L'actualité littéraire de Solange Tellier

Vouneuil sous Biard

Entre étymologie, histoire et géographie

« Tilai » pour les Grecs signifiant « petit flocon de neige », « tilium, tilia » pour les Latins, deux mots étymo- logiquement proches qui ont essaimé dans le monde moderne pour donner « tiglio » en italien, « tilo » en espa- gnol, « tilia » en portugais, ou encore « tei » en roumain. Il semblerait qu’avant de nous par venir avec sa forme actuelle « tilleul », l’arbre aurait été nommé « thil » ici,

« theil » ailleurs, ce qui explique les variantes, nom- breuses, auxquelles se rattachent les noms de lieux et de personnes. Le tilleul de notre histoire a pour désignation scientifique « tilia cordata ». Certains accordent ce quali- ficatif au fait que son écorce était autrefois utilisée pour faire des cordages. Je préfère croire, et je sais que des éru- dits sont de cet avis, que les savants, capables aussi de poé- sie, l’ont ainsi nommé en raison de ses petites feuilles en forme de cœur. La même raison sans doute, pour laquelle les Grecs et les Romains, qui n’avaient pas manqué d’ob- server cette particularité, avaient fait de cet arbre, à travers leur mythologie, un symbole d’amour et de fidélité.

Le tilleul est très présent dans le Sud-Ouest. Tilia cor- data, l’essence sauvage originelle, a colonisé les forêts au même rythme que les autres feuillus, à partir du moment où les périodes glaciaires ont laissé définitivement la place à un climat plus propice aux grands feuillus. À l’époque celtique, il devait déjà être bien présent puisque les druides prétendaient qu’à son ombre la vérité se faisait jour, que son parfum inclinait les juges à la clémence et les plaideurs à la conciliation. Son avancée n’a point failli au Moyen-Âge qui l’élevait au rang de bois sacré dans lequel on sculptait les statues, en même temps que les qualités médicinales de ses fleurs étaient reconnues. C’est à l’ini- tiative du ministre Sully que les espèces cultivées des tilleuls ont pris leur impulsion pour répondre au souhait du bon roi Henri, qui désirait que l’entrée de chaque vil- lage soit signalée par un tilleul et que ses fleurs soient uti- lisées dans les hospices pour soigner les malades. Ce furent généralement les parvis des églises qui s’en trouvè- rent ornés et aujourd’hui encore, les dimanches de grand soleil, les jours de kermesse ou de fête patronale, c’est sous le précieux ombrage de spécimens que l’on appelle, à tort ou à raison, des tilleuls de Sully, que l’on aime prendre un peu de bon temps.

Si ces honorables vétérans n’ont pas tous subsisté, si les survivants, peu nombreux, sont à l’heure actuelle étroite- ment surveillés en raison de leur état devenu parfois pro- blématique au vu de la sécurité, leur nom reste bel et bien gravé dans le patrimoine de la toponymie locale sous des formes parfois très voisines. Dans la région Poitou-Cha- rentes, Tillou s’affiche dans les Deux-Sèvres et c’est Theil d’Aubanie qui a adopté mon tilleul, tandis qu’à quelques encablures, Theil-Rabier en Charente possède sa place et sa rue des tilleuls. Il m’est arrivé souvent de croiser ici ou là un village, un hameau, un lieu-dit, un Theillou, Thillet, Tillet, Teil, Teillé parmi d’autres désignations, seules ou accolées à un autre nom, et quand la curiosité me poussait à vérifier si le village possédait bien « son » tilleul, dans la plupart des cas, je constatais que l’appellation n’était pas usurpée. Un tilleul, bien souvent plusieurs, toutes généra- tions confondues, alignés le long d’une rue ou regroupés …

Si le Theil me racontait. p.86-87

Le récit  Si le Theil me racontait est complété par une partie étymologie, histoire et géographie. L’ouvrage comporte également la légende de Phylira et Chiron et celle de Philémon et Beaucis.

