marée Bleue. L’étal était autrement plus varié que celui qui avait pour habitude d’approvisionner son village. Des bars, des daurades, des maigres dont il ne connaissait jusqu’à présent que le nom, voisinaient avec les merlus et les filets de cabillaud. Il fut bien davantage étonné par de grands poissons plats, de toute évidence de la famille des soles, dont les écailles gris-brun étaient ponctuées de gros pois orange. L’affichette les baptisait carrelets. Les sardines étaient demi-sel ou fraîches et pour ces dernières le client avait le choix entre les Royan et les Collioure. Les fruits de mer n’étaient pas en reste : bulots, coques, langoustines, et autres crabes, vivants ceux-là, dont les grosses pinces avaient été liées par un élastique pour entraver tout mouvement et préserver le vendeur autant que le client d’une douloureuse étreinte. Tandis qu’il lorgnait sur les moules le commerçant l’interpella :

— C’est la pleine saison. Moules des bouchots d’Oléron. Profitez-en
……

Quentin avisa ensuite l’étal du maraîcher. La bannière sur laquelle figurait la maison en bois où vivaient les producteurs au milieu de leur jardin extraordinaire attestait de la provenance des légumes dont la bonne mine ne laissait aucun doute quant à leur fraîcheur. Les feuilles des salades étaient de bonne tenue, les petits pois et les haricots verts gardaient encore sur leur cosse la petite humidité du matin de leur cueillette. Les tomates rouges et d’autres jaunes ou orangées côtoyaient les concombres avec lesquels elles promettaient un beau plat de crudités. La marchande, bonne vivante et toute en sourires, avisa le client inhabituel.
…..
― Un melon s’il vous plaît.
― Pour midi ?
― Oui, pour midi.

La maraîchère en saisit un qu’elle porta à son nez pour le humer. Elle le fit rebondir à plusieurs reprises dans la paume de sa main pour le soupeser et, devant l’air intrigué de son client expliqua que le poids était aussi important que le parfum pour déterminer la qualité et la maturité. Elle pinça pour finir le pédoncule qu’elle détacha d’un coup sec et sans plus de façon colla le fruit bien ventru sous le nez du jeune homme.
…..

Quentin opta ensuite pour quatre tomates bien rouges et une botte de radis qu’il pourrait grignoter avec une pointe de sel. Tout en emplissant de ses achats un sac à l’effigie des marchés de Charente, la maraîchère qui n’avait pas manqué de deviner en lui le vacancier fraîchement débarqué lui souhaita un agréable séjour à Mourillac.

Premier été- Solange Tellier- extrait

Salon du livre de Brouage : dimanche 8 septembre

Septembre est là certes, mais l’été n’est pas terminé pour autant et les salons sont donc toujours « estivaux ».

Parmi ces salons de l’été je dois citer ma participation au Festival Arts en fête qui fut une réussite en matière d’expression artistique et de rencontre avec un public, dans l’émotion et le partage. Dans ce lieu magique qu’est le logis templier de Villegâts avec une organisation parfaite, Arts en fête s’impose pour sa deuxième édition comme un festival engagé, un festival qui affiche ses valeurs dans l’intérêt à la fois des artistes et du public, avec l’ambition de  divulguer l’art populaire, de mettre la musique et la poésie à la portée de tous, l’art vrai qui fait des artistes de véritables passeurs, des partageurs, des donneurs de bonheur. Nous sommes loin dans ce petit village de Charente des sirènes du show-bizz , mais la qualité de cette rencontre estivale que l’on doit à l’association des Amis de la Bourrache n’a rien à envier aux organisations monstres qui ponctuent le paysage estival où des scènes démesurées tiennent le public un peu trop loin. A Villegâts artistes et public déambulent dans le même espace, se cotoient, s’interpellent et partagent tout, que ce soit les nourritures terrestres pour lesquelles la table est commune que pour les nourritures de l’âme et de l’esprit. Quelquefois même l’approche se fait plus grande lorsque, oubliant les micros les artistes s’offrent, à seulement quelques mètres dans un partage sans barrière.

Puis il y eut l’Espérou. Qui aurait pu croire que dans ce lieu isolé des Cévennes, au pied de l’Aigoual, dans ce lieu qui  n’est qu’un carrefour de routes menant les unes au coeur des Cévennes, les autres plus au Sud vers les rivages de la Méditerrannée, autant de monde se trouverait rassemblé en ce beau dimanche d’août ? Ce fut pour moi une belle surprise et un ravissement. Là encore un accueil chaleureux et une organisation bien rôdée qui font à la fois le bonheur des auteurs et celui des lecteurs qui viennent depuis six ans en grand nombre.