A découvrir avec les autres ouvrages sur le salon de la littérature de Vouneuil sous Biard (86) – Proche de Poitiers.

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Des perles plein les pages

Voilà ça y est !

Prêt pour le salon des Achards !

On me pose souvent la question : Alors, un nouveau livre en cours ?

Hélas non. L’inspiration a du mal à retrouver le chemin de ma plume, ou vice-versa.

Par contre, par contre …. je conservais dans un vieux cahier à spirales quelques pépites.

Ces pépites je les ai ressorties en juin dernier pour ma collègue qui venait de fermer la dernière page de sa carrière, ressorties récemment pour une amie traversant un épisode compliqué. Après avoir fait des coupés-collés (des vrais, aux ciseaux et à la colle Uhu) que j’ai inclus dans un cahier Super Conquérant j’ai pensé que ces perles pourraient faire plaisir à un plus large lectorat.

Blasée par les éditeurs pour lesquels rien jamais  » ne convient à la ligne éditoriale », réservée quant à l’impression professionnelle (dès que l’on souhaite de la couleur et une présentation originale je ne vous dis pas les tarifs ! ) je me suis dit « Solange au boulot ! »

Ni une ni deux. Me voilà revenue au temps des Poèmes de Catherine, mon premier petit ouvrage all made home. L’imprimante qui n’est plus de la première jeunesse (un peu comme moi) a bien voulu reprendre du service, le massicot et la relieuse à peignes aussi.

Après plusieurs jours de travail, après bien des ratés avec des feuilles qui boulochent et coincent dans l’imprimante, le massicot qui refuse de couper plus de 10 feuilles à la fois et la relieuse à peignes qui parfois se casse les dents voilà enfin, alignés sur ma table de salle de manger, une quinzaine de recueils presque parfaits. Et si la « perfectude » n’est pas totale, je ne vous dis pas le plaisir d’avoir réalisé une fois encore ma petite création, de A à Z, de la mise en page jusqu’à l’impression. Avec la complicité bien sûr, de quelques petites têtes blondes loin de supposer que leurs dérapages étourdis ou leur lapsus involontaires ne sont pas tombés aux oubliettes.

Cinquante-six pages, deux centaines (et plus) de perles, de quoi se faire plusieurs colliers, c’est sûr.

Les perles au fil des pages sauront sans vous ruiner et sans risquer l’accoutumance avec des médicaments qui ne valent guère mieux que le glyphosate, vous enlever un peu (et même beaucoup) de la déprime automnale et hivernale.

Mon ordonnance : Une page recto-verso par jour pour un mois de traitement, à renouveler pendant tout l’automne et l’hiver et chaque fois que la déprime sonne à votre porte.

Et pour vous un extrait : (p.14 et 15)

Que retenez-vous du règne de Philippe Auguste ?

Philippe Auguste a remporté la victoire sur Bové en 1214

L’époque féodale n’est pas drôle pour tout le monde. Le petit peuple, formé essentiellement de paysans, n’est pas tous les jours à la noce.

Au Moyen-âge existaient deux sortes de paysans. Comment les appelait-on ?

Au Moyen-âge il y avait les cerfs et les vilains. Les cerfs vivaient dans les bois. Ils n’étaient pas libres.  

Les vilains étaient souvent mal habillés et n’avaient pas d’eau pour se laver. C’est pour cela qu’on les appelait vilains.

  • Arrive l’heure des Croisades et du bon roi Louis IX.

Comment s’appelait la mère de Louis IX ?

La mère de Louis IX s’appelait Blanche-Neige

Nb/les frères de Louis IX n’étaient-ils pas les sept nains ?

  •  Et les Croisés  ?

Les Croisés partirent à Jérusalem pour aller délivrer le tombereau du Christ.

En pays viticole, l’élève étourdi sera pardonné et le Christ qui a multiplié les pains et rempli les cruches  ne se retournera point dans sa tombe pour si peu.

  •  On passe à la Guerre de Cent Ans avec une première mi-temps guère en faveur des Français.

Le nom d’une bataille gagnée par les Anglais :

Les Anglais ont remporté la bataille de Crésuce

Il y a bien évidemment des pages Histoire, mais aussi des pages géographie, sciences, éducation civique, littérature et même … code de la route. Les perles on le sait sont de toutes les matières.

Voilà chers lecteurs. Pour ceux qui sont à l’Ouest vous pourrez me retrouver aux Achards (85) les 13 et 14 octobre prochain puis le 25 novembre au salon de Vouneuil sous Biard (86). Pour les autres, vous pouvez passer votre commande ici (par le biais de l’onglet contact).

Le recueil est au prix de 6,50€ avec seulement 0,50€ de frais de port pour les commandes sur ce site.

Les Achards

salons, livres, Vendée, Les Achards, octobre 2018,

Ouverture au public : 10 h –  19 h
Dimanche :  10 h – 18 h

Des lettres, des mots, des livres ….

Sur le salon des Achards vous pourrez découvrir ma dernière petite création … chut … je n’en dis pas plus.

Juste que les mots, les bons mots, les mots qui donnent du plaisir seront au rendez-vous.

 

Salons d’automne …

salon, livres, francophone, persac, vienne, les achards, vendée, 2018

… venez m’y rencontrer >

 Nouvelle Aquitaine -Poitou-Charentes

Est de Poitiers

Vendée

proche les Sables d’Olonne

Réponse publique à Luciana : qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ?

Chez Verlaine, 2 rue Haute-Pierre- Metz

« Je rêverais d’écrire un livre, ça fait un moment que j’y pense mais aujourd’hui j’aimerais me lancer, seulement je n’ai aucune connaissance, comment avez-vous fait pour vous lancer ? Qu’est ce qui vous a motivée à le faire ? Qu’est ce qui vous a poussée à le faire ? »

Tout d’abord Luciana voilà un projet déjà bien posé. « Je rêverais » … un rêve c’est déjà une histoire. C’est une histoire qui se met en route. C’est une histoire qui se profile. Oh pas forcément pour demain ! On va laisser le temps au rêve de revenir lorsqu’il aura le temps, lorsqu’il aura envie. Alors les mots viendront se poser sur le rêve pour en faire une histoire et peut-être un livre. Ecrire un livre. Ecrire des histoires. Concrétiser tout ce que l’on porte en soi. C’est un si beau projet !

 

J’ai toujours aimé écrire. Comme j’ai aimé chanter, comme j’ai aimé danser, peindre, poser mes doigts sur un clavier, ou faire de la photo. J’avais des choses à dire, des choses à exprimer, comme tu en as sans doute beaucoup Luciana. Au collège, j’ai eu deux professeurs l’une en cinquième l’autre en quatrième qui m’ont encouragée, qui ont trouvé un certain intérêt, quelques qualités à mon écriture. Alors j’écrivais, j’écrivais beaucoup et j’y prenais plaisir. J’avais même composé une pièce de théâtre qui avait été jouée sur scène par mes camarades. J’avais confié à ces profs que la profession de journaliste m’intéressait. Ils approuvaient.

Mais sont venues les années « sans ». En troisième mes notes plafonnaient à 13-14, la prof ne m’encourageait jamais. J’intégrais une seconde destinée à me conduire au journalisme mais les math et l’économie étaient mes bêtes noires. Le français quant à lui faisait abstraction de l’expression pour ne considérer que des études d’œuvres, et j’avais du mal avec ça. J’avais du mal à décortiquer des textes. Je trouvais qu’on les dénaturait, qu’on ne considérait pas suffisamment le fond. Alors l’épreuve du bac français s’est soldée par une note minable ! Autant te dire, Luciana, que mon rêve d’écriture prenait le large. J’abandonnais le rêve du journalisme, inaccessible. J’intégrai un centre de formation pédagogique qui m’a conduite à l’enseignement. Pour ma première classe de maternelle, je composais des histoires ou bien j’en faisais composer aux enfants.