Je vais terminer cette saison avec le salon de Brouage, qui selon les retours des années passées, semble se positionner comme un salon d’exception,  dans un bel endroit favorisant à coup sûr les rencontres. La citadelle, qui a vu partir Champlain pour le Nouveau Monde, devrait se montrer favorable à de beaux échanges entre auteurs et lecteurs.

Tournée estivale

Arts en Fête

Villegâts (Charente)

réservations repas : 06 22 81 22 91

Présente samedi et dimanche.

Six passages programmés.

Poésie, extraits de mes ouvrages et autres textes

 

Le site de la Commanderie/Une vue de l’assistance l’an passé/ le spectacle des Déambules

 

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Dimanche 11 août 2019

Salon du livre de l’Espérou ( Gard)

 

Fleurs d’étoiles à l’honneur bien sûr …

Un tilleul a été planté

Poème au tilleul de Gensac

 

Petits et grands réunis en ce jour

ont souhaité faire de toi

timide baliveau

l’emblème et l’espoir d’un juste renouveau.

Ils te verront grandir ou pas

mais savent déjà

que tu t’élèveras et deviendras

au fil des ans

un tilleul fort et beau.

Tu feras entre Ciel et Terre

ton chemin

puisant dans le sol et dans l’air

ton énergie tes fibres la matière.

Les hommes ici réunis ne seront plus demain

ce seront leurs enfants et leurs petits-enfants

qui fêteront avec toi d’autres printemps.

Et toi toujours à t’élever

plus haut encore plus haut

les bras tendus au ciel

pour voir d’autres étés

saluant le passage des oiseaux migrateurs

accueillant dans ton houppier

plein d’oiseaux au cœur vaillant

écureuils et autres habitants

silencieux ou tapageurs.

Bruits de feuilles et d’abeilles

ivresse douce tous tes sens en éveil !

Ton ombre sur le sol se dessinera plus large

pour d’autres saisons d’autres voyages.

Sous le vent tes feuilles bruisseront

elles raconteront

au passant qui passe

qu’un jour de mars

ici on t’a planté

symbole d’amitié et de fraternité

de nature à aimer et à préserver

pour qu’à travers les siècles

hors du temps de l’espace

arbre d’éternité

tu deviennes le grand frère

par delà Gensac et sa cité

d’autres arbres à planter

pour sauver l’Humanité

Solange Tellier- Poète – Auteur de « Si le Theil me racontait »

©copyright France- Tous droits réservés

Gensac la Pallue 23 mars 2019

 

Ce fut vraiment une très belle journée de printemps.

Un tilleul a été planté. A son pied on a enterré une bouteille sérigraphiée contenant le poème.

Les enfants présents ont lu le poème, déposé la bouteille, jeté un peu de terre. Tous se sentiront désormais un peu responsables du tilleul de leur commune.

Quel beau symbole que de planter ainsi des arbres !

Vous dire mon émotion … ! D’abord celle de l’accueil reçu, de cet honneur qui m’a été fait de m’inviter pour cette belle journée de printemps. L’émotion également de me voir offrir la petite soeur de la bouteille mise en terre. Ce n’est pas un cadeau ordinaire. La bouteille sur mon étagère aux livres est plus qu’un souvenir. Elle se fait le lien entre le tilleul de ma petite maison et le tilleul de Gensac. Elle est lien entre moi et toutes ces personnes qui étaient présentes ce jour. Elle est le lien entre le livre porteur de rêve et le tilleul arbre de liberté et d’éternité. Elle est remplie de mots qui résonnent à travers le verre si joliment gravé. Ceux qui sont restés dans la bouteille au pied du tilleul résonneront un jour dans les feuilles traversées par le souffle du vent et sans doute viendront-ils jusque chez moi à la rencontre de ceux restés sur mon étagère.

L’émotion aussi de penser que mon petit livre vert est à l’origine de ces belles choses, de ces belles rencontres. C’est à lui que je dois d’avoir passé une si belle journée. C’est lui qui doucement, discrètement, silencieux, soulève les bonnes volontés pour embellir la terre, pour embellir les âmes et embellir les coeurs.

Comment ne pas être émue de tout cela !

Merci Anie, Merci Francette, et merci à vous les dames bénévoles de la bibliothèque pour votre initiative et votre accueil, bravo à la municipalité pour son investissement tant pour les livres que pour son environnement.

photos Anie Riolon

 


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