Quelques années plus tard, je fus sollicitée pour transmettre les nouvelles locales aux journaux du secteur. Au fil des ans je me vis confier un secteur plus large et je prenais plaisir à rédiger de beaux articles. J’avais raté la marche du journalisme, mais je pouvais malgré tout affûter ma plume régulièrement et je réalisai que j’étais lue par des milliers de personnes. Tu imagines si c’est jouissif ! La prof de français de troisième pouvait aller se rhabiller et le prof qui m’avait mis 9/20 au bac pouvait carrément mettre sa doudoune et filer au pays des pingouins !

Voilà pour un début. Ce début qui m’a mis le pied à l’étrier de l’écriture. Qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire, de travailler mes structures de phrases grâce à quelques séances de formation proposées par le journal.

Bien des années plus tard, avec l’arrivée d’internet, je me retrouve, complètement par hasard, sur un forum littéraire (cela n’existe plus guère aujourd’hui)  dans un cercle de personnes aimant écrire et surtout poétiser. Des jeux, des joutes littéraires et poétiques se mettent en place de façon ludique et sans prétention, nous lançons des défis, des prises de paroles où l’on doit argumenter sur des sujets. L’expression écrite est très variée, c’est très plaisant car vivant, gai, c’est motivant. J’excelle dans une poésie qui tient en quelque sorte de l’écriture automatique. On écrit si vite que l’on est dépassé par l’écriture. On n’est plus soi. On se retrouve ailleurs, sur le monde des mots. Les mots déments (titre d’ailleurs d’un poème que j’avais écrit). C’est une sensation très curieuse. Je ne m’étends pas davantage. Si tu veux on pourra en reparler ailleurs.

En parallèle, le journal m’invite à ouvrir un blog de correspondant où je dois poster mes articles mais où je peux également m’exprimer sous plusieurs formes. Sur cette plate-forme conviviale, des liens se tissent avec d’autres personnes qui aiment l’écriture : journalistes, écrivains, éditeurs … Les blogs sont vivants, les interactions nombreuses.

Tout cela crée des occasions sympathiques d’écrire et c’est très stimulant, très motivant.

Puis il y eut une rencontre plus importante, déterminante, qui m’a poussée à faire des poésies de plus en plus belles, de plus en plus nombreuses. L’amour donne des ailes tu sais.

J’ai commencé à remporter des prix, dont le plus prestigieux à mes yeux : une mention d’honneur décernée par les Amis de Verlaine. Tu imagines Luciana comment on se sent portée quand son écriture est reconnue ! Ceci n’est pas une question de fierté personnelle ou d’égo sur-dimensionné. C’est une question de confiance en soi. On réalise que l’on peut toucher les gens, que l’on peut donner du plaisir par son écriture, que l’on peut aussi faire passer des choses, que l’on peut partager ses émotions, ses points de vue, ses découvertes avec ses lecteurs autour d’une table, autour d’un café. Quel bonheur !

Je suis donc allée à Metz pour la deuxième fois (l’année précédente j’avais été récompensée par une mention spéciale). Partir à l’autre bout de la France pour chercher son prix, rencontrer d’autres poètes, partager. Une expédition, mais quel bonheur ! A la suite de cela l’animatrice d’une émission littéraire radiophonique a souhaité diffuser mes poèmes sur une semaine à raison d’un poème par jour. Quelle reconnaissance !

Alors cela te donne envie de continuer bien sûr parce que tu sais que désormais tu fais partie, non pas d’un clan, mais d’une famille qui aime les mots, une famille qui sait toute l’importance que prend ce que tu portes en toi, une famille qui te reconnaît parmi les siens. Ça réchauffe le cœur, vraiment ! C’est important de ne pas se sentir seule, car l’écriture tu sais cela reste un travail de solitaire et on aurait vite fait de s’isoler complètement et d’oublier de s’ouvrir à la vie. Or c’est la vie qui nourrit l’écriture.

Il est par ailleurs prétentieux de parler de « son » écriture. Je crois l’avoir dit déjà. On n’est pas maître de son écriture. C’est l’écriture qui vient à soi, qui s’impose à soi. C’est parce que l’on a su se mettre à l’écoute, être attentif, parce que l’on a su rêver ou s’émerveiller que l’écriture est venue.

Puis il y eut un jour, organisé par la bibliothèque de ma ville, un concours de nouvelles avec pour thème l’arbre.

Un arbre, j’en avais un, à moi. Un bel arbre que j’aimais de toutes mes forces. C’est mon tilleul. Alors, j’ai écrit une nouvelle d’une douzaine de pages pour parler de mon bel arbre, de mon beau centenaire. Verdict : Recalée. Je n’ai eu ni prix, ni félicitation du jury, ni une quelconque reconnaissance. Découragée ? Que nenni ! Là, je me suis dit : mon arbre il mérite autre chose que ce mépris.

Alors pour lui, j’ai repris la nouvelle. Je l’ai réécrite avec toute mon énergie, mon imagination, mon amour aussi. Les idées sont venues, comme ça. La nouvelle peu à peu s’est enrichie pour raconter mon tilleul. Les phrases de sont améliorées, j’y ai ajouté des bribes de ma vie, j’ai pioché dans l’actualité présente ou passée quelques idées et je suis arrivée à un petit ouvrage d’à peine cent pages. C’est peu. Il n’empêche. J’ose, et je l’adresse à deux maisons d’édition qui l’acceptent toutes les deux avec des éloges pour mon écriture.

Emotion. Début d’une aventure.

Le reste a suivi. L’écriture, comme une drogue, devenait mon quotidien. Après le premier ouvrage, je devais écrire et encore écrire. J’assurais en parallèle mon métier d’enseignante, mes missions de correspondante, le travail à la maison. Autant te dire que mes nuits étaient courtes. Et c’était précisément la nuit que l’écriture venait. L’écriture encore une fois s’imposait à moi quand tout dormait autour de moi, quand il n’y avait plus que la petite lucarne de mon ordinateur qui donnait un peu de vie à mon espace, l’écriture arrivait et je devais écrire. J’écrivais, j’écrivais. Et plus j’écrivais, plus j’en avais envie.

Voilà ce que je peux dire de façon condensée.

Beaucoup de mes collègues auteur te diront la même chose, à savoir que l’on n’écrit pas pour écrire, que c’est souvent l’écriture qui un jour décide de vous donner des ailes et une plume. Mais elle n’arrive pas par hasard.

Je suis sûre Luciana que tu fais partie de ces personnes qui sauront préparer le chemin pour qu’un jour l’écriture arrive et te comble de bonheur. Il faut savoir être patient. Etre à l’écoute. De tout. De rien. Du monde qui t’entoure. Etre attentive aux silences. Aux notes. Aux moindres bruissements. Il faut savoir être ouvert. Etre gai et généreux dans son cœur même si parfois, il peut arriver que c’est la tristesse qui guide la plume. Tu dis que tu n’as « aucune connaissance ». La connaissance doit prendre pour toi un autre sens. La connaissance pour un artiste c’est avant l’intelligence de ce qui t’entoure. L’intelligence du coeur. La technique elle s’imposera à toi petit à petit, car motivée par ton rêve à mettre en projet tu vas chercher ce qui te manque pour t’exprimer et tu vas trouver. Cela va venir, tu peux en être certaine.

Certains auteurs te diront qu’on ne peut pas écrire si on ne lit pas. Certains ont lu, beaucoup. Moi j’ai lu très peu. Je lis davantage aujourd’hui mais curieusement j’écris moins. Je préférais pendant mes plages de temps libre rêver, observer. Il m’arrivait également de prendre des notes. J’avais avec moi un cahier que j’avais appelé « croquis de mots » et quand j’étais seule je prenais des notes sur ce que je voyais, que j’entendais, que je sentais. Ces notes ont servi de support à mes descriptions de paysages ou d’ambiance dans chacun de mes ouvrages. Elles me permettaient aussi d’exprimer plus concrètement ce que je vivais à l’intérieur de moi. Et puis elles m’obligeaient à enrichir mon vocabulaire, elles permettaient aux phrases de prendre forme. Un peu comme un peintre qui fait des esquisses, qui recommence plusieurs fois le même dessin pour arriver à la perfection.

Voilà Luciana ce pêle-mêle qui pourra peut-être te permettre de mieux comprendre comment j’en suis arrivée à l’écriture, comment j’ai été motivée. Et qui pourra peut-être de donner quelques clefs pour entamer le chemin et t’aider à prendre confiance.  Même si en chemin tu croises des personnes qui ne savent pas t’encourager ou si toi-même tu as des doutes, tu dois continuer et rester ouverte à ton rêve. Un jour ou l’autre, une opportunité, une rencontre se feront et ton rêve refera surface pour avancer un peu plus.

Si tu aimes écrire, écris. Ecris sur des cahiers. Tout. Ce que tu vis. Tes journées. Ce que tu ressens. Ce que tu aimes. Ecris pour rien. Juste pour le plaisir d’aligner des mots. Deux mots. Trois mots peuvent suffire. Peut-être les cahiers vont-ils s’endormir un temps. Longtemps. Et puis un jour, cent jours, un an, deux ans, dix ans, vingt ans peut-être après, tu les retrouveras et ils te permettront de reprendre le chemin. Tu vas retrouver les sensations, les images et tout cela se combinera avec ce que tu as vécu entre temps et l’histoire prendra corps.

Après tu pourras bien sûr passer à la publication. Publier ton livre. Pour partager avec tes lecteurs. Mais la publication est aujourd’hui affaire bien compliquée et surtout une niche pour des entrepreneurs peu scrupuleux qui se baptisent éditeurs mais ne tiennent aucun compte des auteurs. Cela existe, il faut le savoir.

Tu pourras, à moindre coût déjà, faire toi-même tes petites publications. Une machine à relier suffit à produire tes propres créations. J’ai fait cela aussi. Mes « Poèmes de Catherine » ont entièrement été créés avec une imprimante maison et reliés avec une relieuse à peignes. C’est un tout petit investissement (voilà une bonne idée pour un cadeau de Noël ) et déjà tu peux faire plaisir autour de toi et te faire plaisir aussi.

Si tu es motivée, si tu as le temps, tu peux au lycée proposer des ateliers d’écriture à tes camarades et ensemble fabriquer ce que de mon temps on appelait un fanzine. Un journal collectif.

Tu peux participer à des ateliers d’écriture qui sont peut-être proposés dans ta ville. Perso je t’avoue que je n’ai jamais pu m’y intégrer, mais certains de mes collègues se sont mis à l’écriture de cette façon.

Voilà … quelques pistes …. A toi de jouer Luciana !

Et n’oublie pas de me tenir informée. J’en serai ravie.

Belle année scolaire à toi.

 

La rentrée

Je viens de recevoir le mail très touchant d’une jeune fille rencontrée cet été sur le marché artisanal nocturne de Florac. Notre rencontre fait partie de ce que je qualifie de « belles rencontres ». Des rencontres particulières lors desquelles le lien se fait, touchant, merveilleux. Des choses passent dans le regard, dans les quelques mots échangés. L’harmonie se fait, de coeur à coeur, d’âme à âme. Je dois dire que cela se produit assez souvent autour de mes ouvrages qui parlent au coeur, aux coeurs sensibles, aux âmes en harmonie avec la Nature et la Vie.

Je ne suis pas de celles qui peuvent raconter leur ouvrage.

Quand devant la table de dédicace on me demande « et de quoi il parle votre livre ? » j’avoue que je suis bien embarrassée. Est-ce nécessaire de dire de QUOI il parle ? Matériellement parlant, cela est assez pénalisant quand autour de vous les auteurs, rompus à l’exercice, mettent en avant leurs meilleurs arguments pour vendre leur écriture. Moi, je ne sais pas vendre. Je ne sais pas me vendre. Alors le lecteur devant ma piètre expression orale peut se mettre à penser que mes livres ne racontent rien. Ou alors vraiment rien d’intéressant. Tant pis si tel est le cas. Je préfère proposer de lire la quatrième de couverture et de parcourir quelques pages. Au moins, je sais que la personne qui repartira avec mon livre aura pris le temps d’apprécier les quelques lignes entrevues.

Mes livres sont « écriture », « poésie », « sensibilité ». Si vous souhaitez UNE histoire, un roman d’amour, d’aventure, un polar, que sais-je encore, un roman de terroir, alors passez votre chemin. Mes livres ne racontent rien de tout cela. Mes livres ne racontent pas. Ils disent. Ils disent tout le plaisir que l’on peut prendre à écouter ce que les arbres ont à nous dire, ils disent ce que le vent chante à la Terre sur les steppes sauvages de Lozère, ils disent le voyage d’un jeune homme studieux qui traverse la France pour découvrir l’Océan. Alors non. Si vous me demandez « que racontre votre livre » je ne saurai vous répondre.

Chacun de mes livres porte en trame un élément principal : le tilleul pour Si le Theil me racontait, le Causse Méjean pour Fleurs d’étoiles, le théâtre des Bouchauds et Talmont pour Premier été. Mais après cela, que dois-je dire ? que dois-je expliquer ?

Je pourrai néanmoins vous lire quelques courriers que j’ai reçus qui parlent « du bonheur, du plaisir, de l’enchantement » à découvrir « la poésie, la nature, la sensibilité » …

Sur le marché de Florac, donc, au pied du Méjean, la rencontre s’est faite avec Luciana.  Et Luciana (elle ne m’en voudra pas j’espère de la nommer puis de la citer) a lu Fleurs d’étoiles.

« Votre livre « Fleurs d’étoiles » était merveilleux, il m’a fait rêver, je l’ai beaucoup aimé et je suis ravie de l’avoir lu, c’était un plaisir, je vous remercie mille fois pour ce pur moment de bonheur que j’ai passé en lisant votre livre, il m’a fait voyager » …
Alors Luciana n’a pas à s’excuser de « m’avoir dérangée » par son mail. C’est à moi de la remercier d’avoir lu avec autant de plaisir Fleurs d’étoiles et d’avoir eu la délicatesse de m’en faire retour.
Un autre mail a suivi le premier :

« Je rêverais d’écrire un livre, ça fait un moment que j’y pense mais aujourd’hui j’aimerais me lancer, seulement je n’ai aucune connaissance, comment avez-vous fait pour vous lancer ? Qu’est ce qui vous a motivé à le faire ? Qu’est ce qui vous a poussée à le faire ? »

Je vais laisser Luciana faire tranquillement sa rentrée. La mienne est déjà entamée avec trois articles de presse à rédiger. Le temps que j’avais oublié tous ces jours me rattrape et ne me laisse désormais même plus le temps d’écrire pour le plaisir (le temps ne me laisse plus le temps ….). Ni le temps de dessiner, ce que j’ai fait aussi, dans une autre vie. Plus le temps non plus de poser quelques notes de musique sur mon clavier. Le temps passe si vite ….

Dans quelques jours, promis, je vais répondre, ici, à tes questions Luciana. Car comment dire le plaisir qu’un auteur peut avoir en réalisant que son écriture a motivé une toute jeune fille à écrire à son tour, pour dire ce qu’elle porte en elle, pour raconter ses jours, ses joies, ses peines peut-être aussi.

Promis. Je réfléchis à tout cela et je publierai ici un article qui aura aussi le mérite de faire vivre cet espace d’échange un peu différemment.

En attendant que chacun de vous puisse en cette période de « rentrée » prendre de belles décisions, avancer sur des projets et faire de nouvelles belles rencontres.

pas de vacances pour Pipo

Entre Premier été et 28 septembre

Entre Premier été et 28 septembre … quelques lignes qui sentent encore l’été pour remettre, à vous touristes qui avez peut-être découvert Talmont il y a quelques jours, quelques images, quelques parfums.

Talmont, et Sainte-Radegonde accrochée à son rocher. Il est encore temps de profiter de quelques belles journées pour découvrir cet endroit magique.

….

J’aimais cet éclat métallique que le soleil fait vibrer. J’aimais cette sensation d’arriver au bout de la terre, et de parvenir enfin là où les cœurs peuvent à la fois s’élever vers le firmament et se laisser aller au gré des flots. Mon cœur, depuis le départ bercé de souvenirs se réveilla. La torpeur et la tristesse qui m’avaient tenu compagnie tout au long de ce chemin de pèlerinage laissaient place à l’impatience. Mes yeux fouillèrent le paysage sur la gauche pour enfin l’apercevoir.

Et il m’apparut.

Toujours la même image quand on arrive à cet endroit où la terre devient marais, et où ce dernier rejoint à son tour les sables.

Village tout en rondeur, tout en douceur. Village à la fois posé sur les terres et accroché au bord de l’océan. Au bord du fleuve disent les riverains.

Car là-bas, ce n’est pas tout à fait l’océan, et ce n’est plus tout à fait un fleuve. Les flots frappant de leurs assauts les contreforts du village sont ceux de deux fleuves mêlés, réunis en un large estuaire dont le nom évoque une femme belle aux formes généreuses. Gironde ! Et lorsque la marée s’engouffre dans la bouche béante, alors, les eaux prennent un goût de sel et voient le sable en suspension dessiner en surface des langues brunes s’allongeant au gré du flux et du reflux et faisant miroiter sous le soleil leur poudre d’ambre comme des milliers de poussières d’étoiles.

 

J’étais arrivée.

Je laissai la voiture sur le parking aménagé à l’écart du village. Deux véhicules seulement étaient stationnés.

Je franchis le ponton de bois au-dessus du chenal et accédai à un sentier au sol pavé.

Avant de m’engager, depuis la place, dans une des ruelles étroites, j’avançai jusqu’à la plate-forme en demi-cercle dominant la jetée. Pas de bruit. Pas de vagues. L’océan était en vacances. Le village, comme un petit Mont Saint-Michel était ce matin cerné par la grève qui s’étalait très loin.

Je restai un moment à contempler ce vaste paysage sablonneux. Le silence empreint de fraîcheur marine était seulement entrecoupé de quelques cris d’oiseaux. L’horizon clair et dégagé laissait deviner les lignes de côtes environnantes.

Je tournai le dos à la mer pour revenir tranquillement vers le village en empruntant une venelle menant à l’église Sainte Radegonde. L’endroit était bel et bien désert. Trois ou quatre boutiques encore ouvertes espéraient sans doute quelques vacanciers d’arrière-saison. Cherchant contre les murs un hypothétique soutien, des roses trémières essayaient tant bien que mal d’arborer encore dignement leurs hampes allongées au bout desquelles ne s’accrochaient plus qu’une ou deux corolles fleuries. Les dernières de la saison.

Premier été – suivi de 28 septembre. page 62

ISBN : 979-10-93644-00-4


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